Un outil démocratique de l’Internet

Le Monde 1.0 est le Monde réel, composé de biens matériels, des objets tangibles tandis que le monde 2.0 est le monde virtuel, composé de biens immatériels, des fichiers intangibles, formant le réseau global Internet. Pour que les sociétés progressent, les humains doivent s’échanger de tels biens dans l’un et dans l’autre des deux mondes.

A la fin de la Préhistoire, la notion de propriété s’est installée dans le monde réel seul existant. La possession personnelle des choses a imposé l’écriture pour comptabiliser les biens et une perte certaine de l’anonymat pour revendiquer devant autrui la preuve de propriété. L’échange de biens matériels implique la dépossession physique de l’objet contre un autre objet de valeur équivalente et face à la difficulté du troc, on a vite trouvé un bien unité neutre pour le commerce: la monnaie.
Un bien matériel est transporté, transformé et disparaît de l’emprise de son créateur initial pour passer dans les mains de nombreux intermédiaires qui se l’échangent au prix de l’offre et de la demande, alimentant possiblement une spéculation.

Sur l’Internet en revanche, les internautes créent et s’échangent des biens immatériels sans en être dépossédés. Produire pour un milliard ou 7 milliards d’individus demande exactement le même effort car le coût marginal d’un tel bien est nul. Doit-on en déduire que tous les biens immatériels sont naturellement des biens commun, libres d’usage ? Il est clair que toutes les publications scientifiques devraient être disponibles dans le domaine public sans condition. Dès l’instant qu’un chercheur est rémunéré par une institution publique ou privée, ses productions ne sont pas des biens marchand mais elles font parties de la connaissance commune à l’Humanité. En revanche, il est légitime pour un artiste, non évalué par ses pair de vouloir vendre ses œuvres directement à des consommateurs afin que la rémunération qu’il en tire lui assure une indépendance. Si nous prenons comme hypothèse qu’une œuvre immatérielle ne peut pas ou ne doit pas être vendue, alors se pose un problème d’équité entre artistes. En effet, un artiste produisant une œuvre matérielle, comme une sculpture pourrait la vendre tandis qu’un autre créateur de même notoriété et ayant produit le même effort ne pourrait tirer aucun revenu d’une œuvre immatérielle, un roman par exemple. Pour résoudre ce problème, on est tenté de matérialiser l’œuvre immatérielle, par exemple imprimer en un livre papier un roman produit initialement sous une forme numérique. Cette transformation est à coût marginal non nul de par son support matériel, l’œuvre est alors vendue beaucoup plus cher, pour participer à un marché de luxe. Comme la grande majorité des consommateurs du bien culturel immatériel peuvent en faire usage gratuitement, l’artiste ne peut pas toucher un revenu suffisant du seul marché marginal des biens matérialisés. Si maintenant la société instaure un revenu de base, inconditionnel, cela souscrit certains artistes du numérique de la nécessité d’avoir un autre métier, mais cela ne résout pas la différence d’équité relevée entre les artistes des deux mondes.

Notre hypothèse est donc démocratiquement contestable. Existe t-il une autre solution basée sur un échange marchand des biens immatériels ?
Cette nouvelle hypothèse de bien immatériel marchand implique que l’accès à des œuvres immatérielles soit interdit pour les internautes qui n’ont pas rétribué l’auteur et autorisé pour ceux qui ont payé un montant à l’auteur. Remarquons déjà que comme l’Internet tisse des liens sans contrainte spatiale ni temporelle, un acheteur d’un bien immatériel est directement en contact avec son créateur. Tout intermédiaire si il existe sur le réseau est une perversion des lois du Numérique. Contrairement au monde matériel qui définit des transactions commerciales instantanée, entre un seul vendeur et un seul acheteur, relation 1-1, les deux pouvant être anonymes dans l’échange, pour le monde 2.0, la même transaction commerciale s’effectue entre un ou plusieurs créateurs d’un coté et toujours un groupe souvent très nombreux de consommateurs de l’autre, une relation n-n. Raisonnons avec un seul créateur pour simplifier et nous lèverons cette contrainte à la fin. Un échange marchand est libre et non faussé si l’une des deux parties n’est pas lésée. Dans le cas contraire on parlera de vol. Cette dernière notion est symétrique; il y a vol si l’acheteur acquière le bien pour un prix nul ou inférieur au montant désiré par l’auteur, mais il y a aussi vol, comme on l’entend dans l’expression commune « j’ai acheté un bien mais je me suis fais volé« , à savoir que le vendeur a caché délibérément une information à l’acheteur et que la donnée de cette information aurait conduit à un désaccord sur la transaction et un ajustement du prix en faveur de l’acheteur. Appliqué aux biens immatériels sur l’Internet de 2013, toutes les ventes de biens sont des vols car le vendeur cache aux acheteurs l’information du revenu exact qu’il tire de la vente. Si, première solution, le bien est mis en vente à un prix fixé par le créateur et applicable à tous, il faudrait que le vendeur communique en temps réel le nombre exact des précédents acheteurs à tout acheteur potentiel pour que ce dernier estime librement si le prix du bien est juste au regard du revenu déjà touché par l’auteur. Or dans ce cas, l’auteur d’un bien très populaire touchera un revenu potentiellement infini, sans comme une mesure avec l’effort, le génie et le travail fournis pour créer ce bien, il ne mérite pas démocratiquement un tel revenu.  La vente dans ces conditions de biens à coût marginal nul est de ce fait un vol des consommateurs. Si on décide arbitrairement, parce ce qu’un  bien immatériel donné est très populaire, que son prix doit être revu à la baisse pour limiter le revenu de l’auteur, alors il y a une différence d’équité entre les consommateurs, les premiers ayant payé au prix fort tandis que les suivants payent un montant moins élevé. La seconde solution est que l’artiste fixe un revenu maximum R qu’il espère tirer pour ce bien. Estimant aussi le nombre n le plus probable d’acheteurs, il en déduit un prix de vente du bien de R/n. Si moins de n acheteurs se présentent, alors le revenu de l’artiste reste raisonnablement conforme à son engagement et les acheteurs ne se considèrent pas comme volés, mais si plus de n acheteurs désirent ce même bien, doit-on proposer le bien gratuitement, recréant alors le manque d’équité de la première solution? On pourrait aussi décider que le surplus de revenu soit destiné aux États souverains qui hébergent le créateur. Dans ce cas le vendeur aurait tout intérêt à définir initialement un revenu escompté trop élevé et un nombre d’acheteurs qui suit en proportion, seulement dans le but d’empêcher le prélèvement de l’impôt, sans impacter le prix de vente au consommateur.
Dans une transaction marchande d’un bien immatériel, les acheteurs ne se présentent pas tous au même moment pour l’acte d’achat et la transaction dure indéfiniment tant que le bien peut intéresser de nouveaux individus. Pour satisfaire des contraintes démocratiques, notre raisonnement nous conduit à l’obligation pour le acheteur d’allouer le montant du prix de vente pour partie au vendeur et pour l’autre en remboursement des n-1 précédents acheteurs du même bien. Les contraintes sont que le revenu cumulé de l’auteur soit toujours croissant dans le temps; jamais on ne lui demande de rembourser de l’argent et aussi que le prix de vente soit décroissant vers zéro pour qu’à chaque instant tous les acheteurs aient payé exactement le même montant. Une double courbe de revenu et de prix respectant ces contraintes est appelée double courbe de « Pélinquin » et il existe plusieurs familles d’équation mathématiques solution à ce problème de contraintes. Deux familles possibles sont des fonctions linéaires par morceau ou des fonctions basées sur l’exponentielle sachant qu’on peut toujours définir un paramètre normé, xi, de valeur entre [0, 1] ou [0%,100%] et qui détermine la vitesse d’allocation de revenu dans le temps discret des achats. Donc contrairement à une transaction instantanée d’un bien matériel définie par un prix de valeur scalaire, la notion de prix d’une transaction de bien immatériel est une fonction définie par sa famille, son prix initial, consenti au premier acheteur, son revenu final, borné quand le nombre d’acheteur tend vers l’infini et enfin par son paramètre de vitesse xi.

Nous venons de voir qu’une transaction de bien immatériel engendre un grand nombre de micro échanges entre le vendeur et les acheteurs à chaque fois qu’un nouvel acheteur se présente. Laisser la charge de ces transactions élémentaires aux banques traditionnelles, dans les devises locales pose trois problèmes:

  • les échanges sur l’Internet étant par nature internationaux, il y aurait de très nombreuses conversions avec des taux de change rarement favorables aux clients.
  • les banques prendraient des commissions en prétextant la multiplicité et la complexité des transactions à effectuer.
  • le mélange avec la même unité des opérations classiques sur des échanges de biens matériels, par un prix scalaire et sur les échanges de biens immatériels avec un prix fonction ajouterait une confusion qui permettrait de polluer le monde 2.0 de pratiques spéculatives inhérentes au monde 1.0.

La solution la plus simple est de créer une nouvelle monnaie, que nous appellerons, le ⊔, prononcé /k^p/, dédié exclusivement aux biens immatériel. Cette monnaie est naturellement internationale comme son support l’Internet. Le nœud applicatif d’une architecture pair à pair se chargent alors de calculer et de sauvegarder toutes les transactions en ⊔, en toute confidentialité vis à vis de tiers. Il n’y a aucune autorité de régulation et dans une transaction, seul le vendeur dispose de la liste des identifiants des acheteurs de l’œuvre et chaque internaute gère seul l’accès à la liste de ses productions et consommations personnelles. Cette transaction, qui n’est plus instantanée comme dans le monde réel, oblige les parties prenantes à s’authentifier et à maintenir dans le temps leur identifiant, donc perdre un anonymat totale qui préexistait sur l’Internet. L’anonymat sur l’Internet reste nécessaire dans d’autres utilisations. Chaque individu peut donc constituer sa véritable Identité Numérique Citoyenne en créant localement, déconnecté de l’Internet, un jeu de clé cryptographique et en utilisant ces clés pour vendre ou pour acheter des biens immatériels. Il est requis que l’authentification soit forte pour préserver les données privées du citoyen, qui devra donc combiner quelque chose qu’il connaît; une phrase de passe, une donnée de son corps; par exemple son empreinte digitale et enfin un objet transportable qu’il possède; son smartphone, ces trois éléments combinés pour accéder à sa mémoire numérique personnelle. L’Internet, par ses applications distribuées garde alors trace des transactions mais aussi des biens immatériels eux-mêmes pour un double avantage;

  • D’une part l’internaute n’a plus à copier manuellement les fichiers achetés, car il peut les consulter n’importe ou n’importe quand et sur n’importe quel appareil, même si ce matériel ne lui appartient pas. Ce droit est appelé droit de mobiquité. Il n’y a plus à se soucier de perdre un fichier personnel.
  • D’autre part, contrairement à un échange de bien matériels qui en fait combine deux transactions; l’une de l’objet, l’autre de la monnaie, et qui peuvent dans certains cas êtres frauduleuses; l’objet est envoyé sans payement ou le payement est réglé sans livraison de l’objet. Dans le monde 2.0 de l’Internet, le bien et la monnaie ⊔ sont tous les deux immatériels, le logiciel chargé d’opérer la transaction comme banque en unité ⊔, assure par construction qu’il ne peut pas y avoir fraude car les deux cotés de l’échange sont réalisés par la même opération atomique.

La création monétaire en ⊔ peut être autorisée ou pas selon le désir des pays souverains des internautes concernés, mais quand elle est autorisée, elle est obligatoirement équitablement répartie ou distribuée selon des critères de politique sociale, par exemple en donnant un patrimoine à des jeunes d’une tranche d’âge donné. Le ⊔ peut aussi être le support d’un revenu de base inconditionnel, donc un dividende universel est versé en ⊔ à chaque citoyen. En aucun cas des banques ou toute autres entreprise de type « personne morale » n’ont le droit ni de création monétaire en ⊔ ni même le droit de détenir une identité numérique citoyenne.

Comment se font les conversions entre le monde 1.0 qui utilise plusieurs monnaies flottantes (€, $,…) et le monde 2.0 avec sa monnaie unique; ⊔ ? Si un citoyen peut acheter facilement des biens culturels en ⊔, un artiste qui produit plus qu’il ne consomme culturellement se retrouve avec un surplus de ⊔ qu’il aimerait légitimement transformer en € ou en $ pour subvenir aux besoins matériels. Les conversions sont autorisées mais avec trois contraintes très strictes pour éviter toute possibilité de spéculation:

  • Le taux nominal de conversion entre le ⊔ et la monnaie locale est calculé de telle façon que la somme des différentiels des taux de toutes les monnaie soit minimum tous les jours. Le ⊔ joue le rôle d’un amortisseur ou bien on peut définir son taux comme la référence invisible de l’ensemble des devises définies relativement entre elle, quotidiennement. Ainsi toute conversion d’une devise A vers une devise B en passant par le ⊔ est toujours défavorable par rapport à la conversion directe de A en B. La même propriété de stabilité est valable dans le temps pour la même devise A, prise à des instants différents t0 et t1.
  • L’état souverain dans lequel l’internaute est citoyen peut appliquer une taxe à l’achat et une autre taxe à la vente pour toute conversion entre les ⊔ et la devise officielle. C’est une sorte de TVA de passage entre les deux mondes et par conséquent, un artiste payé en ⊔ et achetant un bien culturel en ⊔ n’est pas taxé.
  • Contrairement aux échanges de biens matériels pouvant aussi porter sur de l’argent, la monnaie devenant valeur au lieu d’unité, une transaction en ⊔ implique obligatoirement la création et la diffusion aux acheteurs d’un bien immatériel. Si la valeur du bien immatériel créé est sensiblement sous-évaluée ou sur-évaluée, alors il y a suspicion que la transaction en ⊔ cache une transaction matérielle associée de compensation pour l’un ou l’autre des parties, mais l’une d’elle peut alors dénoncer en Justice cette tentative de fraude fiscale. Bien évidement, comme pour les payement en espèce et non déclarés, il sera toujours possible à un commerçant sur le marché de vendre un dessin d’un kilo de tomates, comme une œuvre immatérielle, et donner sur réception des ⊔ demandé le réel kilo de tomates!

Ces trois dispositions bloquent toute spéculation sachant en plus qu’il n’y a aucun intermédiaire sur l’Internet. La magie du numérique permet même à l’artiste de dédicacer en version digitale son œuvre pour chaque exemplaire vendu, rendant le bien immatériel unique pour chaque acheteur.
Quand un acheteur veut partager son bien avec une autre personne, il engage simplement cette personne à acheter le bien, participant ainsi à l’achat commun de ce même bien et donc le prescripteur touche un montant de remboursement. Un biens très populaire voit son prix tendre vers zéro et ainsi sortir naturellement d’une phase marchande, privative de l’accès à tous, vers une phase dite « dans le domaine public« , accessible gratuitement à tous. Par ailleurs, le vendeur a été rémunéré a hauteur de son espérance qu’il avait affichée à la mise en vente du bien et qu’il ne peut pas changer ensuite.
Précisons que les biens achetés sont obligatoirement exempt de tout DRM ou d’une quelconque publicité. L’achat se réalise en un seul clic, avec une sécurité sur le débit des dépenses en ⊔. Seuls les biens immatériels proposés au prêt sont nécessairement équipés d’un DRM.

Aucune protection technique possible empêcherait un acheteur d’enlever les traces numériques de dédicace d’un fichier qu’il a acquis pour le diffuser anonymement sur Internet et toute personne peut télécharger ce fichier. Tant qu’un internaute n’a pas les moyens d’avoir une identité numérique forte, c’est le cas en 2013 et tant que la monnaie ⊔ n’est pas complètement installée, le droit de mobiquité n’est pas satisfait et donc le téléchargement dit illégal ne peut que être toléré car l’alternative reste uniquement le vol dit  « offre légal », par les intermédiaires de type GAAF (Google, Apple, Amazon, Facebook) n’apportant aucune plus-value artistique. Pour cette raison, nous affirmons que nous somme encore en 2013 en phase préhistorique du monde 2.0.
Quand on pourra sortie du choix binaire de voler ou d’être volé, et que la mobiquité sera assurée totalement, zéro téléchargement, alors nous passerons en phase historique et la monnaie ⊔ sera disponible à tout citoyen. Notons que l’activité de copie manuelle et de gestion des fichiers n’a jamais été gratifiante en soit pour l’utilisateur qui désire avant tout profiter des biens culturels dans une économie de l’attention toujours plus chargée. En adoptant le système de monnaie ⊔, un internaute achète un certain confort et corollairement, pour ceux qui veulent profiter de la gratuité totale, ils devront renoncer à la mobiquité et gérer manuellement leurs fichiers entre leurs divers appareils de lecture. Toute mesure répressive à la HADOPI serait d’un rendement et d’un effet insignifiant.
La désintermédiation totale de échanges immatériels fait obligatoirement baisser les prix des œuvres culturelles tout en augmentant les revenus touchés par les auteurs. Nous prévoyons un rapport de 10 à 20 entre le prix actuellement consenti d’une œuvre matérialisée et sa version numérique, sachant que l’effet groupe de la monnaie ⊔ vient encore baisser le prix initial du bien.
Contrairement aux propositions de contribution créative et de licences globales, le système économique proposé par ⊔ ne passe pas par un « pot commun » qui obligerait à une solidarité forcée entre artistes travaillant pourtant sur des œuvres totalement indépendantes. Nous estimons que seul le public, au travers des achats est meilleur juge de la notoriété et de la récompense financière qu’il octroie à chaque créateur et à chaque œuvre d’art immatérielle. Le mécénat est toujours possible simplement en achetant plusieurs fois le même bien alors qu’un seul suffi à son utilisation dans le monde numérique. Au moment du décès de l’auteur, si son œuvre continue d’être achetée, son compte en ⊔ n’est plus provisionné et tout les revenus vont au remboursement des précédents acheteurs jusqu’à sortie dans le domaine public, sans avoir à légiférer, ni à imposer une quelconque durée. Enfin, la notion d’ayants droit est simplement limité à l’auteur, qui a la paternité éternelle de ses œuvres. Les héritiers ou pire encore, les personnes morales ne peuvent pas toucher de revenu en ⊔. Le précédent raisonnement s’applique aussi dans le cas d’œuvres immatérielles produites par un groupe d’artistes, composés d’amateurs ou de professionnels. Pour l’économie en ⊔, l’artiste principal a la responsabilité d’allouer les parts de revenu en pourcentage à chaque membre auteur. Optionnellement, toute modification de cette répartition est soumise à un vote au sein du groupe.

Pour résumer, la monnaie ⊔ est la seule solution globale et démocratique au problème d’échange de biens immatériels sur l’Internet.Cette affirmation peut paraître présomptueuse de motre part mais nous la maintenons tant que je n’ai pas la preuve scientifique du contraire. Merci d’attaquer mes arguments et de me faire part de vos analyses.

C’est en ce sens un outil particulièrement destiné à la génération Y, qui a trop souffert d’accusation de Piratage quand bien même le monde 2.0 n’est encore qu’en phase préhistorique.

Merci pour cette génération Y, qui a en main l’avenir de l’Internet.

LF (CupFoundation)

PS: Ma présentation le 27 Mars à Toulouse par l’association Toulibre, a duré plus de 2h30(!) et je désirais en faire une version plus concise pour me préparer aux prochaines conférences. Je n’entre donc pas volontairement dans la description de l’implémentation, ou des primitives cryptographiques utilisées. Ce canevas servira de scénario à une animation vidéo pour expliquer et promouvoir largement le ⊔. N’hésitez pas à me contacter si vous connaissez des personnes expérimentées en animation vidéo à base de dessins ou de scénettes Lego par exemple.

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Le ⊔Store !

Voici ma vision du libraire et de la librairie à l’aire du Numérique. Elle s’inscrit totalement dans le projet et la monnaie et il faut (re)lire la page Wikipedia « bien immatériel » pour bien comprendre la spécificité de l’e-book par rapport au livre papier.

On dit un peu la même chose de l’e-book en 2013!

(Trop bon! il faut que je trouve comment mettre la vidéo directement ici !)

Pour être franc, l’éditeur n’existera plus dans la chaîne du livre, composée uniquement de l’auteur et des lecteurs avec possiblement intervention du libraire au milieu.

Je m’explique:

L’auteur a maintenant tous les outils informatiques pour saisir, sauvegarder et mettre en forme son texte (c’est vraiment pas compliqué pour des gens doués par ailleurs dans leur art littéraire, contrairement à moi…). On ne ventera jamais assez les mérites de la chaîne gratuite et libre TeX/LaTeX pour produire des PDF, (donc aussi des ePUB) de très grande qualité (Cf. la Conomie de la culture). Les auteurs les plus récalcitrants à ce genre d’outils pourront toujours se faire aider par un étudiant de la génération Y. Le réseau net proposera des applications/nœuds P2P pour publier les productions, les gérer en version, mais aussi pour gérer les transactions financières en …plus besoin de passer par Amazon, ni même Visa ou encore Paypal. Comme expliqué dans le modèle économique de net, il n’y a aucun intermédiaire, tout l’argent dépensé par l’acheteur est versé pour partie à l’auteur (les auteurs éventuellement) et pour l’autre partie sert à rembourser les précédant lecteurs afin d’assurer l’équité. Un e-book très populaire devient ainsi gratuit et sort dans le domaine public naturellement.

L’autre information importante est la dédicace de l’auteur, incluse dans l’e-book, qui devient ainsi un fichier unique, signé par son auteur (signature digitale bien entendu actuellement, RSA-4096 pour les requêtes de banque en ).

Et notre libraire, comment intervient-il ?

Il faut d’abord comprendre que le marché du livre papier deviendra un marché de luxe et il faudra compter en moyenne de 20€ pour acheter un tel livre car l’objet sera confectionné sur demande. La librairie sera équipée d’une « grosse imprimante professionnelle » et de la machine pour coller les reliures, rogner précisément les bords des ouvrages afin de produire un objet de très grande qualité pouvant être conservé plusieurs décennies, …,le contraire du livre de poche. Mais le plus innovant n’est pas là!

Comme le libraire est un professionnel, qui lit et aime lire de nombreux ouvrages afin de donner son avis…c’est son métier, ce libraire pourra écrire une critique, qui peut être très succincte; « j’aime » ou « j’aime pas », mais qui peu aussi être une vrai analyse, un vrai essai de plusieurs pages. La magie du numérique fera que le lecteur ayant précisé chez lui le nom de son libraire favori ou-bien le simple fait de faire imprimer l’ouvrage chez ce libraire inclura la critique écrite du fameux libraire dans le livre papier acheté. Toute personne passant dans la boutique pourra donc acheter un livre papier de qualité (compter de 5 à 10 minutes pour réaliser l’ouvrage, pendant qu’on divague devant les étalages), dédicacé par l’auteur mais aussi annoté par le libraire. Les auteurs peuvent même se servir du réseau des libraires pour leur demander un travail de relecteur et de critique (ce qu’était sensé faire l’éditeur). Un vrai dialogue peu s’instaurer entre les libraires et les auteurs, très tôt dans l’acte de création et cela participe bien entendu à ne pas laisser les auteurs trop solitaire (rien à voir avec les séances imposées de promotion!).

Bien entendu, chaque auteur aura une application sur son smartphone pour se voir notifié de toute nouvelle demande d’achat de son livre et il pourra signer (juste un clic!) par groupe d’acheteurs ou-bien mettre des dédicaces très personnalisées en fonction du message envoyé par le lecteur. Le temps de réaction de l’obtention de la signature de l’auteur peut varier de moins d’une minute à un ou deux jours selon que l’auteur suit fréquemment ou pas ses notifications sur son téléphone. La vie privée de l’auteur est bien entendu préservée (pour spammer l’auteur, il faut lui acheter autant d’ouvrage que de message, c’est donc un sport de riche qui ne déplaira pas à l’auteur !). Précisons que la version e-book ou la version papier contiendront le message du lecteur et le support de la dédicace, en plus d’informations uniques automatiques (numéro du livre, version, date de publication, date d’achat, numéro du lecteur, identifiants du lecteur,…).

Ce service d’impression à la demande est une sorte de boutique du « moine copiste ». Le numérique nous fait donc revenir aux origines du livre pour lequel le copieur ajoutait ses propres créations artistiques. Avec notre système, il y a ajout d’un texte du lecteur et d’un texte du libraire, bien entendu en respectant le texte de l’auteur au caractère près. L’acheteur peut juste choisir la taille de police, et donc le nombre de page, comme le fait le format ePUB pour la lecture sur liseuse.

Notre libraire pourra produire et contenir en boutique un exemplaire des livres en libre circulation, pour consulter ou pour lire dans une ambiance adaptée, et ce libraire peut n’imprimer que les ouvrages qu’il a lus ou qu’il aime le plus. Il revient aux origines de son métier en tant que conseiller en littérature (ou philo, ou histoire,…) et non comme commerçant, magasinier ou comptable. Il peut aussi fixer librement sa marge (pas de prix unique) sur les frais d’impression (papier, encre, machine) sachant qu’il ne reverse rien à quiconque. En effet, le lecteur aura préalablement choisi, payé en chez lui ou directement en boutique l’ouvrage numérique en respectant les règles d’une transaction de bien immatériel (voir cupfoundation.net) pour rétribuer l’auteur et rembourser les précédents acheteurs. Le surcoût de 15€ ou 20€ concerne uniquement l’impression papier de l’ouvrage personnalisé et rien de revient à l’auteur. Rappelons que le livre ainsi crée contient trois textes, le message éventuel du lecteur, la critique du libraire et enfin le contenu de l’œuvre de l’auteur. Ainsi, l’analyse du libraire est une première partie et comme dans le domaine de la musique, les premières parties de stars peuvent devenir elles même des stars si la qualité/originalité est au rendez-vous.

Bien entendu, le lecteur un peu pressé pourra passer sa commande, envoyer son message et payer par l’Internet, mais il devra se déplacer pour venir retirer son ouvrage, unique, à son nom. Il ne faut pas que le libraire accepte le jeux du commerce par correspondance. De toute façon, pour des livres papier anonymes, Amazon peut difficilement être concurrencé. Le passage en librairie sera l’occasion d’une petite « consultation » avec son « docteur » es littérature et pourquoi pas une lecture sur place avec un café. Il y aura certes une petite concurrence entre les grosses librairies et les petites mais elle ne devrait se traduire que par quelques euros sur le prix du collector dédicacé et tant attendu. La compétence et le goût du libraire étant visibles sur l’objet, ce sera un critère déterminant pour aller voir tel ou tel libraire. L’homme ou la femme spécialisée dans un domaine de l’écris devient alors important et la notoriété de la boutique ne rentre plus en compte dans les préférences des lecteurs. Certains noms de libraires deviendront connus.

Vous me direz très justement qu’il n’y a plus de différence entre le libraire et le bibliothécaire. Sur les compétences métier, c’est exact. Simplement, notre libraire ne sera occupé qu’avec des livres publiés préalablement en numérique, soit récents, soit numérisés, tandis que le bibliothécaire restera le « gardien du temple » des écris plus anciens, pas toujours numérisés, et souvent anonymes (pas de dédicace). Pour les ouvrages qui étaient contrains par le Droit d’Auteur et maintenant versé dans le domaine public, donc 70 ans après la mort de l’auteur, on ne se risquera pas à aller demander une dédicace, mais on peut quand même avoir un mot (personnalisé) de son libraire favori avec sa signature électronique. Donc le libraire aura un fond de stock moins important que le bibliothécaire et donc il sera plus serein pour lire/conseiller ce qu’il aime.

C’est un détail mais possiblement important, comme la machine d’impression en arrière boutique doit demander le moins de configurations possibles pour ne pas accaparer le libraire dans des réglages sans fin, ni de faire une boutique d’impression des photos personnelles et autres caprices, la page de garde et la quatrième de couverture sont toujours à la charge de l’auteur, un petit indice et un QRcode préviennent de l’existence de l’équivalent numérique en ⊔. Je serais assez partant pour imposer un format, plus grand que les livres de poche, qui disparaîtront obligatoirement face au numérique (c’est plus confortable de lire sur tablette qu’en police 5 d’un livre de poche!), mais pas trop grand pour bien se ranger dans une bibliothèque. L’optimum est très proche du format A5, qui correspond presque à la taille d’un Ipad mini! Cela simplifierait les réglages de la machine à imprimer, à découper, et à coller,…et ferais des rayonnages homogènes….je ne vais pas jusqu’à imposer un style austère de couverture à la « nrf Gallimard« , l’auteur est seul maître à bord, mais peut reverser quelques % de sa rémunération en  à un bon graphiste.

Précisons que je n’ai aucune expérience dans le métier actuel de libraire, imprimeur, distributeur, éditeur ni auteur, mais une certaine expérience du Net m’autorise à exprimer cette proposition et comme je n’ai aucun intérêt dans le domaine de l’édition, je peux dire certaines vérités, en particulier annoncer la mort des éditeurs et autres intermédiaires.

J’écris ce post très (trop) rapidement, et il faudra que je le reprenne en fin de semaine, mais cela n’empêche de me faire des remarques sur le fond !

LF

La « conomie » de la culture

C’est l’histoire d’un citoyen qui achète un petit e-book sur l’Internet.

Cet internaute utilise un « module complémentaire » de son navigateur Mozilla Firefox afin de visualiser directement le fichier (au format PDF) fraîchement acheté et il tombe sur la couverture suivante :
couverture

…et dans le texte c’est toujours « L’ conomie de la culture » !
accent

Tiens tiens !, le fournisseur a dû oublier de livrer les caractères accentués dans le colis (cela arrive même chez IKEA) et donc notre citoyen envoie un e-mail à la librairie immatériel.fr pour lui demander réparation des pièces manquantes ou-bien remboursement des 6€99 prélevés par carte Visa sur son compte.

Mais le libraire, par la voie de ses directeurs n’entend pas rembourser notre pauvre citoyen ! Pourquoi ? parce que cet personne a eu l’idée saugrenue d’utiliser un « plugins » Open-Source et intégré au navigateur Web quand le bon consommateur culturel averti, lui, utilise le logiciel propriétaire AcrobatReader d’Adobe. Effectivement, si on utilise ce beau logiciel la « conomie » semble remplacée par la majestueuse et très sérieuse « Économie de la Culture ».  L’histoire pourrait s’arrêter là si notre citoyen n’avait pas été un peu plus curieux !

Le PDF, format de notre livre numérique est un langage de description de données pour les écris et qui a historiquement remplacé le PostScript.  Il est comme ce dernier compréhensible directement par les imprimantes et autres machines d’impression professionnelles. Ce n’est pas un format facile à lire pour les humains et ce n’est pas ce qu’on lui demande. Les deux principales exigences sont :

  • Le langage doit être assez économe en ressources; taille des données et rapidité d’accès et de rendu d’une page.
  • stabilité du rendu final dans l’espace (exactement la même image à l’écran ou sur imprimante quelque soit le système opératoire de l’ordinateur ou la marque de l’imprimante), mais aussi dans le temps car on désire pouvoir relire en 2050 les bons vieux documents écris de 1993.

Malgré quelques petits défauts parfois surprenants, mais de détails, le PDF s’acquitte pas trop mal des précédentes exigences et personne n’ose trop lui contester le nom de « Portable Document Format ». La meilleur preuve est que la communauté scientifique toute entière publie depuis plusieurs années au format PDF. Rappelons que comme PostScript, c’est un format vectoriel et donc vous pouvez admirer la calligraphie du texte avec un puissant zoom (on reconnaît immédiatement le « g » Computer Modern);

zoom

Le PDF est avant tout une spécification ouverte d’un format. Cela veut dire que la recette de ce format n’est pas secrète contrairement à certaines implémentations, dont Acrobat Reader si bien que la communauté des développeurs Libre/Open-Source a réalisé depuis longtemps des logiciels de lecture répondant parfaitement à cette spécification (Evince, Okular, Xpdf,…). Notons que si cette recette avait été secrète, le monde de la recherche aurait sûrement proposé un format ouvert alternatif !

Quand on regarde d’un peu plus près ce format, on découvre qu’il est fait de tables de nombreux pointeurs, sorte de raccourcis informatique pour accéder directement à une partie des données sans lire tout le contenu. Cette simple fonctionnalité vous permet si l’outil de lecture est suffisamment bien conçu d’accéder à n’importe quelle page d’un document PDF qui en contient plusieurs milliers quasiment instantanément et comme ce format supporte aussi la notion d’hyperlien, vous pouvez naviguer entre différentes sections de différents documents PDF très rapidement, théoriquement beaucoup plus rapidement qu’avec le format HTML ou XML, conçu au départ pour rester lisible (il ne l’est plus), donc au prix d’une moindre efficacité (vitesse de rendu et taille de fichier). Donc l’avenir proche va voir apparaître des lecteurs PDF complètement intégrés aux navigateurs Web et utilisant des options du protocole HTTP (‘range request’) pour afficher instantanément des pages PDF à l’écran (il n’y a aucune raison d’avoir une barre d’attente de chargement). C’est dans cette optique que s’inscrit l’outil utilisé par notre citoyen malchanceux, qui ne désire pas changer et revenir en permanence entre son navigateur internet et son lecteur PDF.

Les fins analystes de la librairie immateriel.fr ont vite fait de faire remarquer que le module complémentaire en question était encore en développement, car une activité intense est visible sur GitHub, et donc que fort probablement, le problème de notre citoyen est dû à un « bug » de jeunesse du logiciel. Actuellement, cette assertion n’est pas prouvée, ni son contraire. Ce n’est pas si étrange quand on sait ce qu’est une spécification. Malgré tous les efforts pour la rendre la plus complète et la plus cohérente possible, et celle du format PDF fait environ 1000 pages sur plusieurs documents, il reste toujours des zones non spécifiées ou sujettes à interprétation. Donc deux implémentations différentes de lecteur PDF peuvent fournir un résultat à l’écran différents et l’outil réalisé par le spécificateur (Adobe) n’est en soit pas plus une référence qu’un autre outil qui respecterait la spécification.

Or notre vendeur, Immatériel.fr fait bien apparaître sur son site que le fameux livre est au format PDF qui plus est sans DRM (voir aussi le couverture). Soit le vendeur oblige le consommateur explicitement ou implicitement à utiliser l’outil Acrobat Reader  et dans ce cas le fichier est vendu avec un mécanisme qui s’apparente à un DRM et contredit la publicité du site, soit il accepte d’analyser la défaillance du fichier sur tout type de lecteur afin de déterminer les responsabilités et le cas échéant rembourser l’acheteur mécontent s’il s’agit d’une erreur de conception du document (et non de l’outil).

Partons sur la deuxième option car pour la première, il ne serait pas trop difficile de trouver un jeune avocat en mal d’affaire pour défendre cette cause (je fais en passant un appel à candidature…si vous êtes avocat!). Prenons le mot « phénomène » trouvé page 4 du livre. Comment les concepteurs du livre l’ont-ils écrit en PDF ?

Il faut pour cela chercher la « stream » correspondante et la décompacter. La chaîne de caractère pour écrire seulement le mot « phénomène » est

-260.4(ph)]TJ
/F6 1 Tf
5.6876 0 TD
(é)Tj
/F8 1 Tf
0.495 0 TD
(nom)Tj
/F6 1 Tf
2.196 0 TD
(è)Tj
/F8 1 Tf
0.495 0 TD
(ne.)Tj
/F6 1 Tf
1.6903 0 TD

On remarque que à chaque fois que l’on rencontre un caractère accentué (hors ASCII), le concepteur fait une opération de changement de police de caractères en définissant son nom et sa taille (opérateur Tf) suivi d’une opération de recalage de la position x et y du point courant sur la page (opérateur TD).
Rassurez vous, il existe des polices de caractère pour écrire tous les langages dont le français. Par exemple, si on analyse le même mot « phénomène » écrit à partir d’une chaîne de production documentaire gratuite et largement disponible LaTeX, alors la sous chaîne dans le document PDF peut être alors (il y a plusieurs solutions de même taille):

(ph)28(')472(enom)28(`)472(ene.)

Les choix de la police de caractère et sa taille sont préalablement fais en début de paragraphe. Les chiffres ajustent le « kerning » pour placer harmonieusement chaque couple de lettre. C’est une tâche principale de PDF.

Il n’y a pas besoin d’être calligraphe professionnel pour comprendre que le second codage est simple, logique, presque lisible par un humain, quand le premier prend de 4 à 5 fois plus de place, est complètement illogique. Cela a des conséquences sur la taille final du fichier PDF (occupation mémoire) ainsi que sur le temps d’affichage des pages, donc sur le confort de lecture.
La raison du premier codage, celui de notre livre sur la « conomie de la culture », est sûrement dû à un empilage d’outils informatique mal conçus qui donne un résultat tellement absurde que même la spécification du format n’a pas pensé à ajouter une règle du type:

Ne pas changer de police de caractère à l’intérieur d’un mot ou dans un cas qui n’est pas visible pour le lecteur (passage en gras, italique, petite capitales,….).

C’est l’histoire du chat dans le micro-onde. Tant que personne ne l’avait fait, les notices de micro-onde n’incluaient pas la mention « ne pas mettre un animal dans le micro-onde pour le faire sécher », mais il suffit qu’une personne ait assez d’imagination pour tenter l’expérience et visiblement les concepteurs du fameux livre sont assez doués dans ce sens, pour qu’il y ait « oubli de spécification ». Donc il faudra attendre une révision de la spécification pour ajouter l’équivalent du « chat dans le micro-onde » pour le format PDF.

La petite différence avec l’histoire du chat est que le consommateur internaute n’a pas fait de mauvaise utilisation, on lui impose un codage avec les pieds et le plus fort, c’est que s’il venait à l’esprit de cet internaute de corriger le document (un peu de temps de programmation pour sortir une bonne moulinette sans trop de difficulté), alors il n’est pas impossible que notre libraire ou son éditeur accuse notre pauvre citoyen de rompre les règles du droit d’auteur, voire même de se mettre en situation de faire de la prison pour contrefaçon.

Vous pensez que notre citoyen se prend bien la tête pour un bouquin à moins de 10€. En fait cette histoire est révélateur de la « Conomie » de la Culture avec l’arrivée du Numérique. Immatériel.fr fait valoir que l’éditeur en question « ditions La D couverte » à plus de 30 ans d’expérience de l’édition, sous entendu que personne ne peut lui apprendre les règles de composition et mise en page d’un ouvrage. Cette vénérable maison a simplement oublié que le support du livre a changé ou est en train de changer. Quand seul le rendu final sur la page compte sur un livre imprimé. En revanche, pour un livre électronique, il y a en plus la taille du fichier, le temps de chargement des pages qui peuvent influencer le confort de lecture. Tout n’est pas de la responsabilité de développeur de l’outil de lecture, ni du lecteur lui même (contre l’argument qu’on peut toujours lire un texte français sans accent!). Une simple reconnaissance de la mauvaise conception du PDF aurait sûrement réconforté notre pauvre lecteur mais la petite histoire bloque au point qu’Immateriel.fr refuse la demande de remboursement et campe dans sa position de non responsabilité totale.

Il faut savoir chers amis que ce même Immatériel.fr fait parti d’un groupe de travail MO3T financé actuellement à hauteur de 3M€ par nos impôts. Ce groupe est sensé proposer en Septembre 2013, donc sous peu, une plate-forme assurant la pérennité des e-book à tout acheteur pour toute sa vie et même après car il envisage un cadre légal pour traiter l’héritage de bien immatériels. Comment peut-on s’afficher d’un coté dans un projet qui défendrait les intérêts du consommateur à condition que ce dernier achète « légalement » le livre, et de l’autre refuser à un simple citoyen un remboursement (ou une correction) pour un fichier PDF mal composé ? L’histoire pourtant courte de l’Internet à montré qu’il vaut mieux être modeste et pas trop arrogant sur certains certitudes du monde physique car elles peuvent se révéler sans fondement dans le monde du Numérique.

Cet livre au format numérique est triplement exemplaire;

  • son titre évocateur la « conomie de la Culture » Numérique illustre bien la défaillance de conception précédemment mis en évidence sur le format PDF. Il se trouve qu’il y a beaucoup de chose à dire sur la « Conomie » en matière de Numérique.
  • le contenu de ce livre devant aussi traiter de la « conomie de la Culture » à l’aire du Numérique, le lecteur est très déçu qu’il n’y ait pas de véritable prospective des conséquences pourtant sensibles qu’Internet impose et imposera à la Culture, ne serait ce que par le caractère immatériel de nombreuses œuvres.
  • ce petit livre est soit un outil d’enseignement (il est précisé en couverture: « idéal pour les étudiants »), soit un outil de recherche et la page « Économie de la culture » de Wikipedia le référence en premier. Dans les deux cas, il serait normal et plus encore pour une version électronique qui ne demande aucun effort d’impression que ce texte soit publié en licence libre de droit (par exemple Creative Commons BY). Nous ferons une demande dans ce sens auprès de l’auteur, le professeur Françoise Benhamou.

On remarquera que l’e-book est vendu au même prix que le livre papier et donc comme il n’y a aucun frais d’impression, diffusion, transport, il y a bien quelqu’un qui se met cette marge dans la poche, et je ne pense pas que ce soit l’auteur. Un comique m’a même répondu un jour qu’il y avait des frais pour scanner les documents !!

Donc par ce petit post, nous inaugurons une longue bataille avec le soutient je l’espère d’un maximum d’internautes. Nous n’excluons pas l’idée d ‘ester en Justice (quel tribunal ?) mais celle ci avançant lentement sur les affaires liées au Numérique, cela peut prendre du temps,et j’en profite pour faire appel à toute bonne volonté de formation plus juriste que la mienne pour discuter des possibles recours.

Je compte soumettre d’ici peu une pétition exigeant pour tous citoyen consommateur des e-book au format PDF de qualité (on détaillera cette notion), bien entendu sans DRM dès lors qu’ils sont vendus. Sachez qu’il est aisé de transformer un PDF en d’autres formats dont EPUB pour changer la taille des polices à l’écran, mais le format désiré par l’auteur reste le PDF, car respectueux de sa mise en page initiale et intégrable à un navigateur web de son choix. On voit donc en passant que le choix du format est un problème réglé depuis des années et cela constitue plus un prétexte de travail du projet MO3T qu’une demande utilisateur. Dès l’instant que l’e-book est augmenté avec de nombreux éléments dynamiques (vidéo, son, animations,…), cela devient une véritable application logicielle autonome, mais liée au système opératoire et donc sujette aux aléas de l’évolution du l’informatique, donc plus un document. Mais un document, un vrai, reste et restera statique, autonome et lisible dans 50 ans sur n’importe quel appareil. D’ailleurs, certaines contraintes sur le PDF noté PDF/A sont normalisées pour l’archivage (ISO 19005-1).

Analysons maintenant un trait fort étrange de la « conomie » de la Culture. Il est reconnu et regardez sur le Net pour en être convaincu que les chaînes d’outils documentaire à base de TeX/LaTeX surpassent largement en qualité tout ce qui peut être fait avec la dernière version de Microsoft Word ou de son équivalent libre (OpenOffice, LibreOffice). Le simple fait d’utiliser par défaut des polices de caractère « computer modern » non disponibles sur les ordinateurs oblige le PDF a les embarquer de façon optimale (sous ensemble des caractères réellement utilisé) et garantit ainsi que le document est rendu exactement à l’identique sur tous les écrans ou imprimantes, alors que depuis la version 1.7 de PDF, tout document utilisant la police Helvetica sera rendu sous MS Windows avec la police différente Arial. PDF admet donc une entorse à l’exigence initiale de stabilité du résultat (PDF/A en revanche oblige l’incorporation de toutes les polices), et ce défaut est insensible si le document est initialement crée en TeX/LaTeX. Mais le point important est de rappeler que cette chaîne est gratuite, ouverte depuis exactement 30 ans! Elle est donc d’une stabilité sans trop d’égale dans les objets crées par l’histoire de l’informatique si bien que n’importe qui peut sans hésiter lui faire confiance pour garder au delà de sa mort ses écris les plus importants.  Cet argument devrait faire mouche auprès de tous les humanistes; écrivains, philosophes, historiens qui visent la postérité d’autant plus que la partie difficile de TeX/LaTeX à savoir le mode mathématique n’est pas requise par la grande majorité des écrivains. On s’attendrait donc à ce que nos auteurs favoris soient les premiers utilisateurs de LaTeX. Pourquoi n’est ce absolument pas le cas ?

J’avance que la raison profonde révèle une situation très analogue à celle qui existait au Moyen-Age entre les seigneurs et les paysans. Si tu ne me donnes pas une bonne partie de ta récolte, alors je n’assure plus ta sécurité et tu te feras massacré par le seigneur voisin. Un éditeur dit aujourd’hui à un auteur: si tu ne me donnes pas tous tes droits sur ce livre, alors aucune chance que tu concours pour le Goncourt ou que tu sois même publié dans la petite librairie de ta région. Puis, pour faire croire au yeux de tous que le métier de l’édition demande une expertise très forte, dont coûteuse, toi auteur, tu ne dois absolument pas faire de mise en page, laisser les professionnels travailler avec leurs outils qui coûtent très très cher et trop complexe à utiliser. Enfin, nous nous occupons de la partie commerciale, distribution, promotion et toutes les tâches qui ne passionnent pas l’artiste que tu es. La menace tient encore beaucoup en littérature alors qu’elle a essuyé certaines défaites dans le mode de l’édition scientifique. Les scientifiques voyant leur publication LaTeX reproduites à l’identique par l’éditeur se sont questionnés sur la plus-value de ce dernier. Reste encore un chantage et une pression sur les comités de lecture, mais il semblerait que les sciences aient plus ou moins acquis la maturité de l’autoédition numérique et diffusion instantanée, distribuée par l’Internet, validée par les pairs. On constate que coté Humanités, alors que les conditions sont normalement plus faciles, les conservatismes féodaux demeurent bien ancrés. Il est certain qu’il ne résisteront pas à la vague du Numérique, mais l’incertitude porte sur le temps de résistance et le niveau de préparation et de réparation des anciens acquis. LaTeX est l’arme la plus menaçante pour les éditeurs car tout apprentissage qui se repend par l’Internet ouvre un peu plus les yeux des auteurs dans la mutation plus ou moins brutale qu’ils commence à vivre. On pourra même en surprendre certains en disant que l’auto-publication, avec rémunération à 100%, contact direct avec les lecteurs, sans intermédiaire, même pas Visa, est bientôt possible.

Enfin nous pourrons abandonner la « conomie » de la culture pour laisser se développer une Économie de la Culture, bien intégrée au monde Numérique.

Voir le projet cupfoundation.net

Laurent Fournier

NB: Un esprit malin me fera remarquer que je n’utilise pas LaTeX, mais WordPress pour ce post. D’une part je ne considère pas ce post comme un écrit d’une quelconque qualité litéraire et d’autre part ce sera bientôt corrigé. Je proposerai un PDF de contenu équivalent (intégrant peut être certaines remarques de lecteurs), mais comme très peu de personnes ont un lecteur PDF intégré à leur navigateur Web, certains pourrait éviter la lecture par la simple contrainte de voir et devoir télécharger un PDF.

du vol de bien immatériel

Le monde Numérique obéit à des lois naturelles différentes de celles du monde matériel, (voir la page Wikipedia bien immatériel pour plus de détails) et il est intimement lié à l’existence de l’Internet. C’est pourquoi toute construction légale se basant sur un socle défini à l’aire pré-Internet (Droit d’auteur, Propriété Intellectuelle, Droits voisins,…) est biaisée et conduit à des débats stériles sur tel ou tel détail d’une usine à gaz simplement inapplicable aux biens immatériels. Je ne parlerai pas ici du commerce de biens matériels simplement accéléré par l’Internet, principal objet de l’e-commerce.Pour analyser les échanges de biens immatériels, il conviendrait plutôt de repartir sur les principes démocratiques plus fondamentaux.

Comment peut-on définir le vol ?

Il s’agirait d’une entorse à une transaction commerciale idéale. Le voleur est celui qui a pris possession du bien pour un coût nul ou inférieur à celui que désirait le vendeur (si ce dernier désirait vendre !) ou-bien le voleur peut aussi être le vendeur, qui a contraint par différents moyens et obligé l’acheteur à s’acquitter de l’achat  pour un prix supérieur à celui pratiqué si toutes les informations avaient été préalablement communiquées au potentiel acheteur et si ce dernier restait libre de ses choix. En particulier, quand un bien est relativement rare et qu’il n’y a pas de bien de substitution de meilleur prix, il est normal que le jeu de l’offre et de la demande fasse monter les prix.

Observons que pour un bien immatériel, le vol peut aussi être l’appropriation du bien sans reversement au créateur d’une participation financière, alors même que ce dernier demande explicitement à toucher un revenu de son œuvre. Le voleur est aussi le vendeur pour deux raisons principales :

  • Il ne rend jamais public le nombre d’acheteurs de son bien en temps réel, de telle façon que le revenu cumulé qu’il en tire n’est jamais connu des acheteurs. Le comportement du consommateur aurait été différent s’il avait connaissance de ce revenu. Le citoyen peux vouloir acheter à 10€ un album d’un jeune artiste qui ne recevra que 50.000€ maximum de revenu alors qu’il n’a aucunement l’intention de payer ce même prix pour une vedette populaire qui toucherait plusieurs centaines de millions sur un seul album. Le coût marginal nul des biens immatériels permet au créateur de dépenser le même effort pour vendre à 1, 2 ou un milliard d’individus. Ne pas communiquer le montant de ce revenu est une entorse au contrat de vente car il y a rétention d’information importante à la transaction non faussée. Nous avons montré que le système corrige ce défaut et par un mécanisme automatique, rembourse même les acheteurs pour sortir le bien dans le domaine public quand l’auteur a été rémunéré.
  • Hérité des habitudes du commerce des biens matériels, le consommateur ne s’offusque pas trop (encore) de la présence de plusieurs intermédiaires dans la transaction alors que la création de biens immatériels sur l’Internet peut techniquement se faire directement par les artistes (avec une libre répartition des revenus entre eux) en contact aussi direct avec les consommateurs. Le simple fait qu’il y ait une commission financière (rarement connue) des intermédiaires non artistes est une entorse à la libre transaction de biens culturels immatériels. Acheter à un artiste sans le sous ou-bien à une multinationale n’est pas équivalent. La présence et les revenus des intermédiaires ne sont pas communiqués si bien que le revenu final touché par l’artiste est misérable (moins de 10 centimes sur un album de Jazz vendu 10€ sur Itunes, 3%  pour les romanciers liés à des éditeurs très puissants,…) Si cette information était clairement diffusée, elle mettrait en évidence aux yeux de tous que ces intermédiaires ne contribuent pas réellement à la création de l’œuvre. Certains arguent même d’avoir besoin d’investissements pour convertir leur chaîne de production au Numérique.

Donc en 2013, on a le choix « d’être voleur » ou « d’être volé » pour avoir un bien immatériel sur l’Internet !

Reconnaissons d’abord le droit pour chaque créateur qui s’estime assez original de pouvoir vendre ses œuvres immatérielles directement à d’autres citoyens, sans aucun intermédiaire obligatoire. Vendre signifie qu’avant la vente, l’acheteur potentiel n’a pas accès à l’œuvre, elle est chiffrée par des moyens cryptographiques et en revanche après l’acte de vente, l’acheteur dispose à vie, pour lui de l’usage de l’œuvre. Ce droit n’est pas transférable (revente) à autrui car il n’existe pas de mécanisme de dépossession de bien immatériel. Mis à part le cas particulier du décès d’un propriétaire, qui peut éventuellement transmettre par héritage à un (seul) tiers proche ce bien, la notion de propriété d’un bien immatériel s’entend exclusivement attribuée à une personne physique (une personne « morale », une entreprise ne peut pas se souvenir d’une pass-phrase pour agir sous une identité numérique) et pour toute la vie. La valeur de vente du bien est déterminée par le jeu de l’offre et de la demande. Le prix est directement une mesure de la valeur attendue du bien, l’acheteur n’étant sous aucune contrainte autre que celle de répartir sa richesse sur des biens concurrents. Le même bien immatériel peut être vendu à un nombre non limité de personnes qui peuvent établir un lien direct avec l’auteur par l’Internet.

Si un acheteur transmet ou met à disposition gratuite (copie numérique) à un tiers un bien immatériel à la place de donner à ce tiers le lien vers l’auteur, pour faire l’achat, alors il vole l’auteur, mais aussi il vole les autres acheteurs (dont lui même!). Comme il est expliqué dans la description de notre modèle, le ou les vendeurs font la concession de ne recevoir qu’un revenu borné et prédéfini, en toute transparence, ce qui permet d’une part une répartition équitable des coûts sur tous les acheteurs, quel que soit le moment de leur achat et d’autre part une sortie naturelle dans le domaine public quand l’œuvre est popularisée.

C’est donc un processus de « partage marchand », qui n’a, à notre connaissance, pas d’équivalent aussi démocratique pour le monde du Numérique.

En effet, un « revenu de base » distribué sans condition est louable pour permettre aux citoyens de vivre dignement, mais il ne peut constituer l’unique forme de revenu sans démotiver le légitime besoin d’enrichissement personnel, même matériel. Une population toute entière peut-elle se satisfaire que d’un enrichissement intellectuel ? Fonctionnariser les artistes comme le sont les membres des domaines de la recherche et de l’enseignement obligerait à établir une évaluation par les pairs (concours, comités, ) qui n’est absolument pas révélateur des idées/créations artistiques les plus originales. Cette évaluation risquerait d’être d’une part très coûteuse et d’autre part produirait des résultats très différents de l’appréciation du public, qui juge dans l’acte d’achat le degré d’amusement, d’émotion, de satisfaction, de connaissance ou de plaisir qu’une œuvre procure.

Pour qu’il y ait vol, il faut bien entendu que le principe d’ubiquité (voir mobiquité sur Wikipedia) ait été respecté (l’œuvre doit être disponible à un acheteur tout le temps en tout lieu et sur tout appareil), or c’est loin d’être le cas en 2013 ! Dans ces conditions, le vol du consommateur vient simplement répondre à un dysfonctionnement de l’Internet, qui ne proposerait actuellement que des vols de vendeurs. Non seulement les copieurs ne sont pas condamnables mais on peut les remercier de participer à la diffusion de biens qu’ils mettent en commun de l’humanité (une sortie un peu prématurée dans le domaine public!). Ils mettent ainsi sous pression la communauté des développeurs pour que de réelles application OpenSource P2P permettent enfin un échange marchand des œuvres culturelles.

Quand l’ubiquité sera pleinement assurée, la copie prendra un tout autre sens car elle ne sera plus nécessaire pour corriger un dysfonctionnement et elle ne visera clairement que l’objectif de se désengager de la participation financière au revenu d’un artiste ou groupe d’artistes. Admettons qu’en 2016-2020, l’Internet assure l’ubiquité à tous de tout bien immatériel, alors il serait techniquement infaisable et complètement inefficace pour un État quel qu’il soit de traquer sur l’Internet les copieurs non convertis à l’achat direct de biens auprès des auteurs. Plus exactement, à l’image du proxénétisme, il serait nécessaire de rechercher et de condamner ceux qui s’adonneraient au commerce de biens immatériels dont ils ne sont pas les auteurs, mais en même temps, on ne peut que fermer les yeux sur les copies à usage non marchand de personnes qui n’auraient (malgré certains programmes d’aide de l’état) le revenu suffisant pour partager par l’achat des biens immatériels….Ils ne bénéficieraient simplement pas de la « mobiquité », ni du lien privilégié avec l’auteur. Aussi, ils resteraient des anonymes. Ce serait l’équivalent de la tolérance à la prostitution.

Une bonne compréhension du mécanisme de partage marchand du système est selon nous suffisant pour dissuader les internautes de la copie manuelle, pour les convertir à un achat partagé, et les convaincre de l’avantage du lien privilégié avec l’auteur (au minimum œuvre dédicacée).

Tant que l’ubiquité n’est pas assurée, il n’est pas étonnant que les populations acceptent et payent des procédures de vols manifestes de biens immatériels (cas de MegaUpload en 2012), qui viennent combler un dysfonctionnement  temporaire de l’Internet.

Dans notre modèle de partage marchand, on remarquera que le ou les auteurs sont clairement identifiés et distingués des purs acheteurs (investisseurs) si bien que le droit de paternité est naturel, sans arsenal législatif pour l’affirmer. De plus, les artistes savent très bien que toute création part d’une ou plusieurs copies d’œuvres plus anciennes, qu’il convient de référencer par simple politesse et par reconnaissance du génie d’autrui. Mais dans le cas flagrant d’un individu qui proposerait à la vente en tant qu’auteur une œuvre dupliquée sans y apporter la moindre valeur ajoutée artistique, pourrait être poursuivi par l’auteur original, les signatures numériques horodatées des œuvres attestant objectivement de la paternité véritable. S’il n’est pas rejeté par le public et sa réputation fortement dégradée sur l’Internet, la Justice peut en dernier recours le condamner.

Le système se distingue des trois autres solutions de rémunération des biens immatériels, à savoir, la licence globale, la proposition du Parti Pirate et la contribution créative dans le fait que nous ne demandons pas la légalisation du partage non marchand des œuvres immatérielles. Un auteur peut toujours diffuser gratuitement ses œuvres pour améliorer sa promotion, mais les prix modestes pratiqués en  (moins d’un dixième de de la version matérielle) et la facilité d’achat en un clic rendent l’accès gratuit par BitTorrent ou payant en équivalents pour le confort de l’utilisateur.

Insistons enfin sur le fait que l’achat d’un bien immatériel est le moyen le plus simple, le plus efficace pour montrer son choix culturel vis à vis d’œuvres en concurrence, comme on le ferait en distribuant des « j’aime », des points ou des étoiles, mais en réserve limitée. On peut rétorquer que l’on ne fait que prolonger sur l’Internet les inégalités financières entre individus, mais les études sociales montrent que cette économie de l’attention est avant tout saturée par le temps consacré par chacun à la culture et qu’elle n’est pas vraiment proportionnelle aux revenus, quand le minimum vital est assuré. Il est vrai cependant vrai que seuls les plus riches peuvent jouer le rôle de mécène, en achetant plusieurs exemplaires de la même œuvre immatérielle (quand un seul suffit pour en profiter), et ainsi modifier la popularité réelle de cette œuvre. Le mécénat accélère aussi le passage dans le domaine public et rembourse les premiers acheteurs.

Nous venons de voir que contrairement au monde Physique qui rend presque inévitable le recours au Droit pour préserver des principes démocratiques, le monde de l’Internet a la capacité de s’auto-réguler et tout arsenal législatif n’est au mieux que contre productif. Nous sommes actuellement dans une phase transitoire, un Farwest, qui attend l’instauration de la « mobiquité » pour tous, et ainsi nous pourrons développer un marché des biens immatériels des plus démocratiques possible.

J’invite le lecteur à raisonner par l’absurde et à rechercher des exemples de situations non démocratiques dans notre système . Je ne manquerai pas d’en discuter très librement. Vous avez sûrement remarqué que je ne suis pas juriste. Il n’est donc pas impossible que mon ignorance du Droit me pousse à dire des contrevérités…merci de m’avertir pour que je puisse me corriger. Mais cette ignorance a l’avantage du candide qui n’est pas pollué par un historique et des préjugés du monde matériel. Rappelons que l’Internet n’est pas très vieux et que face à cette extrême nouveauté,  il n’est pas certain qui de l’expert en Droit (cf HADOPI) ou du citoyen (Informaticien) observateur de l’Internet est le plus éclairé pour proposer un modèle démocratique au Numérique.

L.F.

Crowdfunding & ⊔

Comment le ⊔ permet aussi une forme de Crowdfunding ?

On fait souvent la remarque que la création artistique moderne rompt avec deux contraintes longtemps considérées comme établies:

  • L’artiste génie est unique et sa création sort de nulle autre part.
  • L’œuvre est aboutie, statique et bien délimitée quand elle est présentée au public.

L’art contemporain et l’art numérique par exemple ont vu naitre des œuvres venant d’une collaboration d’artistes et quelque fois le public même est contributeur (anonymement ou pas) à la création. De même l’œuvre peut être présentée dans un état très précoce et le processus de création est inclus, suivi, présenté avec l’œuvre.

Pour les œuvres immatérielles, dont le support reste l’Internet, le ⊔ permet de satisfaire pleinement ces nouvelles exigences. En effet, un bien immatériel est obligatoirement crée par une personne physique, qui peut ensuite définir autant de co-auteurs qu’elle le désire, et leur attribuer dynamiquement une quote-part des revenus récoltés pour cette œuvre.
Chaque exemplaire numérique vendu en ⊔ peut être dédicacé par l’artiste initial mais aussi par tous ses co-auteurs. L’acheteur peut consulter les dédicaces et vérifier les signatures numériques.

L’œuvre elle même, bien que signée, peut être modifiée en de nouvelles versions. Chaque version pourra être re signée par les auteurs et automatiquement les acheteurs recevront la toute dernière version.

Il n’est pas interdit aussi de suivre un processus pendant lequel l’artiste met à la vente (pour différencier de la diffusion de la promotion de son œuvre) un brouillon, une ébauche de l’œuvre et des objectifs du projet associé. Il fixe un prix initial et un revenu maximal à atteindre. Les personnes qui désirent aider l’artiste et/ou le projet pour multiples raisons doivent acheter l’œuvre en l’état. Il est possible d’acheter plusieurs exemplaires pour faire action de mécène, alors qu’un seul suffit pour consulter l’œuvre. L’artiste est ainsi aidé financièrement dans son processus de création par une avance sur résultats. Les acheteurs peuvent aussi aider l’artiste par un travail de création et celui-ci peut les récompenser en leur attribuant une part des futurs revenus. Les calculs financiers étant réalisés dynamiquement, il n’y a pas rétroaction sur les revenus perçu. Ainsi une personne qui se voit attribuer par l’auteur 5% de la vente d’un roman dont le brouillon a été publié il y a un an ne touchera que 5% sur les ventes après la première année. D’une manière générale, ⊔ veille à ce que l’on ne reprenne jamais de l’argent gagné ou remboursé à quiconque.

On remarque que ce processus est très proche du « Crowdfunding » au détail pré qu’il n’y a pas d’effet de seuil. Il ne s’agit pas en ⊔ de dépasser un montant donné pour déclencher la réalisation d’un projet. D’ailleurs, le principe pour un consommateur de dire par exemple qu’il veut bien mettre 10€ pour une création future uniquement si le projet collecte 20,000€ est un peu contestable. Si j’aime un artiste par la connaissance de ses œuvres précédentes, alors je suis prêt à prendre le risque d’acheter à l’avance sa prochaine production, et mon plaisir à profiter de l’œuvre n’est pas perturbé par le nombre d’autres acheteurs. En ⊔, la popularité d’une œuvre permet de la rendre petite à petit gratuite pour tous et inversement, pour une œuvre qui resterait méconnue, les premiers acheteurs ne serait simplement pas remboursés, l’artiste ne toucherait pas le revenu escompté.

Parce que le Crowdfunding est avant tout orienté vers l’investissement de projet matériels, il a mit en place ce mécanisme de seuil, qui est inverse de celui de ⊔. Pour un projet populaire financé par crowdfunding, vous n’avez aucun remboursement de votre mise et pour un projet non populaire, ce dernier n’est simplement pas financé et vous ne prenez aucun risque. Donc le Crowdfunding ne sait pas exploiter les particularités des biens immatériels, particularité de ⊔.

Enfin, parce qu’il s’apparente plus à un achat qu’à un investissement, le ⊔ ne demande pas de rétribution parallèle (tee-shirt, signature, …) envers les acheteurs, opération plus marketing que artistique. La dédicace des biens acheté en ⊔ reste gratuite et fait partie du processus de mise en relation des vendeurs et des acheteurs, rien de plus. Il est fait une distinction claire entre investisseur (acheteur) et contributeur artistique (auteur-vendeur). Il n’y a donc pas cette ambiguïté que l’on trouve dans le Crowdfunding pour savoir si telle personne citée dans l’environnement de création a contribué financièrement ou artistiquement au projet.

Donc un projet de création de bien matériel peut trouver un financement par Crowdfunding tandis qu’un projet de création de bien immatériel à plus logiquement intérêt à être publié en ⊔.

L.F.

Le manifeste de SavoirCOM1

Ce manifeste développe globalement de bonnes intentions et nous allons le soutenir, mais il ne s’aventure pas sur les points qui fâchent, en particulier la rémunération des artistes, auteurs de biens immatériels. Voici les points 7 et 9 qui l’évoquent :

7. Le partage non marchand d’œuvres protégées doit être possible, et des mécanismes de rémunération alternatifs pour les auteurs doivent être explorés. De la même manière, la possibilité d’effectuer des usages non commerciaux des œuvres est essentielle au développement personnel des individus. La situation de l’auteur doit être prise en compte lors de la mise en place de nouvelles exceptions ou limitations au droit d’auteur, ou lors de la révision des anciennes.

9. Placer les biens communs au cœur des modèles économiques de l’information. Le collectif promeut une approche complexe des écosystèmes informationnels. Le numérique a fait éclater les chaînes de valeur linéaires au profit du développement d’écosystèmes. Prendre acte de cette évolution signifie refuser une stricte défense d’acteurs économiques au nom de la défense d’un secteur, d’un acteur ou d’une chaîne économique (la chaîne du livre par exemple). Les droits des utilisateurs, notamment l’accès facilité, la citabilité et la réappropriabilité des biens communs ainsi que la juste rémunération des auteurs doivent guider tout modèle économique lié à l’information. Le collectif déclare encourager des modèles qui valorisent économiquement des services, à la différence de ceux qui vendent des données. Il refuse catégoriquement tous les dispositifs techniques (DRM) qui limitent les usages de l’information et, par conséquent, entravent le développement de biens communs informationnels

Il n’est pas précisé ce que les auteurs du manifeste entendent par « non marchand ». Admettons que « marchand » signifie un mécanisme d’exclusion des personnes qui n’ont pas payés, et corollairement un accès à l’œuvre pour les gens qui ont payés. Ce n’est pas parce qu’il y a actuellement des abus flagrants et un système qui avantage honteusement des intermédiaires (Itunes, Amazon, Majors, éditeurs,…) au détriment des consommateurs de biens culturels et des artistes créateurs (et en conséquence stimule un piratage généralisé) qu’il faut rejeter en bloc tout modèle économique marchand des biens immatériel.  Les modèles de rémunération que suggèrent ce manifeste se retrouvent largement sous une forme ou une autre de licence globale, appelée aussi contribution créative, une forme de taxe au consommateur complétée par une captation de revenus publicitaires. A ce titre, nous nous opposons farouchement à la combinaison des deux sources de revenu. Si l’internaute s’acquitte d’un impôt, il ne devrait pas subir des publicités, qui plus est pour financer des prestataires privés. Mais le problème se situe plutôt au niveau de la répartition des revenus récoltés par l’administration ou ses mandataires. Quel salaire donner à tel artiste et à tel autre ? Comment même décider du statut ou pas d’artiste, à rémunérer ? Le manifeste reste silencieux sur ce point car chacun sait que le domaine artistique pur, contrairement à la recherche, ne peut pas s’évaluer par les pairs. Pour promouvoir des artistes originaux et talentueux, il n’y a pas d’autres solution que de demander l’avis des citoyens/consommateurs. L’industrie artistique manipule certes les foules, mais l’arrivée de l’Internet, avec un mécanisme de longue traîne et le travail de sites spécialisés dans la recherche de nouveaux talents, redonne un sens au jugement artistique de chacun, simple internaute. Si on demande à ce dernier de cliquer sur « j’aime » ou sur « j’aime pas », pour fixer la répartition des revenus destinés aux auteurs, alors des robots se développeront sur l’Internet pour modifier les résultats et générer du trafic pour rien. On ne peut pas non plus exiger d’un internaute un avis, encore moins argumenté s’il ne veut pas le donner (consacrer son temps de loisir à expliquer son choix artistique est bien différent que de profiter d’une œuvre). Or dans l’acte d’achat d’un bien immatériel, il y a deux effets combinés salvateurs; la rémunération sélective et indépendante de l’auteur par l’œuvre sélectionnée et l’affirmation que l’on apprécie l’œuvre téléchargée, un « j’aime » automatique  (quelque fois il y a de mauvaises surprises mais on ne se fait pas reprendre!) tout en préservant les données personnelles et la neutralité du Net, et sans administration centralisée et corruptible.
Donc pourquoi s’opposer délibérément à un modèle marchand ? Si l’on examine la proposition de la ⊔Foundation, les artistes sont plus justement et davantage rémunérés tandis que les consommateurs payent un prix très modeste, allant même jusqu’à zéro si le bien est très populaire, passant naturellement dans le domaine public. Répétons que seuls les intermédiaires n’apportant pas de valeur ajoutée artistique sont évincés du processus.

La notion de « partage » doit être aussi discutée, car si elle entend la copie et mise à disposition gratuite sur l’Internet d’œuvres dont on n’est pas auteur, il est clair que cela met à mal tout désir légitime qu’aurait l’auteur de rendre « marchand » son œuvre, ne serait ce que pour vivre de son art. En revanche le partage tel qu’il est exprimé par le système ⊔ reviens à demander à ses proches ou à ses amis sur l’Internet de s’acquitter du coût modeste en ⊔ pour l’œuvre afin d’en faire baisser la valeur d’achat dans le temps. C’est un peu le principe des achats groupés pour obtenir une réduction, mais géré automatiquement sur l’Internet, sans contrainte de date de prise de commande. Nous expliquerons dans un prochain article en quoi notre système est dissuasif du téléchargement dit illégal, sans mettre en place une répression à la HADOPI.

Le ⊔ propose donc le fameux mécanisme de rémunération à explorer, évoqué au point 7 du manifeste, mais nous remarquons au passage que le manifeste se met des obstacles inutiles à exclure le mode « marchand » de son exploration. Il aurait été plus judicieux d’exiger un respect de valeurs démocratiques. Le ⊔ serait alors un (le) candidat légitime et nous l’espérons reconnu à terme des objectifs de ce manifeste.

Sur le point 9, nous aussi réfutons tout DRM associé à un bien immatériel dès lors que ce dernier est acheté mais comme il expliqué dans la page Wikipedia « bien immatériel », il faut pouvoir autoriser le prêt (à titre gratuit, ou par abonnement) d’une œuvre immatérielle d’accès limité dans le temps, ce qui ne peut pas se faire techniquement sans DRM.

Pour ce qui est de l’information issue de la recherche ou à des fins d’enseignement, il est bien évident que ces biens doivent être publics et « non marchand » (les chercheurs et enseignants étant rémunérés par l’administration), mais il y a une tendance générale dans ce manifeste et dans d’autres articles sur les biens communs à vouloir mélanger et à penser traiter par les mêmes moyens, les productions de la recherche et l’économie de la culture (le sous ensemble des biens immatériels), sous le même terme d’économie du savoir. De même, l’industrie de production des logiciels peut trouver une rémunération dans l’expertise de logiciels libres. On peut difficilement extrapoler aux œuvres culturelles immatérielles qui ne sont pas des programmes, mais des données. Un roman et une preuve mathématique ne peuvent pas être mis en valeur de la même manière. Goûts artistiques ne sont pas contestables comme peut l’être une proposition scientifique.

La rémunération des artistes peut bien entendu compléter un revenu de base quand celui ci est acté, mais cela ne semble pas être le cas actuellement au niveau mondial. On ne peut donc raisonnablement pas espérer une solution de ce coté.

Avec les réserves précédentes pour les biens immatériels marchand (bien culturels), la ⊔Foundation affirme son soutient de principe à ce manifeste et nous espérons pouvoir apporter les preuves de solutions réalistes avec la monnaie ⊔ dans un avenir proche.

L.F.

⊔ et ESS

Quels sont les relations entre la monnaie ⊔ et l’Économie Sociale et Solidaire ?

Aujourd’hui, Il est naturel de penser que l’introduction d’une nouvelle monnaie puisse servir l’ESS. Or le se présente avant tout comme un outil démocratique, donc plus en amont des objectifs de l’ESS, dont il respecte pourtant les principes.

La première caractéristique à noter est que le n’est pas une monnaie alternative aux monnaies nationales et encore moins une monnaie régionale ou locale. A l’image de l’Internet, le est mondial, totalement global, donc pouvant potentiellement établir un échange marchand entre deux personnes quelconque sur Terre. Quand l’ESS favorise des circuits courts, échanges physiques et commerces locaux en contraignant/taxant les échanges plus distants, le  au contraire ne fait aucun cas de la distance entre agents d’un même échange. Il suffit que chacun ait un jeu de clés cryptographique (clé publique et clé privé) et que le compte à débiter soit créditeur dans la limite du découvert autorisé pour qu’une transaction puisse s’établir.

La monnaie est limitée exclusivement aux biens immatériels (accessible sur l’Internet) quand les autres monnaies sont surtout dévouées aux biens matériels. Cette caractéristique fait que par construction, la spéculation n’est pas possible, pour deux raisons, sans faire appel à un sens moral ou à une éthique particulière.

  • On ne peut pas échanger de la monnaie directement, seules les opérations de vente et d’achat de bien immatériels (en ) sont autorisées. Si la valeur affichée en d’un bien immatériel (œuvre artistique) est visiblement sous-estimée ou sur-estimée, alors elle cache probablement un échange parallèle d’un bien matériel ou d’une monnaie nationale, ce pour échapper à certaines taxes. Ce type de transaction est facilement repérable sur le réseau.
  • La conversion de dans une monnaie nationale ou inversement obéit à des règles et passe obligatoirement par des organismes financiers (banque classique ou banque spécialisée qui devrait apparaître sur l’Internet) qui ont l’habilitation de leur banque centrale et qui applique un taux de change connu et le plus stable possible (un algorithme de type amortisseur détermine le taux de change journalier avec les autres monnaies). Ces organismes bancaire sont aussi chargés de prélever une taxe à l’achat et à la vente, pour le compte de(s) État(s) impliqués dans la transaction, mais ne touchent aucune commission. Ainsi la spéculation entre monnaies n’a aucun intérêt à utiliser le  comme intermédiaire.

Il est tacitement reconnu que la contrepartie du soutient de l’ESS aux petites structures sans but lucratif affiché est une taxation nulle ou faible. L’insertion sociale par le travail est facilitée, voire aidée publiquement tant qu’elle ne fait pas la richesse trop flagrante d’une minorité de dirigeants. Le est lui un instrument de prélèvement de taxes sur les créations artistiques dématérialisées, donc au service de l’État, et répondant à une problématique actuelle de fiscalisation du Numérique.

Le n’a pas pour objectif premier d’embaucher des personnes. La gestion et la sécurité est assurée par des protocoles et applications sur l’Internet, donc automatiquement et sans donner de statut privilégié à une quelconque personne ou groupe de personne. En revanche, le favorise la rémunération des créateurs sans exiger un statut d’artiste professionnel. Ainsi des personnes douées dans leur art peuvent vendre leurs œuvres et en tirer un bénéfice tout en exerçant une autre activité non artistique. L’effort, le don et la renommée sont récompensés. Le n’est pas sensible à l’arbitraire de sociétés de perception ou de tout autre mécanisme de type licence globale, défavorisant les découvertes et artistes originaux. Chaque artiste a l’entière liberté de fixer le prix et le revenu escompté de son œuvre.

Le est un outil démocratique pour plusieurs raisons:

  • Justice; contrairement aux biens matériels qui ne peuvent se passer d’intermédiaires (pour le transport par exemple) et donc sont la cible de spéculateurs car contrairement au modèle idéal de l’offre et de la demande, l’économie réelle est très largement influencée par l’opacité de l’information. Celui qui possède l’information ou quantité plus importante que les autres peut anticiper et donc spéculer. Ce n’est bien souvent pas le créateur initial du bien, ni le consommateur final qui en profite. Avec les biens immatériels, les intermédiaires sont volontairement évincés (remplacé par l’Internet). Certains qui avaient une réelle contribution artistique se retrouve comme co-auteurs de l’œuvre, mais globalement, la valeur économique crée est uniquement partagée entre les auteurs et les consommateurs. L’exclusion des parasites est en quelque sorte un principe de justice.
  • Liberté; non seulement l’auteur ou les auteurs sont libres de fixer le prix et le revenu escompté de leur œuvre, mais ils ne subissent aucune contraintes. Prenons le cas de l’édition (actuellement en version papier), pour avoir une chance d’obtenir un prix, par exemple le Goncourt, les romanciers savent qu’il est préférable de signer (et abandonner leurs droits!) avec telle ou telle maison d »édition, même si cette dernière n’apporte aucune contribution artistique dans l’e-book. L’arrivée du Numérique libère de l’emprise, voire du chantage de certains intermédiaires. Bien que les moteurs de recherches et les distributeurs de contenu (nœud du réseau net) puissent éventuellement modifier l’ordre des résultats des requêtes pour favoriser certains artistes ou-bien insérer de la publicité de clients, la magie de l’Internet avec des applications complètement distribuées, en P2P, met potentiellement à la même distance en nombres de clics une œuvre d’un riche artiste de renommée planétaire et celle d’un amateur inconnu. Le véritable talent, l’originalité et l’innovation peuvent ainsi se révéler par l’Internet. Certains sites peuvent même se spécialiser dans la recherche de nouveaux talents.
  • Égalité; un principe de est que chaque acheteur paye à tout moment exactement le même montant pour le même bien. Comme chacun ne procède pas à l’achat au même moment et que le prix décroit obligatoirement, un mécanisme de remboursement des précédents acheteurs vient maintenir une égalité parfaite (Voir le papier « Économie des biens immatériels » sur HAL pour l’explication mathématique).
  • Transparence; Le revenu cumulé des auteurs d’un bien immatériel est connu de tous à tout instant, ce qui permet à chacun d’apprécier et d’appliquer la loi de l’offre et de la demande dans de bien meilleures conditions qu’avec le système classique (ITunes par exemple).
  • Solidarité; Le système contraint tout auteur à définir avant la première vente la borne supérieure du revenu cumulé qu’il escompte pour cette œuvre. Cette concession sur un revenu potentiellement infini (cas de milliardaires vendant toujours leur œuvre populaire au prix fort) est un geste de solidarité vis à vis des consommateurs, qui bénéficient de la popularité en payant le bien de moins en moins cher. A l’extrême, un bien immatériel très populaire devient gratuit pour tous, donc considéré comme dans le domaine public, tout en ayant rémunéré l’auteur à hauteur de ses prétentions. Contrairement à des systèmes de licence globale qui force la solidarité des artistes entre eux, créant de fortes injustices, la solidarité du  s’établit entre vendeur(s) et acheteur(s) d’une même œuvre, indépendamment des autres créateurs.  Le mécanisme de signature numérique permet une dédicace personnalisée de chaque bien acheté, rendant possible un éventuel contact privilégié – et contrôlé par l’auteur pour ne pas abuser de son temps – avec ses consommateurs. Enfin la solidarité s’exprime aussi par le simple fait de prélever une taxe, servant à la collectivité selon les choix du gouvernement en place.
  • Moralité; l’identité numérique requise par ⊔ oblige à une authentification forte de personnes physiques, donc le ⊔ ne peut pas être utilisé par une entreprise, dite « personne morale », qui est tout sauf morale (voir le film de D. Moore « The Corporation » sur ce sujet). L’activité de création est obligatoirement personnelle (ou un groupe restreint de personnes) et les organisations elle mêmes ne produisent jamais d’œuvre d’art. De même la consommation de biens culturel alimente une satisfaction, un plaisir dans un moment de loisir de personnes physiques et donc n’est pas utile à l’entité juridique de l’entreprise.
  • Ubiquité; comme il est expliqué sur la page « bien immatériel » de Wikipedia, un bien immatériel acheté doit être disponible à son acheteur (uniquement à lui!) toute sa vie, en tout lieux et sur tout équipement, même temporairement, et même s’il n’est pas propriétaire du matériel de lecture. On parle aussi de « mobiquité ».

De son coté l’ESS est de plus en plus la cible de stratégie marketing pour améliorer la communication des entreprises et véhiculer certains valeurs qui influence les choix des consommateurs et partage les marchés. Ainsi, les groupes pétroliers sont les champions des investisseurs en énergie renouvelable, les groupes bancaires sont tous devenus éthiques, les moteurs à combustion arborent une feuille verte toute écologique, les produits bios font recette même chez les grands distributeurs et le commerce équitable s’offre une niche à bobos en mal de culpabilité. Le ne résoud pas ces problèmes et reste étranger aux difficultés de moraliser le commerce des biens matériels, objectif de l’ESS, mais il n’est totalement concerné quand certains intermédiaires essaient de faire croire aux citoyens que les même règles s’appliquent aux biens matériels et aux biens immatériels. Par exemple, nous dénonçons vigoureusement la tentative d’Amazon d’installer un mécanisme de location d’e-book en plus de la vente et associant sans l’avouer un DRM.  De même, le projet français MO3T avance l’objectif de satisfaire le consommateur de biens culturels en préservant ses repères de commerce de livres papier (achat, location, prêt, revente, héritage,…), mais il cherche en réalité à faire perdurer la suprématie des éditeurs, introduire de nouveaux acteurs comme les opérateurs de téléphone, contre l’intérêt des lecteurs et des auteurs. Si ces projets venaient à s’imposer, cela ne ferait que conforter une partie croissante de la population à  télécharger librement les œuvres sur l’Internet, ajoutant de nouveaux artistes victimes de l’appétit des intermédiaires avant d’être celle de l’illégalité des internautes.

Une constante de l’ESS est de soutenir des petits projets, de petites structures et pour des montants modestes si bien que toute PME peut trouver des arguments pour s’inscrire dans le cadre de l’ESS. La ⊔Foundation, respecte naturellement et pleinement ces critères, mais elle a besoin du soutient de la puissance publique sur deux plans:

  • Des laboratoires de recherche en sécurité réseau, cryptographie, droit, économie font participer des chercheurs à des programmes de protection et de sécurité du réseau ⊔net.
  • Le réseau bancaire et les banques centrales doivent valider les principes utilisés par ⊔, respecter les taux de change, ne prélever aucune commission et récolter une taxe, ce qui implique des adaptations des textes législatifs dans chaque pays.

Comme le protocole et applications de gestion des ⊔/biens immatériels sont en P2P, il n’y a pas d’investissement particulier à faire en serveurs surpuissants, les machines de l’Internet et son réseau procurent les ressources matérielles nécessaires.

Il serait tentant d’autoriser la publicité pendant la consultation d’œuvres mais nous considérons que c’est une pollution et une violation de l’intimité du consommateur  de biens culturels et un obstacle à l’abandon du téléchargement dit illégal (les œuvres téléchargées n’ont évidemment pas de publicité). Pour cela, nous autorisons seulement un encart publicitaire sur les factures et relevés de compte au format PDF, consultés pour la gestion du budget en ⊔, hors des moments libres dédiés à profiter pleinement d’une œuvre d’art et/ou communiquer avec l’artiste.

En conclusion, l’ESS ne peut que soutenir la démarche du ⊔ qui au retour ne peut pas dévoyer l’ESS comme ce peut être le cas pour des marchés de biens matériels.

Un autre article sera bientôt disponible sur la comparaison de avec le Bitcoin et avec le Ripple.

Plus d’info : ⊔Foundation