Gemalto veut vous plumer

Pour ceux et celles qui ne connaîtrait pas Gemalto, c’est une multinationale du CAC40 et qui affiche 2 Milliards de $ de chiffre d’affaire, 10.000 employés et une croissance à deux chiffres. Ce résultat, et ceux attendus pour les années avenir doitvent se faire par tous les moyens, même si cette entreprise doit faire gober les plus grosses couleuvres aux peuples et aux gouvernements. Prenons deux exemples :

Le premier est le payement numérique. On devrait se dire qu’une si grosse entreprise doit faire les choses bien, pour le bonheur des consommateurs et des sociétés !

D’après ce que je lis dans les actualités et de la bouche de son PDG, Olivier Piou, Gemalto investit énormément dans la 4G, pour déployer sa solution de paiement sans contact. Stop!  Il faut expliquer aux gens qui ne sont pas informaticiens que pour faire un achat ou une vente hyper-sécurisée (mieux que les cartes à puce actuelles!), on a besoin de construire un petit message et sa signature électronique. Ce message doit contenir:

  • la date précise pour empêcher une double présentation d’une même transaction,
  • le montant (et la devise),
  • l’IBAN de l’acheteur,
  • l’IBAN du vendeur.

Prenons l’algorithme asymétrique ECDSA sur 512bits, la signature et son message ne représente pas plus de 800 octets, soit moins d’une page d’un e-mail textuel. Autant dire que c’est minuscule à coté des vidéo HD qui se baladent sur l’Internet et justement avec ce qu’offre la 4G. Une transaction bancaire peut très bien passer sur le vieux GSM, sans que le trafic ne soit perturbé. Bien entendu, si vous êtes « tradeur », vous voulez que votre transaction soit très vite exécutée, c’est même le jeu favori de construire de très très gros serveurs et de très très gros tuyaux pour que les ordres de virement arrivent avant ceux des autres. Mais si vous comme moi, vous ne voulez juste qu’un moyen de paiement numérique pour acheter ou vendre des vrais biens, pas pour spéculer, vous êtes près à attendre 1 à 5 secondes! Donc, NON, la 4G, ce n’est pas requis pour le paiement numérique. Gemalto veut nous refaire le coup commercial du SMS (Orange) qui taxait un message envoyé entre les trames et ne coûtant rien à l’opérateur.

Le plus fort, c’est que Gemalto veut nous faire croire qu’il est indispensable de passer par des services très complexes des opérateurs téléphonique (ce sont ces clients, normal qu’il défende leurs intérêts). Prenons un iPod, donc sans carte SIM, vous pouvez très bien envoyer ou recevoir des messages, des e-mails et donc des transactions financières (voir notre solution Ping-Pong-Cash), sans être connecté en permanence au Net. Dès que vous êtes sous un réseau Wifi, les transactions en attente sont effectuées.

Et si vous avez un smartphone, la transaction vérifie automatiquement par une petite requête la solvabilité de l’acheteur, sans aucun service supplémentaire dû à l’opérateur. c’est un simple e-mail. Si Gemalto vous disait qu’il vous fait désormais payer les e-mail, vous trouveriez sûrement cela étrange et vous ne vous abonneriez pas au service. C’est pourquoi il est important de ne pas nommer cela « e-mail », de ne rien expliquer sous prétexte que la protection de secret assure la sécurité de votre argent. Or c’est justement le contraire en informatique, et donc pour les lois qui régissent le Net. Pour une sécurité maximale, il serait plus adapté d’expliquer et de diffuser les algorithmes (OpenSource) et de ne pas avoir d’autorité centrale devant garder cachés des mots de passe. Enfin, selon les principes qui ont permis la réalisation de l’Internet, une transaction numérique financière ou pas doit toujours être absolument gratuite. On veut nous refaire un système de taxation à la transaction comme au temps du Minitel. Donc pour engranger les milliards, Gemalto est prêt à raconter les plus grosses absurdités, et à faire payer le pauvre citoyen pour quelque chose qui est selon nous un acquis démocratique. Si un imprimeur privé proposait de fabriquer des billets de banque pas cher en prenant un centime chaque fois que le billet passe d’une main à une autre, les états et les banques souveraines lui tomberait dessus. Or dans le numérique, c’est à peu près ce que veut faire Gemalto, et beaucoup d’observateurs semblent trouver cela normal, n’est ce pas une entreprise en pleine croissance, tournée vers l’avenir ?

Il faudrait que nous, citoyens nous nous réveillons un peu quand des multinationales nous endorment avec certaines contrevérités. Microsoft nous avait dit que la conception d’un système d’exploitation (OS) était très complexe et seulement à la portée d’une grande entreprise et donc que l’utilisateur final devait incontestablement acheter l’OS. Maintenant, grâce à Linux, on sait qu’un OS peut être construit et donné à tous, et parfois avec une meilleure qualité.

Gemalto propose aussi un Cloud qui passe par les opérateurs téléphoniques,..attendez vous que l’on dise un jour à l’utilisateur final que ce nouveau super service soit payant évidement, alors que l’avenir Open-Source passe selon nous par le redéploiement d’application P2P, l’opérateur de télécom n’intervenant que pour accéder au Net depuis des zones mal desservies en fibre ou en wifi.

Gemalto ne cache pas ses méthodes dites « virales » pour convaincre les populations. Le plus ignoble viendra quand pour recevoir une somme d’argent en numérique, le système vous obligera à créer un compte, et ainsi à cotiser au système. PayPal fait déjà cela.

Il faudrait qu’il y ait suffisamment de citoyens qui dénoncent ces abus en matière de numérique et réclament un service de paiement, simple gratuit et sécurisé…tiens tiens, c’est exactement ce que propose PingPongCash! …et nous n’avons aucun actionnaire à satisfaire. Notre objectif est d’aider l’internaute, de servir modestement ce que devrait être une démocratie à l’heure du numérique,…une exigence semble t-il secondaire pour Gemalto.

LF

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Ayants droit de rien

Je pensais naïvement que le Droit dans notre pays faisait toujours référence à des principes fondateurs de la Démocratie ou-bien si certains liens avaient été oubliés historiquement, les erreurs avaient été corrigées. Toujours naïvement, je m’autorise encore à penser que le Droit devrait être compréhensible par tout honnête citoyen qui se penche sur une question, sans le noyer sous un déluge de faits historiques (faisant ou pas jurisprudence) et des constructions complètement artificielle, demandant des années d’étude en pratique.

Prenons l’article « Ayant droit » de Wikipedia. Cet article référence ce document pdf.
On y trouve l’extrait suivant:

L’article 544 du Code civil définit le droit de propriété comme « le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu que l’on n’en fasse pas un usage prohibé par la loi et les règlements ».

Je suis très choqué de cette définition pour deux raisons :

  • le caractère d’auto-définition (c’est une loi qui respecte les lois!) donne l’impression que le Droit existe par une volonté créatrice supérieure, sans devoir se justifier ni expliquer d’éventuels but démocratiques de plus haut niveau. On a l’impression de construire un système sans véritable fondations.
  • la notion de propriété se définie avant tout en négatif, par sa notion corollaire d’exclusion. En effet, pour un bien matériel, le posséder implique que les autres en sont privés. Le présenter de cette manière aurait mis en évidence la différence physique des biens matériels et des biens immatériels, source de malentendu fréquents.

Il faudrait partir à mon avis de l’évaluation du « coût marginal » d’un bien appelé œuvre car construite par des artistes. Avant l’Internet, ce coût n’était jamais nul et même pour un romancier, un investissement était nécessaire pour imprimer, transporter, distribuer les ouvrages papier ne contenant pourtant qu’une œuvre immatérielle. J’ai appris que dans notre Histoire, la Monarchie donnait à sa libre appréciation un droit  d’édition à une minorité et que c’est principalement pour contrer les abus de ce droit que les auteurs ont construit et ont exigés l’application du « droit d’auteur ».

D’une part l’Internet se moque des raisons historiques qui pré-existaient avant sa naissance à la fin du XX° siècle et d’autre part, la caractéristique essentielle d’un bien immatériel à l’age du Numérique est justement d’avoir un coût marginal vraiment nul.

Soit on décide que la notion de propriété ne s’applique uniquement qu’aux biens matériels, soit on admet que cette notion peut aussi se définir pour les biens immatériels sur l’Internet, à condition de ne pas nier les lois physiques particulières qui s’appliquent sur ce type de biens (bien relire Wikipedia pour comprendre la différence).

Écartons d’emblée le droit moral, c’est à dire la paternité (hors rémunération) d’une œuvre, qui doit bien entendu être défendue en toute circonstance, sur le Net ou en dehors. L’auteur reste l’auteur, même après sa mort et ses sources d’inspiration sont aussi citées. L’Internet améliore  plutôt les choses car le plagia est plus vite repéré. Même biaisé par des algorithmes de moteurs de recherche, les conditions de diffusion d’œuvre sur le Net n’ont jamais été aussi égalitaires dans l’histoire de l’Humanité. Grands et petits possède une adresse IP et sont à égale distance du consommateur.

Sur le droit patrimonial, en revanche, le Numérique remet tout en cause. l’Internet permet de mettre en relation directe, sans intermédiaire un ou plusieurs auteurs avec des milliers, des millions, des milliards d’individus consommateurs. La notion même d’éditeur, autrefois indispensable est complètement inutile, voire nuisible sur l’Internet. Il n’y a plus d’intermédiaires, seulement des contributeurs parfois très modestes à la création d’une œuvre. S’il persiste encore aujourd’hui certains intermédiaires (Apple, Amazon, …), par exemple pour la diffusion, le payement, c’est une phase très temporaire de l’évolution du Net et des solutions apparaîtront pour assurer une parfaite mobiquité (cf Wikipedia) pour l’internaute.

Avant l’arrivée de l’Internet, le commerce de biens immatériels suivait un principe dit de « revenu proportionnel », et comme les acheteurs ne se présente jamais tous au même moment et que par équité ils s’acquitte du même prix, on devait faire face au double problème :

  • la rémunération potentiellement infinie d’un auteur populaire, résolu par l’accaparation de cette rémunération par une société de gestion censés reverser une partie à des collectifs d’auteurs (répartir entre les stars et les autres).
  • quand l’auteur décédait et que l’œuvre continuait à se vendre, il fallait désigner des personnes ou des sociétés pouvant toucher ce revenu car il était techniquement impossible de reverser aux acheteur une somme quelconque, aucun fichiers d’en gardait trace. Les héritiers, proches et autres éditeurs étaient les mieux placés pour revendiquer ce droit, normal dans un monde pré-numérique.

Enfin, il fallait décider arbitrairement d’une durée à attendre avant la sortie dans le domaine publique et donc la disposition pour tous de l’œuvre gratuitement. De là sortent les 5, 20, 30, 70 ans qui ne sont reliés à aucune réalité démocratique.

Avec l’Internet, on peut définir un modèle économique des biens immatériel, modèle qui résout le double problème précédent. Les consommateurs sont équitablement remboursés à mesure que le bien devient populaire et dès que l’auteur décède, il n’y a plus de revenu généré (remboursement aux précédents acheteurs). Par ailleurs, Le problème de l’héritage se pose exactement de la même manière que pour tout autre bien. Le passage dans le domaine publique se fait naturellement, sans imposer une quelconque durée. Mais le fait le plus révélateur est la non nécessité de recourir aux proches de l’auteur. Pour quelle raison le ferait-on ? Le génie d’un artiste ne se transmet pas de père en fils. Plus encore, une entité « personne morale », cad une entreprise ne peut pas bénéficier d’une quelconque rémunération d’un œuvre artistique immatérielle. Contrairement à ce que son statut indique, une entreprise est dénué de moralité, de sens critique ou d’un quelconque goût artistique. Seules les personnes physiques, constituées de chair et de sang, peuvent revendiquer être l’auteur d’une œuvre d’art et estimer en tirer un revenu. Donc dans le monde Numérique, le concept d’ayant droit n’existe pas. Nier cette évidence revient à vouloir appliquer des principes inappropriés, issus du monde des biens matériels, bien souvent pour défendre une situation de rente.

Le plus déplorable dans cette affaire est la prétendue défense des auteurs comme semble l’indiquer l’appellation « droit d’auteurs », alors que l’appellation « ancienne rente d’éditeurs » serait plus exacte. Il est normal que face à de tels conservatismes, même encore enseignés en Droit et référencés dans Wikipedia, certains proposent une position extrême inverse, à savoir la reconnaissance des biens immatériels en biens communs, légalement partagés. Si la position du Parti Pirate est que la production de ces biens ne doit pas générer de revenu, celle de la contribution créative est de rétribuer les concepteurs par un mécanisme global que je trouve irréaliste dès que l’on rentre dans les détails. J’ai expliqué dans divers articles qu’il existe un autre voie, respectueuse de la spécificité des biens immatériels et qui n’interdit pas le commerce directe et libre de biens marchand, guidé par des principes démocratiques.

L’exemple du sujet de Droit adressé ici et soit disant justifiant la notion d’Ayant droit est une tentative, par forcement volontaire, de contraindre la démocratie au profit d’une minorité quand exactement le contraire devrait être recherché. Par exemple, quand le représentant de Microsoft France se présente à l’audition de la mission P. Lescure comme « Ayant droit », il utilise selon moi un abus qui devrait être repéré, dénoncé par les mêmes juristes de cette mission gouvernementale.

Je sais que mon raisonnement en fera bondir plus d’un chez des gens bien plus compétents que moi en Droit de la propriété intellectuelle, mais justement, j’attends des contres argumentations et la révélation de failles scientifiques dans mon explication. Merci d’avance pour vos critiques.

LF.

Bitcoin mon Amour!

Faisons le point sur Bitcoin  :

Bitcoin assure trois fonctions :

  • un protocole P2P avec propagation d’une chaîne de transaction sécurisée
  • une valeur de spéculation équivalente à l’0r en d’autres temps
  • un moyen de paiement international par l’Internet

Mélanger ces fonctions est la source de confusions et des pires déconvenues qui risquent d’arriver.

Si vous regardez le code source (en C) du nœud Satoshi, vous y trouverez principalement de la cryptographie et du protocole réseau.
Le principe du minage est une curiosité algorithmique des plus intéressantes, et la sécurité des transactions me semble assez élevée pour ne pas craindre de ce coté là. J’ai joué avec la chaîne de test pour pouvoir miner facilement en Python, sans avoir la pression de la chaîne officielle, ni du matériel performant en GPU. A aucun endroit du code, vous trouverez des règles de conversion des BTC en € ou en $. La convertibilité a été décrétée quand le Bitcoin a progressivement débordé le champ de curiosité des informaticiens. C’est à ce même moment que l’auteur originel (Satoshi) a disparu avec quelques avis défavorables d’en faire une véritable monnaie convertible. Comme le taux ne conversion n’est pas fixé ni assujetti à un quelconque algorithme déterministe, la valeur du BTC est uniquement fonction de la valeur de confiance que lui accorde la population grandissante des propriétaires (anonymes) et de l’historique/anticipation des transactions (instant, id, quantité). On est donc dans un monde de spéculation pure, dont la valeur porte sur une preuve mathématique…ce qui est le paradis des spéculateurs et on se s’étonnera pas d’une première bulle en 2011 et d’une deuxième qui grossi actuellement avec un taux qui rend minable tout traideur de la City. Comme ce système n’est pas identique à la version originelle de la pyramide de Ponzi, ses défenseurs s’évertuent à clamer que ce n’en n’est pas une, mais de plus fin analystes s’accordent pour penser que le Bitcoin a toutes les caractéristiques d’une grosse arnaque. Pas sur la cryptographie, ni sur un délit d’initiés (bien que le minage était plus facile au début, la croissance de la difficulté est connue de tous), mais dans le simple fait que le taux de conversion soit totalement libre à la loi de l’offre et à la demande. Le petit jeu consiste a se retirer au dernier moment, juste avant l’implosion de la bulle, dans une guerre sans merci entre apprentis-traideurs (qui se moquent aussi de la beauté de l’algorithme !). Ne soyons pas naïfs, quand un bien affiche des taux de croissance à 3 ou 4 chiffres (400% les derniers mois, 100€ maintenant!), ce n’est que de la spéculation, et il n’y a pas un brin d’activité humaine innovante investie. Tout ceci ne serait pas grave si les spéculateurs restaient entre eux pour se dévorer, mais ce qui est plus préoccupant est qu’ils font maintenant de la publicité auprès du citoyen pour venter le Bitcoin comme simple moyen de payement. On donne un petit coupon gratuit à faire valoir au Casino et quand le bon père de famille a accroché l’hameçon croyant faire un bonus facile sur son dur labeur, ce pauvre se fait dépiauter jusqu’à l’os quand la bulle crève.

C’est vrai qu’en 2013, il est quand même incompréhensible qu’il n’y ait pas un moyen de paiement simple, sécurisé et gratuit sur l’Internet, cela devrait êre un droit, comme celui de l’accès à l’Internet. Le système bancaire freine des quatres fers pour retarder les échanges d’argent entre particuliers, laissant la pare belle à Visa, Mastercard et Paypal qui imposent un impôt privé sur un droit pourtant démocratique, à savoir, les échanges marchand par l’Internet. Dans ce contexte, Bitcoin vient mettre un coup de pied dans la fourmilière et proposer une solution internationale, moins chère en commissions et intégrée à un moyen de paiement moderne, par le smartphone. Selon un rapport de la BcE d’octobre 2012, le bitcoin ne représentait pas une menace car il générait un volume négligeable, mais ce volume vient de passer au dessus du Milliard de dollars très récemment et cela devrait commencer à faire réfléchir. Certes, les banques ont intérêt à laisser grossir la bulle et la laisser s’éclater toute seule pour retrouver la confiance des citoyens bernés, confiance qui s’étiole en ce moment quand les gens réalisent enfin qu’ils sont privés du mécanisme de création monétaire (prérogative des banques privées!).
Le Bitcoin profite du besoin légitime de tout un chacun de disposer d’un moyen de paiement sur l’Internet pour allécher le citoyen sans l’informer de l’extrême volatilité du taux. J’ai peur que beaucoup de gens croyant utiliser un chèque électronique découvre un peu tard qu’ils ont entre leurs mains un ticket de loterie.

Comme expliqué à différentes occasions, le  ne court absolument pas le risque de spéculation, à la Bitcoin, pour trois raisons résumées ainsi:

  • le taux de conversion sont calculés pour minimiser la somme des variation des taux (effet amortisseur global)
  • les conversions sont taxée et alimente les états et non le secteur privé
  • tout échange de  est obligatoirement lié à un échange d’un bien immatériel, la monnaie elle même ne peut pas faire l’objet d’un commerce.

Maintenant que faudrait-il pour répondre aux besoins des citoyens en matière de moyen de paiement non risqué ? Tous les éléments techniques existent, il faut juste une volonté politique ou un pression citoyenne un peu forte pour l’exiger son déploiement.

Vous savez ce qu’est un chèque, vous l’utilisez entre particuliers. Sachant le coût du traitement manuel du chèque papier, on se demande comment est-il encore gratuit, signe que les banques ont de la réserve, mais aussi que l’argent consacré à maintenir un système peu automatisé pourrait servir à de l’investissement véritable ou de l’innovation.

Quand vous émettez un chèque, vous le signez…mais il existe depuis longtemps aussi une version numérique de la signature, dite électronique disponible sur tout appareil de calcul, donc potentiellement sur un smartphone moderne. Dans le petit exemple qui suit, nous utilisons RSA sur 4096 bits, mais il existe d’autres algorithmes.

Comment utiliser un chèque version électronique:
Il faut d’abord vous créer une identité numérique personnelle en mode déconnecté du Web (wifi, 3G,…). Vous générez localement une paire de clé GnuPG  (ou PGP) et vous choisissez un mot de passe (non, ce n’est pas la banque, ni VISA qui vous l’envoie!), et vous ne le donnez à personne. Votre clé publique est ensuite diffusée sur un serveur public pour dire que vous existez et ne pas vous confondre avec un homonyme. Votre clé privée reste elle sécurisée sur votre téléphone, impossible pour l’opérateur télécom ou-bien un correspondant sur le Net de lire cette clé. Vous demandez ensuite un rendez-vous avec votre conseiller financier de l’agence locale de votre banque. Celui ci aura aussi généré ses propres clés GPG avec dans le nom public le nom de la banque, l’adresse de l’agence, (la partie de l’IBAN sauf votre numéro de compte). Vous lui montrez sur place que vous pouvez signer un petit message contenant les références de votre compte (le numéro de compte), histoire de lui prouver que c’est bien vous le propriétaire. Il vérifie instantanément la signature numérique (programme qui répond OK ou KO). Le conseiller signe alors votre message signé pour donner son accord sur les transactions avenir.
Maintenant, vous allez dans un magasin avec votre téléphone portable (et une petite appli qui va bien). La caissière de SuperU vous indique 42€96. Avec la caméra de votre téléphone, vous scannez le QRcode/DataMatrix qu’elle vous présente (il n’y a de codé que l’indication du montant et le nom du destinataire, rien de secret), comme elle le fait avec un appareil pour pré-remplir les chèques, juste pour vous éviter de mettre la somme et le destinataire au stylo. Le montant s’affiche bien entendu en gros sur votre téléphone au cas ou elle vous demanderais une somme différente (la coquine! ). Vous tapez alors votre mot de passe (en secret) pour produire la signature sur la chaîne de caractères du type ‘le 02/04/2013 à 18h34 Toto Dupond achète pour 42€96 à SuperU de Flourens en Haute Garonne’. Votre téléphone génère ainsi sous forme aussi de QRcode votre chèque électronique, que la caissière scanne directement sur l’écran de votre portable avec sa douchette (et elle vous identifie aussi pour la carte de fidélité du magasin!). Le message chèque est automatiquement vérifié (votre signature et l’existence d’une agence de banque connue sous l’identifiant du certificat) puis envoyé en clair à la propre banque du magasin ainsi qu’à celle de l’émetteur du chèque (pratique l’immatérialité!), banque qui déclenche le virement correspondant de la somme indiquée, tout automatiquement, sans frais. La banque réceptrice vérifie simplement l’exécution du virement et informe le magasin en cas d’anomalie (du système classique, pas de la cryptographie). Dans cette version simple, il n’est pas vérifié que le compte est créditeur, mais pour des plus grosses sommes (seuil à définir) il peut être exigé une preuve de solvabilité…très simple; la banque dispose d’un service qui signe toute demande d’un client de justifier un solde d’un montant donné, pour une date donnée (un peu comme un service d’horodatage sur le Net). Si je veux acheter un saxophone à 2000€, j’envoie une demande par e-mail à ma banque, qui me répond presque instantanément que j’ai plus de 2000€ ce jour, en fait j’avais 2800€ mais le commerçant n’a pas à le savoir. Cette preuve est alors donnée au commerçant pendant l’achat électronique. Comme tout se passe par des signatures de message, je ne suis absolument pas obligé d’être connecté au Net lors de mon achat, ni d’avoir un forfait Data (3G,4G). Comme un chèque fait entre particuliers, vous pouvez aussi faire un chèque électronique pour une autre personne, soit de téléphone à téléphone, par une QRcode, soit par un message envoyé par l’e-mail. Notre petit processus ne vous enlève pas de commission de taux de change si vous échangez avec une autre devise, mais si vous restez dans la même monnaie, cas de la majorité des transactions courantes, vous ne devez pas être ponctionné d’un centime de commission. Enfin, il peut même y avoir un seuil de montant défini par le magasin en-deçà duquel la signature n’est pas requise, vous devez simplement posséder votre téléphone (donc avoir son code PIN). Par exemple, pour des achats de moins de 15€ le simple fait de scanner le QRcode présenté déclenche automatiquement la demande de transaction. Attention, le téléphone doit entre en mode achat de l’application. C’est donc beaucoup moins risqué que les cartes sans contact qui peuvent être débitées en approchant un appareil de lecture de la poche se son propriétaire sans qu’il le sache.

Mais si c’est si simple, pourquoi cela n’est pas déjà généralisé!…je me pose exactement la même question. On peut trouver une piste de réponse dans la volonté de certains de ne pas améliorer un système qui rapporte une rente, et dans la volonté de nouveaux acteurs, comme les opérateurs téléphoniques de trouver une nouvelle source de revenu. A nous citoyens d’affirmer qu’une solution gratuite, sécurisée et simple est faisable pour les échanges marchand sur le Net.

Il n’est pas impossible que si le chèque électronique se mettait en place, on assisterait à un désintérêt massif du Bitcoin et peut être à l’éclatement d’une bulle, mais je pense qu’elle n’attendra pas pour éclater.

Si vous traquez l’injustice crée par les banques actuelles, ne vous laissez pas séduire par les sirènes de Bitcoin, battez vous plutôt pour une réappropriation du droit de création monétaire par le citoyen, cela se nomme « revenu de base » ou « dividende universel ».

Enfin on aura compris que pour les biens non matériels et marchand, je ne saurais que conseiller d’utiliser le , actuellement la solution la plus démocratique.

LF