Héritage de biens immatériels

Certains lecteurs de la Théorie du Partage Marchand trouvent suspecte mon affirmation que l’héritage ne doit pas être rendu possible pour les biens immatériels achetés/partagés.

Reprenons la notion commune d’héritage pour les biens matériels. Après le décès d’une personne, propriétaire d’un ensemble de biens matériels, se pose la question de l’attribution de ces biens, pour en assurer la maintenance, la non détérioration, voire la fructification. Si l’on demande à l’Etat d’assurer cette tâche, celui ci ne saura que vendre aux enchères les biens pour en tirer un revenu, ce qui est loin d’être optimal pour l’économie du pays concerné. Le plus simple et surtout le plus populaire et donc de faire hériter ces biens par les descendants de la personnes décédée, ou par ses proches désignés. Dans une société très artisanale, avec des métiers que se transmettent de génération en génération, l’héritage parait légitime, d’autant plus qu’une espérance de vie faible permet de donner les biens hérités aux jeunes dès leur entrée dans la vie active.

Or au XXIe siècle, dans nos pays d’espérance de vie élevée, l’âge moyen pour bénéficier d’un héritage est beaucoup trop élevé pour être déterminant dans le choix du métier. De plus, la poursuite de métiers au sein d’une même famille, entre générations est beaucoup moins  fréquente. Ainsi, des fils et filles de chefs d’entreprise héritent d’une somme parfois colossale, alors qu’ils n’ont ni la compétence, ni l’envie, ni l’âge de reconduire d’activité de leurs ainés. Dans le même temps, des personnes motivées, compétentes mais sans héritage se retrouvent dépourvue de la possibilité de gérer de telles entreprises. Ainsi, beaucoup d’héritages ne financent pas des investissements dont pourrait bénéficier l’économie.

L’autre dimension injuste de l’héritage touche au non respect du mérite républicain et de la sélection par l’école. Il avait été calculé en 2007 qu’une très forte taxation des héritages (hors transmission de l’outils de production) pouvait en France financer environ 20.000€ par jeune d’une tranche d’âge, par exemple à 25 ans, sans demander au jeunes concernés de condition pour recevoir cette somme. Il semblerait que la société serait globalement et économiquement gagnante à imposer une telle mesure. Même si quelques jeunes dilapideraient ce patrimoine jeune, d’autres l’utiliseraient pour des projets personnels ou à des fins d’auto-entrepreneur. Non seulement la jeunesse de 2013 subit plus la crise actuelle, mais c’est elle qui devra supporter l’endettement que nous créons. Lui faire ce petit cadeau de 20.000€ par individu ne serait vraiment pas une mauvaise idée !

Pourquoi les politiques ne proposent pas cette mesure de patrimoine jeune ?…je pense simplement que ce n’est pas populaire. La minorité qui serait perdante dans cette affaire est la même qui a le pouvoir, donc n’est surement pas disposée à promouvoir une telle mesure. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les détracteurs des « impôts » sont en majorité des personnes qui n’en payent pas. De même, les défenseurs de l’héritage vanteront la nécessité d’aider financièrement leur enfants, quand bien même ils n’ont aucun héritage à leur léguer et que leurs enfants seraient les premiers gagnants d’un patrimoine jeune de 20k€ géré par l’Etat.

Je laisse à d’autres personnes le soin de développer et de défendre cette idée très politique (gestion de la cité) pour m’intéresser maintenant au cas des biens immatériels.

Quand une personne i-proprietaire de biens immatériels décède, il n’y a aucun problème d’allocation éventuelle de ces biens, car il n’y a aucune détérioration. Le ou les auteurs ne sont aucunement lésés. Mais l’argument le plus fort tient au concept même de partage. Dans la mesure où un bien immatériel peut être partagé, en l’achetant par de multiples personnes, directement à l’auteur, la revente ou même le don est donc un acte délictueux. Rappelons que pour satisfaire le droit de mobiquité, il ne faut aucun DRM sur des biens vendus et donc il est techniquement impossible de déposséder un bien immatériel attaché à une personne. Revendre ce bien ou le donner n’est simplement pas possible. Ne pas confondre le don de quelque chose qu’on a utilisé avec un achat pour un destinataire désigné. Un tel cadeau est possible avec des biens immatériels, mais l’acheteur n’a aucunement accès au bien qu’il a lui même acheté pour la personne à qui il désire faire un cadeau.

Que vous donniez à vos proches, amis ou famille votre playlist parait naturel. Mais pour bénéficier du contenu des oeuvres, et donc les partager véritablement avec vous, vos proches ne doivent pas avoir d’autre choix que de les acheter ou se les faire offrir et non de les recevoir gratuitement au nom d’un quelconque lien de parenté. Le prix en sera d’autant plus faible que le nombre d’acheteurs sera élevé et chacun aura payé le même prix….c’est le principe fondamental du partage marchand. Que le Droit d’Auteur ait défini des exceptions pour la copie au sein du cercle familiale fait référence à des copies sur support physique, impliquant une proximité physique, avec un cout marginal non nul et une qualité de copie dégradée (analogique). Dans le contexte numérique de l’Internet, cette notion de parenté ou d’amitié ne peut pas être avancée.

Maintenant, posons nous la question de savoir pour quelle raison les oeuvres acquises par une personnes décédée devraient être transmises gratuitement à ses descendants  ? Bien entendu que la Culture est largement tributaire du contexte familial. Rien n’empêche un père de famille d’acheter cinq instances de plus d’une même oeuvre s’il a cinq enfants et qu’il désire absolument que cette oeuvre leur bénéficie. Bien entendu, dans la même maison, les membre d’une même famille peuvent se montrer ou écouter ensemble des oeuvres sans se soucier du nom du réel i-propriétaire, mais quand les jeunes prennent leur indépendance, quittent le foyer, ils voudront posséder et étoffer leur playlist personnelle, sans requérir la présence de leur parents et encore moins attendre leur décès pour bénéficier de leurs achats immatériels culturels.

Il serait techniquement possible de réaliser un transfert de droit d’une personne à une personne quand la première décède (voir le projet MO3T qui a ce genre d’objectif), mais outre la difficulté technique de bien enregistrer le décès sur le Net, la lutte contre la fraude, cela n’aurait pour effet que de diminuer légèrement le revenu des artistes. De plus, l’héritier recevrait des oeuvres qu’il ne désire pas obligatoirement, ou inversement qu’il possède déjà. Donc pour ces multiples raisons, il est préférable de ne rien prévoir comme mécanisme d’héritage numérique. Certains crieront au scandale, qu’ils ne peuvent pas avoir les mêmes droits qu’avec des biens matériels. C’est vrai! je ne fais que répéter que les biens immatériels n’obéissent pas aux même lois naturelles que les biens matériels. Le nier serait équivalent à demander la gravitation des pommes et la lévitation des poires. Ce n’est pas un choix politique. Les biens immatériels ont un cout marginal nul, ce qui autorise cette merveilleuse et démocratique pratique du Partage Marchand. Mais il ne faut pas trop en demander comme le font des collectifs savoirscom1 ou LQDN qui militent pour une légalisation du partage non marchand. Demander un héritage numérique ou la possibilité de revente (sans passer par l’auteur) sont des arguments populistes que les biens immatériels ne peuvent pas tenir à moins de s’écarter sensiblement d’un système démocratique ou de maintenir une dichotomie stérile entre le « piratage » et le « droit d’auteur ». Donc pour bénéficier de tous les avantages du Partage Marchand, il faut renoncer à l’héritage. Très sincèrement, les avantages surpassent largement ce petit inconvénient.

Je ne résiste pas à l’envie de vous redonner l’interprétation géométrique (voir la courbe) du Partage Marchand, qui se résume par la formule suivante :

\mathcal{T}_i^{\nearrow} =i\mathcal{P}_i^{\searrow}

Cette formule recèle une petite magie car elle stipule que l’on peut avoir un revenu cumulé \mathcal{T} croissant avec un prix \mathcal{P} décroissant vers zéro, passant naturellement le bien dans le domaine public.

Notons que cette formule est relativement simple à comprendre et à retenir, comme la loi d’ohm U=RI en électricité, ou encore l’équation de la physique relativiste E= mc^2.

Le plus incroyable est qu’elle généralise le commerce des biens matériels vendu un prix unitaire fixe, pour lesquels on vérifie :

\mathcal{T}_i =i\mathcal{P}

Mais seuls les biens immatériels voient leur prix tendre vers zéro, et donc passer dans le domaine public sans effet de seuil. Pour que le prix soit équitable quelque soit l’instant d’achat du même bien, il est indispensable de procéder à un remboursement des précédents acheteurs. On remarquera que ce remboursement à une interprétation géométrique, comme étant la différence de l’intégrale jusqu’au point courant (la surface sous la courbe) et la surface rectangle représentant le revenu cumulé.

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Pourquoi la culture numérique doit être marchande ?

Les biens immatériels culturel ont un cout marginal nul par définition. Le créateur n’est jamais dépossédé de son œuvre si elle est copiée, mais ce constat est-il un argument suffisant pour légaliser la copie gratuite, contre l’avis de l’auteur ?

Le créateur à besoin comme tout le monde de gagner de l’argent pour vivre. Si la société rendait impossible la marchandisation des biens immatériels, en légalisant le partage gratuit non-marchand, alors l’artiste ayant une activité purement numérique, ne pourrait pratiquer son art qu’en amateur et devrait donc recourir à un autre métier, rémunérateur mais surement moins passionnant. Peut-on lui verser un salaire venant de l’impôt, comme on le fait pour les chercheurs ou les enseignants ? Ce serait fortement inéquitable car il faudrait une ou plusieurs institutions formées de « sages » qui définiraient les canons de la beauté pour juger de la qualité de chaque œuvre et ainsi de la rémunération de chaque artiste. L’originalité, l’impertinence, la critique, le non conformisme, l’innovation ne seraient pas favorisés ni récompensés par un tel dispositif. Le peuple est bien le seul et l’unique juge de la qualité d’une œuvre d’art, même si il est influencé et manipulé par les industries culturelles. Or l’Internet est un média plus exigeant en décisions/actions de l’utilisateur que les précédents médias et donc l’industrie culturelle ne peut pas aussi bien piloter les foules, ni concentrer l’attention sur une faible minorité d’œuvres. Non seulement les œuvres peu populaires restent accessibles sur le Net, par effet de longue traine, mais les moteurs de recherche donnent des résultats beaucoup plus équitables et moins assujetti au pouvoir financier. On peut espérer que se développeront des sites de critiques d’art dans tous les domaines, véritables chercheurs du Net des meilleures créations mondiales, toutes disponibles à une distance d’un clic de souris. Comme l’Internet met potentiellement tous les biens numériques à disposition de chaque citoyen, la rémunération d’un artiste devrait immanquablement être déterminée par cet outil populaire. Demandons alors aux internautes de voter, mais cette idée butte alors sur deux problèmes :

  • l’unicité du votant doit être assurée ou approchée. Si un tiers compte simplement le nombre de clics ou le nombre de téléchargements, alors des développeurs programmeraient des robots pour biaiser les résultats, tandis que d’autres internautes ne voteraient pas.
  • le vote a un cout en temps non nul et les internautes devraient légitimement demander une compensation financière pour cette tâche simple, mais répétées de nombreuses fois….nous ne sommes pas des robots!

Donc à priori, les internautes n’ont aucun intérêt à répondre gratuitement à des questions sur le Net, pour savoir s’ils aiment ou n’aiment pas telle œuvre. Si par ailleurs ils faisaient une analyse critique sur un blog ou un simple commentaire, il serait impossible de traduire ces avis en données quantifiables pour fixer des rémunérations. Enfin, quand bien même les internautes voudraient-ils voter, ils ne pourraient pas consommer ni noter toutes les œuvres disponibles.

On pense alors au don, sous la forme moderne du « crowdfunding ». Non seulement, ce financement restera minoritaire, mais il bénéficie d’un effet nouveauté qui s’estompera immanquablement.

Ni l’impôt, ni le vote, ni le don sont des solutions pérenne à la rémunération des artistes créateurs de biens immatériels. Il reste alors l’achat direct !

L’acte d’achat est bien le meilleur moyen de juger d’une œuvre car:

  • l’unicité n’est pas imposée, mais elle est logique car une fois une œuvre numérique achetée, plus besoin de la racheter. Elle est disponible à vie de l’acheteur, même si ce dernier égare le fichier (droit de mobiquité). Acheter plusieurs instances d’un bien immatériel est un moyen de faire du mécénat et des dons, mais en grande majorité, une œuvre n’est achetée qu’une fois.
  • seules les œuvres qui nous intéressent vraiment sont achetées, par définition. Acheter est équivalent à affirmer sa préférence; j’aime cela et pas les autres. La disponibilité gratuite engendre un moindre respect de l’œuvre, voir un gaspillage.

Vient alors l’irrémédiable critique sur les inégalités de ressources financières. Constatons que pour l’achat de biens culturels numériques, les effets de ces inégalités sont largement diminués par deux phénomènes:

  • Le temps consacré à consommer de la culture n’est pas extensible à l’infini et il est non dépendant des revenus. On peut posséder dix maisons ou dix voitures, mais regarder dix films en même temps n’est pas très facile ni agréable.
  • Le partage marchand implique une désintermédiation et une baisse sensible des prix des œuvres numériques, concomitant à de meilleurs revenus des artistes. Le risque de blocage à l’achat, uniquement parce que c’est trop cher, tend à disparaitre en conséquence.

Certains craignent la dénaturation des œuvres ou de l’activité créatrice dès l’instant qu’elle serait source de revenu financier, car issue du Capitalisme. C’est la spéculation induite par la possibilité de revente dans le monde physique, qui à conduit à des excès aux dépens des artistes et des consommateurs à l’ère pré-Internet, mais la spéculation n’existe pas dans un monde numérique régulé par le Partage Marchand. La revente n’est simplement pas possible.

Walter Benjamin a écrit en 1935 un essai « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique » qui décrit la perte de l’aura des œuvres dans cette évolution du XXe siècle. Internet pousse à l’extrême cette reproductibilité car elle est réalisable à cout nul. Mais là où le XIXe et XXe siècles ont inventé un artifice juridique en la matière du Droit d’Auteur afin de rétribuer les créateurs plus justement, le XXIe siècle permettra par le Net d’établir une relation équitable et directe entre les créateurs et les internautes, par le Partage Marchand, à moins que des lois qui imposeraient le partage gratuit (c.f. Contribution Créative) viennent empêcher ce progrès naturel.

La planche à billets !

La proposition de Partage Marchand bouleverse beaucoup nos habitudes, nos idées sur le commerce de biens immatériels et sur l’Internet. Voici la représentation graphique du prix et du revenu cumulé d’un tel bien, en respectant le principe d’équité de la théorie.

Comme cette proposition touche à l’argent, il est très tentant pour les lecteurs de s’emporter, qu’ils manquent justement d’argent ou qu’ils en soient rassasiés. C’est un sujet qui déchaine les passions, en premier par ceux qui disent s’en moquer. Quand enfin les principaux intéressés sont les artistes, c’est comme leur présenter sous leur nez leur plus grand repoussoir. Mais constatons ce qui semble être une irrationalité; les plus grands détracteurs des aides sociales sont souvent des personnes dans le besoin, et ceux qui sont les plus virulents contre l’impôt n’en paye généralement pas.

Revenons en arrière avant l’ère industrielle. Les gens sont majoritairement des « artisans », qui exploitent un savoir faire pour créer des biens uniques. Que ces biens soient vendus au plus offrant n’est pas choquant en soit. Ce sont des biens matériels, donc leur créateur en est dépossédé dès qu’il le vend. La revente est le premier degrés de la spéculation, où un intermédiaire use de la mauvaise répartition de l’information pour extirper une commission la plus importante possible, sans rapport avec le travail demandé pour fabriquer, transporter ou transformer l’objet. Dans le monde physique, il parait difficile de se soustraire de cette pratique ancestrale de l’art du commerce se mutant en spéculation. Plus l’objet créé est classé dans le domaine de l’Art et plus son prix est arbitraire, allant de: « …cela ne vaut rien car ce n’est pas utile ! », à « …c’est la plus grande chose créé par l’homme, donc c’est d’un prix inestimable ! ». En fin de compte, ce serait la notoriété, la popularité de l’œuvre qui en ferait sa valeur, mais on voit que durant l’ère artisanale, cette popularité n’est peu connue tout simplement parce que le peuple n’a aucune connaissance de l’existence de l’œuvre fraichement réalisée. C’est souvent un petit cercle, d’amateurs, appartenant à certains courants de pensée et de culture qui font chanter l’artiste pour attribuer un prix à ses œuvres et donc un revenu. Le marché de l’art est manifeste que les plus grands gagnants sont les revendeurs et rarement les créateurs…le droit de suite est semble t-il très récent. La société, tout comme les individus, sont conscients de la nécessité d’entretenir un monde culturel riche, pour éviter les fanatismes, et face à l’injustice subie par les artistes dans le monde capitaliste, l’économie du don vient au secours. Loin de moi l’idée de dénigrer le don, je ferais juste remarquer qu’il a plus de sens dans l’ère pré-industrielle, celle de l’artisanat.

Le XIXième et XXième siècles ont poussé au paroxysme la mécanisation de la production des biens matériels pour faire des économies d’échelle de plus en plus grande, et donc des marges aussi plus grandes. On a constamment baissé les couts marginaux (coût pour produire une instance de plus), sans jamais les annuler. En effet, seuls les biens immatériels ont cette caractéristique de non rivalité; d’avoir des coûts marginaux exactement nuls. C’était et c’est encore le règne de l’entreprise, de plus en plus grosse (par effet d’échelle), au point d’être plus importante que certains états, et nous savons tous, avec Hollywood, que la culture n’a pas été épargnée par cette vague.

Or l’effet d’échelle, et la prédominance des entreprises culturelles à éloigné l’artiste créateur de son public. Sous prétexte que l’artiste veuille s’adresser au maximum de monde, l’entreprise se présentait comme l’unique solution, imposant ses règles, à savoir:

L’œuvre est multipliée par la production industrielle, son prix est fixé par l’entreprise qui a investit dans cette production et pourvoit des emplois, de la croissance pour l’économie. L’acheteur tout comme le créateur subissent le prix de vente unitaire, invariable et surtout le revenu tiré de la vente, proportionnel au nombre d’unités vendues n’est pas communiqué. L’argument ultime de ce système est que les œuvres à succès, donc très rémunératrices, servent à payer les créations moins populaires, comme un système mutualisé et solidaire entre artistes. On voit que le don est moins naturel dès l’instant qu’une personne morale s’intercale entre l’artiste et le citoyen, mais aussi parce que la multiplication des instances d’une même œuvre pose un problème. Combien dois-je donner sans savoir ce que les autres ont donné pour la même œuvre et sans savoir combien d’instances ont été vendues ? Ce système industriel à créer un « star système », générateur de très grandes inégalités et basé sur l’espoir de devenir célèbre et riche. Autant la célébrité serait une quête légitime de l’artiste, autant la richesse (pécuniaire) n’est que le résultat de l’effet d’échelle du processus industriel, qui fait quelques heureux et beaucoup de malheureux, comme au Loto. Tout ce passe comme si les industries du divertissement et de la culture possédaient une planche à billets, et l’utilise quand bon leur semble.

Est ce pour autant normal pour un artiste d’avoir son existence rythmée par une forme de jeu de hasard et de fournir des revenus quasiment infinis, proportionnels aux nombres d’unités vendues, quelque soit l’effort et le travail fourni pour créer l’original ? La non-corrélation entre le travail et le revenu est la preuve de l’existence virtuelle de cette planche à billets, dans les mains des industriels.

Nous entrons maintenant dans l’ère post industrielle, avec Internet comme média principal. Certains pensent que rien ne doit changer, les industries culturelles doivent prendre le contrôle du Net pour l’adapter aux anciennes règles de l’ère industrielle. Mais on sens bien qu’il y a un problème quand une majorité, jeunesse en tête, se mets à pirater systématiquement les œuvres sur le Net. Les pirates compensent direz-vous en favorisant des performances, des concerts, des spectacles, mais tous les domaines, la littérature en particulier, ne sont pas adaptés pour des représentations publiques. En même temps, le Net est un parfait réceptacle pour un e-book, un contexte rêvé pour la publication depuis Gutemberg.

Alors, on soutient, pour narguer les multinationales du XXieme siècle que le Net reste un espace libre, non-marchand, pour que la culture se diffuse sans aucune résistance. Mais quand on pose la question de la rémunération des artistes, les réponses tournent autour de trois sources :

  • le revenu de base inconditionnel, donc considérant que l’artiste n’a pas à avoir de revenu autre que pour survivre.
  • la Contribution Créative ou autre Licence Globale, créant une institution, à coût non nul, corruptible et chargée de répartir, inéquitablement,  les recettes tirées d’une taxe.
  • le crowdfunding, forme moderne du don, peu pérenne, minoritaire par nature et généreux surtout pour les plateformes.

La guerre est même ouvertement déclarée en demandant la légalisation du partage non marchand, comme un antibiotique, qui ravagerait tout sur son passage. Tout œuvre immatérielle se retrouverait disponible gratuitement sur un serveur P2P public, sous l’œil impuissant de son créateur qui ne percevrait aucun revenu. Le peuple se révolte pour prendre la planche à billets aux industriels, intéressés uniquement par des rendements à deux chiffres, mais se soucis t-il de la source de revenu des artistes créateurs des biens immatériels ?

Il est normal que chacun soit perdu face à cette situation. Suite à une discussion par e-mail avec des personnes plus proches du milieu artistique que je ne peux l’être, il semble qu’il y aurait selon eux une volonté des créateurs à ne pas se professionnaliser, à rester amateur pour ne jamais avoir la contrainte de produire pour vivre, risquant de dénaturer leur œuvres pour les vendre. Je respecte parfaitement cette requête, mais doit elle être imposée à tous ? Il est même contradictoire, je pense, que ces mêmes personnes ventant l’amateurisme (au sens noble), ne sont pas plus critiques que cela face au « star système », fruit du capitalisme débridé !

Notre proposition de Partage Marchand impose quelques contraintes et celle qui m’a été récemment contestée est la « limitation par le créateur du revenu maximal escompté ». Il faut d’abord comprendre que le système proposé est un retour à un entrepreneuriat individuel (petite équipe), plus proche de l’artisanat que de l’industrialisation. Si on reste dans le modèle de revenu strictement proportionnel au nombre d’instances vendues, c’est comme si l’on transférait la planche à billets des mains des industriels vers celles des créateurs. Comme il n’y a plus la solidarité maintenue par l’entreprise, le revenu est encore moins limité pour les œuvres populaires; la planche à billets est bien huilée, aux frais des internautes. Parce que je pense que c’est une question d’équilibre entre les acheteur et les vendeurs, il n’est pas anormal qu’il y ait un système qui évite l’emballement. Aucun travail d’un humain ne mériterait un salaire infini, à vie pour une tâche, aussi belle soit t-elle, alors pourquoi sous prétexte que l’on touche à l’Art et que les artistes n’aiment pas voir leur acte de création comme un travail (un simple sujet à rémunération), ou encore que la notion d’utilité n’accroche pas à leur création, un revenu infini, à vie, serait légitime ?

C’est vrai que la borne supérieure de revenu dans le Partage Marchand est seulement dépendante de la popularité de l’œuvre (le nombre d’acheteurs) et non de la date de décès du créateur, après un délais arbitraire de 70 ans comme c’est le cas défini par le Droit d’Auteur. Ainsi, il n’est pas impossible qu’une œuvre passe dans le domaine public durant la vie de l’auteur. Est ce si inadmissible ? N’est ce pas une version beaucoup moins extrémiste que la demande de légalisation du partage non marchand, qui met de facto l’œuvre dans le domaine public, dès sa naissance ?

Comme je le répétais dans les précédents posts, les valeurs de prix, de remboursements ou de revenus sont continues, il n’y a pas d’effet de seuil temporel, comme pour le droit d’auteur ou seuil spatial comme pour le piratage, avec des internautes qui prennent gratuitement et d’autres qui payent le prix fort.

Le passage dans le domaine public est l’équivalent pour un bien immatériel d’une vente de l’original pour un bien matériel, dans le sens que le l’acheteur, ici un ensemble très grand d’internautes à acheté, environ un centime chacun, l’œuvre immatérielle. Le créateur à reçu la rémunération qu’il escomptait. Effectivement, comme un sculpteur vendant une création un jour, ne peux revenir voir l’acheteur pour lui dire finalement, vouloir vendre deux fois plus cher ! Ici aussi, pour un bien immatériel, quand le créateur a fixé un revenu maximum à l’œuvre, il ne peut plus changer ultérieurement ce montant. Est-ce si méprisant que de proposer une telle solution intermédiaire entre deux extrêmes qui ne pourront semble t-il jamais s’entendre….je les accuse même de s’entendre pour continuer la guerre !

On pourrait continuer comme si les spécificités du Net n’existaient pas, penser que la Terre est plate et disserter selon qu’une montagne ou un océan en formerait le bord. Est ce vraiment démocratique que de laisser les plus rusés en Informatique déjouer les pièges pour continuer à Pirater et laisser se faire prendre les moins prudents ? Est ce normal de ne proposer qu’une offre dite légale restrictive (regardons du coté de l’édition littéraire en e-book) sur un modèle industriel dépassé ?

Précisons un point important, ma proposition reste une proposition et je ne vois pas de quel droit je voudrais l’imposer aux artistes. Il est très respectable que certains veuillent fournir gratuitement leur œuvres sur le Net, s’ils peuvent se le permettre financièrement. Si d’autres entendent continuer à se faire encadrer par une entreprise, même si cette dernière ne fait plus les tâches classiques de l’ère pré-internet (impression, diffusion, comptabilité, juridique,…), fort bien, mais j’ai la prétention de croire en une troisième voie. Cependant, pour que cette solution puisse exister, il ne faut pas qu’il y ait légalisation du partage non marchand, qui rappelons le, tuerait toute source de revenu directe. De part cette exigence, il semblerait que je soit classé par Calimaq comme un ennemi car il n’accepte plus mes commentaires sur son blog. Dommage!

La critique la plus méchante que j’ai essuyé est que ce serait dégradant et insultant de parler des artistes pour en faire des faire-valoir technique d’un projet mathématique! Cet argument n’est pas démontable car c’est un point de vue, mais je tiens à le mettre en perspective avec un situation bien réelle, quotidienne et pourtant aussi mathématique; Visa, Mastercard, Paypal touchent tous les jours des sommes astronomiques prélevées chez les commerçants (physique ou sur le Net), sous prétexte qu’ils rendent un service de paiement numérique. Mais personne ne semble s’insurger que le passage au numérique ne soit pas gratuit, comme l’a toujours été l’utilisation des billets de banques. C’est d’autant plus surprenant que le Net est construit sur un protocole qui permet le partage des coûts de gestion du réseau, sans tarification au débit ou à la consommation ! Alors que la majorité des services sont automatisables, automatisés, ne proposent pas une très bonne sécurité afin de vendre un service d’assurance, le paiement CD actuel instaure un paywall sur l’Internet, afin qu’il soit impossible/couteux de se payer directement entre particuliers, sans passer par un intermédiaire. Les artistes sont d’autant plus vulnérables aux caprices de ces multinationales dès l’instant qu’ils voudraient s’auto-produire, afin de se rapprocher de leur public. Que les mathématiques (niveau 1ere) du Partage Marchand puissent un jour supplanter des mathématiques (niveau CM2) du commerce de bien matériel, pour permettre à un système plus démocratique d’exister, je ne vois absolument pas en quoi ce serait dégradant.

Je ne cherche pas à parquer les artistes dans un système autre que celui de monsieur tout-le-monde, je fais simplement le constat que dans les biens immatériels du Net, tous les résultats de la recherche ou ceux à des fins d’éducation devraient bien évidemment être gratuits, libre d’accès pour tout internaute parce que leurs auteurs sont rémunérés par des institutions publiques ou privées, au terme de concours, sélections par des pairs, canons scientifiques reconnus, tandis que dans le domaine culturel, le seul juge de la qualité d’un artiste reste le peuple. Finalement, l’acte d’achat est le meilleur indicateur de satisfaction d’un public vis à vis une œuvre immatérielle (les ‘j’aime’ ou ‘j’aime pas’ ne sont pas valides sans une identité numérique associée, ni restriction d’utilisation). Parce que l’Art a comme la science le besoin de diffusion la plus étendue possible, Internet lui offre cette possibilité divine. Je pense même que dans certains domaines encore actuellement matériels, comme la sculpture, on puisse dans quelques années avec les progrès de techniques de « scanning » 3D, permettre au sculpteur de conserver l’original chez lui, et de « vendre » sur le net le fichier qui reproduit la forme 3D, permettant à chacun de se fabriquer une instance de l’œuvre avec une imprimante 3D perfectionnée. La sculpture aura alors rejoint la littérature. Qui se préoccupe aujourd’hui de savoir en lisant un beau texte où se trouve l’original papier, s’il existe (!).

Donc pour résumer, Internet permet de rapprocher l’artiste du public, de réduire les couts intermédiaires donc ne proposer que des prix très bas et un revenu élevé pour le créateur, simplement par la magie du nombre potentiellement infini d’internautes. Le réseau permet de ne pas déposséder l’artiste de son œuvre, et de lui donner la possibilité de vivre de son art s’il le désire et si son public est assez nombreux. Je n’ai aucun intérêt personnel à dire cela, n’étant pas moi même artiste, juste chercheur de l’Internet.

Un milliard d’euros par mois de retard !

J’ai reçu hier soir un retour fort intéressant sur la monnaie ⊔:

http://www.clubdesgrincheux.fr/la-monnaie-cup-monnaie-de-singe-ou-vraie-bonne-idee/

…car Antony a une culture plutôt littéraire et pointe les détails que j’avais mal ou peu expliqués, donc c’est l’occasion de revoir cela.

J’ai d’abord remarqué une incompréhension majeure du modèle sur un point fondamental : Contrairement à l’interprétation qu’en fait Antony, toutes les valeurs sont continues, que ce soit sur le prix, le revenu ou le remboursement, tout varie très doucement, sans à-coups. Le passage dans le domaine public n’est pas un seuil. Avec une précision de 2 chiffres, on passe d’un prix de 1 centime de ⊔ à zéro. Ce n’est pas du crowdfunding! Il n’y a aucune condition à passer dans le domaine public pour toucher un remboursement. Le prix payé par chaque nouvel acheteur est réparti entre le vendeur et l’ensemble des précédents acheteurs, sous la forme d’un micro remboursement, automatique, de telle façon que chacun ait payé le même montant. C’est donc très égalitaire entre consommateurs.

Maintenant, Antony avance que l’auteur (les auteurs dans le cas d’une œuvre collective) serait exclu du cercle ou que les acheteurs auraient sur lui une position dominante.

Il faut se rappeler le contexte actuel avec les deux systèmes dictatoriaux suivants:

  • D’un coté le piratage des œuvres fourni un accès gratuit à la culture numérique pour le peuple, mais exclu de fait l’auteur, qui ne touche aucun revenu direct. Parler de « partage » est abusif car c’est un partage entre i-voleurs. C’est la dictature de la gratuité, avec d’énormes ravages si elle venait à être légalisée. Quant à une éventuelle compensation par une Contribution Créative, ce serait une dictature d’une administration centralisée.
  • De l’autre, un système de vente classique, au prix fort, avec de nombreux intermédiaires prenant tous leur propre commission, une sortie dans le domaine publique au moins 70 ans après la mort de l’auteur. Ce système entretient un « star système » et l’illusion de faire fortune tout en paupérisant la majorité des artistes. Les revenus sont proportionnels au nombres d’acheteurs et la variabilité est un argument pour justifier l’existence de l’industrie culturelle, composée d’investisseurs, qui ne sont pas parti prenante dans le création artistique. C’est une dictature des intermédiaires.

Dans un cas comme dans l’autre, les auteurs sont malmenés, donc il n’est pas très difficile de prouver que notre système est meilleur pour satisfaire des principes démocratiques, mais est-il optimal ?

Antony semble regretter qu’il ne persiste pas un système de revenu de l’auteur plus ou moins proportionnel à la popularité de l’œuvre, comme si l’éventualité d’un revenu infini (très très élevé) était partie intégrante de la création numérique. C’est à mon sens équivalent au raisonnement d’ultra-libéraux pour supprimer l’impôt, pensant que le marché est le seul régulateur pour récompenser le mérite des travailleurs. Reprenons à zéro, un artiste passe un certain temps à produire une œuvre immatérielle. Il peut raisonnablement calculer son revenu minimal, lui permettant de toucher de 1000 à 3000€/mois, en intégrant les périodes de non production. S’il fixe par exemple à 10 fois ce prix comme revenu escompté, il a de très forte chance de toucher un revenu pour sur-vivre et si sa popularité devient inespérée, il touchera 10 fois plus….à plus de 10.000€/mois, je ne vois pas de quoi se plaindre. Effectivement, il s’est fixé librement un plafond, mais son revenu est quand même dépendant de sa popularité; si sa production n’est vraiment pas de bonne qualité, il de fortes chance de ne pas avoir assez pour en vivre.

De plus, avec le numérique, comme le public est bien plus large, potentiellement la Terre entière, si le revenu reste proportionnel au nombre d’acheteur, il y a un risque fort de revenu indécemment élevé pour les œuvres les plus populaires. Les intermédiaires classiques jouaient le rôle de résistance, pour absorber les surplus, mais si l’auteur est directement en contact avec les acheteurs par le Net, il y a un risque de divergence, exactement comme un circuit RLC sans résistance (voir notions d’électricité, d’hydraulique ou de mécanique sur les systèmes oscillants!).

On voit donc que tout est affaire de modération, de compromis. Il faut bannir les mirages du star système; une star touche des millions à ne plus savoir qu’en faire pour maintenir l’espoir à des milliers d’artistes précarisés, et surtout convaincre tout le monde qu’il ne puisse pas exister d’autre système. Les sociétés démocratiques ont inventé une forme de solidarité entre citoyens au travers de l’impôt progressif, mais on peut aussi envisager une forme de solidarité entre un vendeur (le créateur) et des acheteurs (les consommateurs) par la concession de ne jamais gagner plus que le revenu maximal escompté. La transparence est fondamentale dans cette affaire, car pour un bien immatériel, le prix que je consens à payer est fonction du revenu touché par l’artiste; voir par exemple le réflexe de ne pas pirater un jeune artiste prometteur et inversement d’i-voler une star arrogante et gavée. Il n’est pas étonnant que des systèmes de crowdfunding se développent en réaction, pour demander plus de transparence sur les revenus, mais alors que le crowdfunding est basé sur le don, donc obligatoirement minoritaire (voir les études économiques sur ce sujet), notre système n’est pas un système de don. C’est bien l’auteur qui fixe les prix des œuvres, libérant l’acheteur d’une dette morale et aussi résolvant la problématique d’équité des dons.

Pourquoi limiter le revenu maximal escompté ? Parce que mathématiquement, cette contrainte permet de satisfaire la règle que le prix décroit constamment, doucement vers zéro. et donc qu’il y a une sortie naturelle dans le domaine public. C’est équivalent à dire que le public, le peuple, s’est offert telle œuvre.

Je voudrais bien dire que c’est uniquement le public qui devrait fixer le montant du revenu de chaque artiste, mais concrètement, comment fait-on cela démocratiquement ? Il me semble que ma proposition est équilibrée dans le sens que l’artiste donne une proposition de revenu maximale et que le public y répond en aimant ou pas l’œuvre. Oui, un artiste ne doit pas se sous-évaluer puis le regretter dans quelques années, mais avec notre système, il persiste une forme d’équilibre de l’offre et de la demande; si l’auteur est trop gourmand, il risque de ne pas bien vendre ses productions. Rendez-vous compte que certains artistes en sont actuellement à se persuader qu’il faut mettre leur œuvres gratuitement sur l’Internet, car c’est ainsi, c’est l’avenir, cela les fera connaitre et avec un peu de chance, on leur donnera une pièce dans quelques années ! Quelle honte pour la société d’en être arrivée là à l’ère du numérique!

On oublie souvent de voir que le numérique (Internet) apporte à l’Art ce que ce dernier à toujours rêvé; la capacité de toucher tous les Terriens, sans frais additionnel (cout marginal nul). Enfin l’Art peut se détacher du Luxe, du snobisme des soit disant « amateurs ». Faudrait-il que ce formidable progrès s’accompagne d’une régression sur la rémunération, à savoir une généralisation au numérique de « la manche », sous prétexte que c’est le sort des artistes depuis toujours. La garantie de l’indépendance, de la libre expression des artistes passe par l’éviction des intermédiaires, parasites du XX siècle, de l’ère prè-numérique, mais en aucun cas elle passe par la paupérisation des artistes. Ouvrons des salles de torture si la qualité de œuvres est fonction de la souffrance et du malheur des créateurs! Comprenez bien le décalage entre une situation actuelle abjecte sur le plan démocratique et une proposition qui peut avoir quelques défauts ou contraintes comme celle de demander à l’auteur de prévoir un revenu maximal, mais qui reste beaucoup, beaucoup plus démocratique que la dictature de la gratuité ou la dictature des intermédiaires. Nous somme surement aveuglés par des pratiques millénaires alors que le Net n’a que quelques années d’existence.

Un système qui permet aux artistes de vivre de leur art, sans pour autant gaver une minorité, système équitable dans la répartition décidée uniquement par le peuple, ce système devrait non seulement rendre plus heureux les artistes eux même, mais susciter une plus grande quantité et une plus grande qualité des productions, pouvant absorber de plus en plus de richesse donc créer in extenso de nouveaux marchés. Ces artistes ainsi professionnalisés libèrent des « métiers à la con » pour des gens moins doués et soulagent l’inexorable rareté des « jobs », dans une société de plus en plus rentable à produire automatiquement des biens matériels à très grande échelle.

J’estime à un milliard d’euro par mois, la richesse produite supplémentaire, certains parlerait de croissance, par la simple adoption de la monnaie ⊔ et du système associé sur l’Internet. Je me trompe peut être, et 10 Md€ serait surement plus juste. Malheureusement, il est difficile de faire une modélisation précise, tant l’adoption à un caractère viral dont la vitesse de propagation n’est pas connue.

Je concède que mon système enlève dans l’esprit des artistes une part de rêve et d’espoir sur le plan pécunier, mais je croyais que justement les artistes avaient la hauteur d’esprit de se libérer de l’attrait de l’argent pour l’argent. Pourquoi joueraient-ils au loto avec leur métier ? Inversement, ils pourront être adulé par leur public non pas pour leur portefeuille mais pour leur talent, n’est pas pas la plus belle reconnaissance ?