Le ⊔Store !

Voici ma vision du libraire et de la librairie à l’aire du Numérique. Elle s’inscrit totalement dans le projet et la monnaie et il faut (re)lire la page Wikipedia « bien immatériel » pour bien comprendre la spécificité de l’e-book par rapport au livre papier.

On dit un peu la même chose de l’e-book en 2013!

(Trop bon! il faut que je trouve comment mettre la vidéo directement ici !)

Pour être franc, l’éditeur n’existera plus dans la chaîne du livre, composée uniquement de l’auteur et des lecteurs avec possiblement intervention du libraire au milieu.

Je m’explique:

L’auteur a maintenant tous les outils informatiques pour saisir, sauvegarder et mettre en forme son texte (c’est vraiment pas compliqué pour des gens doués par ailleurs dans leur art littéraire, contrairement à moi…). On ne ventera jamais assez les mérites de la chaîne gratuite et libre TeX/LaTeX pour produire des PDF, (donc aussi des ePUB) de très grande qualité (Cf. la Conomie de la culture). Les auteurs les plus récalcitrants à ce genre d’outils pourront toujours se faire aider par un étudiant de la génération Y. Le réseau net proposera des applications/nœuds P2P pour publier les productions, les gérer en version, mais aussi pour gérer les transactions financières en …plus besoin de passer par Amazon, ni même Visa ou encore Paypal. Comme expliqué dans le modèle économique de net, il n’y a aucun intermédiaire, tout l’argent dépensé par l’acheteur est versé pour partie à l’auteur (les auteurs éventuellement) et pour l’autre partie sert à rembourser les précédant lecteurs afin d’assurer l’équité. Un e-book très populaire devient ainsi gratuit et sort dans le domaine public naturellement.

L’autre information importante est la dédicace de l’auteur, incluse dans l’e-book, qui devient ainsi un fichier unique, signé par son auteur (signature digitale bien entendu actuellement, RSA-4096 pour les requêtes de banque en ).

Et notre libraire, comment intervient-il ?

Il faut d’abord comprendre que le marché du livre papier deviendra un marché de luxe et il faudra compter en moyenne de 20€ pour acheter un tel livre car l’objet sera confectionné sur demande. La librairie sera équipée d’une « grosse imprimante professionnelle » et de la machine pour coller les reliures, rogner précisément les bords des ouvrages afin de produire un objet de très grande qualité pouvant être conservé plusieurs décennies, …,le contraire du livre de poche. Mais le plus innovant n’est pas là!

Comme le libraire est un professionnel, qui lit et aime lire de nombreux ouvrages afin de donner son avis…c’est son métier, ce libraire pourra écrire une critique, qui peut être très succincte; « j’aime » ou « j’aime pas », mais qui peu aussi être une vrai analyse, un vrai essai de plusieurs pages. La magie du numérique fera que le lecteur ayant précisé chez lui le nom de son libraire favori ou-bien le simple fait de faire imprimer l’ouvrage chez ce libraire inclura la critique écrite du fameux libraire dans le livre papier acheté. Toute personne passant dans la boutique pourra donc acheter un livre papier de qualité (compter de 5 à 10 minutes pour réaliser l’ouvrage, pendant qu’on divague devant les étalages), dédicacé par l’auteur mais aussi annoté par le libraire. Les auteurs peuvent même se servir du réseau des libraires pour leur demander un travail de relecteur et de critique (ce qu’était sensé faire l’éditeur). Un vrai dialogue peu s’instaurer entre les libraires et les auteurs, très tôt dans l’acte de création et cela participe bien entendu à ne pas laisser les auteurs trop solitaire (rien à voir avec les séances imposées de promotion!).

Bien entendu, chaque auteur aura une application sur son smartphone pour se voir notifié de toute nouvelle demande d’achat de son livre et il pourra signer (juste un clic!) par groupe d’acheteurs ou-bien mettre des dédicaces très personnalisées en fonction du message envoyé par le lecteur. Le temps de réaction de l’obtention de la signature de l’auteur peut varier de moins d’une minute à un ou deux jours selon que l’auteur suit fréquemment ou pas ses notifications sur son téléphone. La vie privée de l’auteur est bien entendu préservée (pour spammer l’auteur, il faut lui acheter autant d’ouvrage que de message, c’est donc un sport de riche qui ne déplaira pas à l’auteur !). Précisons que la version e-book ou la version papier contiendront le message du lecteur et le support de la dédicace, en plus d’informations uniques automatiques (numéro du livre, version, date de publication, date d’achat, numéro du lecteur, identifiants du lecteur,…).

Ce service d’impression à la demande est une sorte de boutique du « moine copiste ». Le numérique nous fait donc revenir aux origines du livre pour lequel le copieur ajoutait ses propres créations artistiques. Avec notre système, il y a ajout d’un texte du lecteur et d’un texte du libraire, bien entendu en respectant le texte de l’auteur au caractère près. L’acheteur peut juste choisir la taille de police, et donc le nombre de page, comme le fait le format ePUB pour la lecture sur liseuse.

Notre libraire pourra produire et contenir en boutique un exemplaire des livres en libre circulation, pour consulter ou pour lire dans une ambiance adaptée, et ce libraire peut n’imprimer que les ouvrages qu’il a lus ou qu’il aime le plus. Il revient aux origines de son métier en tant que conseiller en littérature (ou philo, ou histoire,…) et non comme commerçant, magasinier ou comptable. Il peut aussi fixer librement sa marge (pas de prix unique) sur les frais d’impression (papier, encre, machine) sachant qu’il ne reverse rien à quiconque. En effet, le lecteur aura préalablement choisi, payé en chez lui ou directement en boutique l’ouvrage numérique en respectant les règles d’une transaction de bien immatériel (voir cupfoundation.net) pour rétribuer l’auteur et rembourser les précédents acheteurs. Le surcoût de 15€ ou 20€ concerne uniquement l’impression papier de l’ouvrage personnalisé et rien de revient à l’auteur. Rappelons que le livre ainsi crée contient trois textes, le message éventuel du lecteur, la critique du libraire et enfin le contenu de l’œuvre de l’auteur. Ainsi, l’analyse du libraire est une première partie et comme dans le domaine de la musique, les premières parties de stars peuvent devenir elles même des stars si la qualité/originalité est au rendez-vous.

Bien entendu, le lecteur un peu pressé pourra passer sa commande, envoyer son message et payer par l’Internet, mais il devra se déplacer pour venir retirer son ouvrage, unique, à son nom. Il ne faut pas que le libraire accepte le jeux du commerce par correspondance. De toute façon, pour des livres papier anonymes, Amazon peut difficilement être concurrencé. Le passage en librairie sera l’occasion d’une petite « consultation » avec son « docteur » es littérature et pourquoi pas une lecture sur place avec un café. Il y aura certes une petite concurrence entre les grosses librairies et les petites mais elle ne devrait se traduire que par quelques euros sur le prix du collector dédicacé et tant attendu. La compétence et le goût du libraire étant visibles sur l’objet, ce sera un critère déterminant pour aller voir tel ou tel libraire. L’homme ou la femme spécialisée dans un domaine de l’écris devient alors important et la notoriété de la boutique ne rentre plus en compte dans les préférences des lecteurs. Certains noms de libraires deviendront connus.

Vous me direz très justement qu’il n’y a plus de différence entre le libraire et le bibliothécaire. Sur les compétences métier, c’est exact. Simplement, notre libraire ne sera occupé qu’avec des livres publiés préalablement en numérique, soit récents, soit numérisés, tandis que le bibliothécaire restera le « gardien du temple » des écris plus anciens, pas toujours numérisés, et souvent anonymes (pas de dédicace). Pour les ouvrages qui étaient contrains par le Droit d’Auteur et maintenant versé dans le domaine public, donc 70 ans après la mort de l’auteur, on ne se risquera pas à aller demander une dédicace, mais on peut quand même avoir un mot (personnalisé) de son libraire favori avec sa signature électronique. Donc le libraire aura un fond de stock moins important que le bibliothécaire et donc il sera plus serein pour lire/conseiller ce qu’il aime.

C’est un détail mais possiblement important, comme la machine d’impression en arrière boutique doit demander le moins de configurations possibles pour ne pas accaparer le libraire dans des réglages sans fin, ni de faire une boutique d’impression des photos personnelles et autres caprices, la page de garde et la quatrième de couverture sont toujours à la charge de l’auteur, un petit indice et un QRcode préviennent de l’existence de l’équivalent numérique en ⊔. Je serais assez partant pour imposer un format, plus grand que les livres de poche, qui disparaîtront obligatoirement face au numérique (c’est plus confortable de lire sur tablette qu’en police 5 d’un livre de poche!), mais pas trop grand pour bien se ranger dans une bibliothèque. L’optimum est très proche du format A5, qui correspond presque à la taille d’un Ipad mini! Cela simplifierait les réglages de la machine à imprimer, à découper, et à coller,…et ferais des rayonnages homogènes….je ne vais pas jusqu’à imposer un style austère de couverture à la « nrf Gallimard« , l’auteur est seul maître à bord, mais peut reverser quelques % de sa rémunération en  à un bon graphiste.

Précisons que je n’ai aucune expérience dans le métier actuel de libraire, imprimeur, distributeur, éditeur ni auteur, mais une certaine expérience du Net m’autorise à exprimer cette proposition et comme je n’ai aucun intérêt dans le domaine de l’édition, je peux dire certaines vérités, en particulier annoncer la mort des éditeurs et autres intermédiaires.

J’écris ce post très (trop) rapidement, et il faudra que je le reprenne en fin de semaine, mais cela n’empêche de me faire des remarques sur le fond !

LF

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2 réflexions au sujet de « Le ⊔Store ! »

  1. En fait, nous faisons à peu près les mêmes prophéties pour l’avenir, c’est… troublant 🙂 Mais je vous reconnais l’antériorité, vous disiez ça un an avant moi ! Votre modèle économique me paraît en outre intéressant, mais il faudrait que je me plonge dans vos nombreux articles pour pouvoir vraiment me prononcer… Je prévois de le faire prochainement !

  2. N’hésitez pas à me poser des questions. En particulier, j’aimerais avoir votre avis d’auteur sur l’idée de faire rédiger par le libraire, ses analyses/critiques, incluses automatiquement dans le livre imprimé à la demande et personnalisé…lui demander de faire les ‘moines copistes’….pour qu’un libraire puisse être en première partie d’un auteur et devienne ensuite auteur lui même.

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