De l’argent super liquide pour un début de revenu de base

Le projet eurofranc 2015 est la mise à disposition à 50 Millions de citoyens d’une monnaie entièrement numérique et dont la masse monétaire est exclusivement répartie équitablement. Il n’y a pas de banque centrale possédant une « planche à billets » qui alimenterait des banques privées. Coté usagé, un simple téléphone portable (connectable au Net) remplace les billets, pièces, chèques et cartes bleues, avec multiples avantages :

By Nicholas Gemini (Own work) [CC-BY-SA-3.0]

  • Les pièces et les billets sont couteux à produire, il faut les changer régulièrement, leur fiabilité est toute relative car les faussaires sont de mieux en mieux équipés.
  • Un chèque papier coute environ 0.8€ à son traitement, et les français en font chacun plus de 50 par an !
  • L’usager doit avoir un stock de monnaie, lourd, pas toujours au bon endroit, d’un montant trop élevé ou au contraire, pas assez élevé.
  • Les commerçant doivent rendre la monnaie, toucher des pièces (peu hygiénique !)
  • Les distributeurs de billets coutent très cher d’entretien pour les banques, qui le re-facturent d’une façon ou d’une autre aux usagers. Les convoyages de fond ont des assurances coutant de plus en plus cher.
  • Les distributeurs ne sont pas toujours au bon endroit, à la campagne, en montagne, et fournis en billets, gratuits si ce n’est pas la bonne banque, alors que la couverture sur le territoire GSM du téléphone est presque totale.
  • Il est bien connu que les pièces et les billets se perdent et se font volés.
  • Pièces et billets thésaurisés ne répondent pas au besoin d’argent pour les échanges économiques. C’est de l’argent mort.
  • La carte bleue est rarement gratuite pour l’usager et toujours très couteuse pour le commerçant. Toutes les transactions VISA/Mastercard/Paypal sont tributaires de sociétés privées américaines, même pour acheter votre pain dans votre village.
  • La sécurité des cartes bleue est d’une technologie très ancienne et très peu pratique pour acheter sur Internet. Les SMS de code envoyés rajoutent des contraintes utilisateurs inutiles.
  • Les cartes bleues étant adossées à des comptes pouvant être débiteurs, les banques tirent des bénéfices en agios et divers frais. Il n’y a aucune barrière pour se retrouver interdit bancaire et fiché à la Banque de France. Les plus faibles sont les premières victimes.

A quoi nous sert l’argent dit liquide ?

Le liquide à par définition une très forte disponibilité. Il est utilisé pour acheter les biens quotidiens courants, jamais pour spéculer ni pour acheter une maison, ni même (cas normal !) une voiture. Aucun intérêt ne peut être gagné, et donc en période d’inflation, le liquide perd de la valeur dans le temps, il faut s’en débarrasser et avoir un solde de compte le plus bas possible. Autre conséquence, il lubrifie l’économie réelle, de personnes à personnes (LeBonCoin) et souvent locale (Artisanat).

Nous remarquons que l’argent liquide est véritablement celui que l’on désire pour un revenu de base. La version numérique corrige les défauts des pièces et billets, chèque et carte bleu.

Mais revenons sur l’idée du Revenu de Base que nous aimerions voir généralisé à l’Europe. Si ce revenu est réglé en Euro, alors il n’y a aucune barrière à ce qu’il soit utilisé pour spéculer, pour épargner…il n’y a alors strictement aucune différence avec les euros touchés par un salaire. L’écologie, les circuits courts, l’artisanat, ne sont en rien avantagés. Il y a de plus opposition directe à la prérogative de la BCE de créer elle seule de la masse monétaire. Une telle révolution demandera l’adhésion du Parlement européen et de la Commission Européenne. Sous la pression des lobbys financiers, il est fort à parier que le projet est perdu d’avance ou repoussé après 2030.

Si au contraire, on distingue l’euro possiblement spéculatif (de la BCE) et une autre monnaie (monnaie libre) dont la construction empêche toute spéculation, alors ni la BCE ni les instances européennes ne peuvent s’y opposer.

Il faut choisir la bonne granularité pour une telle monnaie complémentaire et il faut que la communauté choisie est en commun une politique, une fiscalité et un statut démocratique cohérent. La nation semble être le bon niveau, mais absolument pas pour des arguments nationalistes, patriotiques, culturels, historiques.

Trop petit, un sel, une monnaie locale est exclusive de ses voisins qui pourtant ont les mêmes règles économiques, fiscales, éducatives,…

L’Eurofranc ne favorise t-il pas un protectionnisme ?

L’enjeu est d’abord de se protéger des joueurs de Casino que sont les traideurs des banques. leur montrer qu’une monnaie moderne et (encore plus) démocratique peut générer de la croissance sans leur intervention. Comme le dit la proposition du parti Nouvelle Donne, les fournisseurs étrangers pourront toujours être payé en Euro, moyennant une légère taxe de conversion Eurofranc vers Euro. Donc, en conséquence, il y a un léger favoritisme à des échanges nationaux, mais ce n’est pas le premier objectif. Si les pays voisins de la France adoptent eux aussi leur monnaie complémentaire avec un montant de Revenu de Base correspondant à leur économie, il n’est pas exclu qu’une convertibilité numérique soit possible à terme. Quand les niveaux de vie européens seront comparables, alors la généralisation à l’Europe sera évidente, mais en attendant, par pragmatisme, ne faut-il pas mieux réussir une monnaie complémentaire proposant un début de revenu de Base pour seulement 50 Millions de citoyens ?

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Rappelons que l’Eurofranc de l’association du même nom n’est financé ni par l’impôt, ni par la TVA, ni par les marchés financiers. Elle diffère donc de la proposition du parti Force Vie. Le Parti Pirate et EELV ne semblent pas se prononcer sur le mode de financement du Revenu de base, on est donc encore en phase exploratoire !

Puisque le montant versé en Eurofranc est relativement modeste (150€f fin 2015) et progressif, il ne devrait pas engendrer d’inflation et il devrait servir surtout d’argent liquide, par exemple pour acheter des fruits et des légumes bio et de pas détériorer notre encore bonne alimentation. Il n’y aurait pas non plus de risque d’exploitation à ne pas payer ou à moins payer les travailleurs. Si l’on suit la logique de certains partis comme le PartiPirate, un revenu de base justifierait que la société ne paye pas les artistes qui produisent en numérique, sous prétexte que la copie (le piratage) ne peut être empêchée. Nous avons montré avec le Partage Marchand qu’une nouvelle économie numérique pouvait être génératrice de croissance écologique, de progrès social, de temps libre, mais qu’il ne fallait surtout pas légaliser le partage non marchand. Certains prônent même une baisse des salaires pour justifier un revenu de base. Ce serait un retour brutal et très fortement inégalitaire à une économie uniquement basée sur le patrimoine, la rente et donc l’héritage. S’il y a bien une avancée démocratique à protéger, c’est bien le droit à un travail rémunérateur, fonction de son mérite, son effort, ses compétences et pas de la situation accumulée par PapaMaman. Le Revenu de Base voulu par certains ‘penseurs’ du « changement de paradigme » cache en fait une régression démocratique des plus sévères. Aussi, dans l’association EuroFranc, nous entendons instaurer un début de revenu de base pour dynamiser l’économie, mais sans donner des arguments aux employeurs pour baisser les salaires, voire pour demander des travailleurs gratuits comme l’envisagent certains extrémistes du revenu de base à plus de 700€. Le comble est qu’en supprimant un RSA et diverses prestations familiales, un tel RdB favoriserait les plus riches, car il est par définition inconditionnel.

A l’heure du numérique, il faut réaffirmer qu’un bien immatériel, qu’autrui peut copier facilement, doit être protégé (Partage Marchand) de la dictature de la gratuité car il est le fruit d’un travail réel et légitime d’un individu. Le reconnaitre et bien payer les artistes au XXIe siècle serait une bonne marque de progrès démocratique, alors NON à la « manche numérique », un artiste doit pourvoir toucher plus qu’un revenu de base.

Revenons à notre monnaie numérique.

Si je perds ou me fait volé mon téléphone portable !

J’ai longuement réfléchi au problème pour aboutir à la conclusion simple suivante: L’usager se crée localement une transaction (un chèque numérique en fait), qui n’est pas envoyée sur le Net (pas encaissée), vers une i-bank de son choix et d’un montant correspondant au maximum pouvant être mis sur son compte. Ce petit fichier est à garder chez soi.

Si je constate qu’on m’a volé mon téléphone, alors il suffit d’envoyer le fichier sur le Net (un site web assurera cela). Le compte ainsi vidé ne servira à rien pour le voleur. On peut alors créer un nouveau compte avec son nouveau téléphone et demander à l’i-bank de rétablir la somme virée. Si ce compte était un compte principal (unique), validé par l’administration pour recevoir le RdD, alors il sera nécessaire de retourner voir les services de la Mairie pour associer son identité au nouveau compte pour que le revenu ne soit pas versé sur le compte du téléphone volé, en supposant que voleur arrive à casser le mot de passe du chiffrage AES256. Le système informatique assure l’unicité; aucun individu déclaré ne peut avoir deux comptes principaux recevant un RdB. Enfin, si aucun chèque numérique n’a été généré, le solde sur le compte est effectivement bloqué et perdu à jamais ! C’est la contrepartie d’avoir un système basé sur la responsabilité du citoyen et non sur une administration centrale corruptible. Même la NSA ne pourra pas récupérer cet argent. Ne n’est en fait qu’une micro somme de la masse monétaire qui ne serait en fait pas utilisée, donc comme si elle n’avait jamais été créée; aucune incidence économique.

J’évoquerai dans un autre billet un attribut très pratique; l’âge du citoyen, pour verser un revenu potentiellement différentiateur en fonction de l’âge, et pourquoi pas, commencer à verser un petit revenu de base aux enfants ou favoriser une tranche d’âge pour rétro-agir sur les données de l’INSEE …faire de la vrai politique économique !

LF

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Rejoignez l’association Eurofranc !

logoJe lance aujourd’hui un appel à créer une association citoyenne dont le but est la promotion de l’Eurofranc pour une mise en oeuvre au plus tôt (indépendamment des résultats de l’élection européenne 🙂 ), numérique, gratuite, sécurisée et démocratique.

eurofranc

La justification économique est résumée dans la proposition du parti politique Nouvelle Donne pour les élections européennes du 25 Mai 2014. Attention, il ne s’agit pas d’en finir avec l’Euro, mais bien de soutenir l’économie réelle en France, et de laisser nos voisins faire de même.

L’association sera indépendante des partis politiques, mais pourra accepter de tels partis comme membres. Il faudra analyser les propositions en détail pour déceler les seules intentions repoussées à 2025, celles demandant un accord de consensus européen et les éventuels faux amis nationalistes !

L’objectif principal est de fournir un Eurofranc aux citoyens vivant en France pour le 1er Janvier 2015. Sachant l’inertie des institutions nationales et européennes, ainsi que de la Banque de France, il n’y a nous semble t-il qu’un moyen pour atteindre cet objectif de disponibilité et de délai pour environ 50 Millions d’habitants :

Créer une crypto-monnaie en Eurofranc, utilisable avec n’importe quel téléphone (smartphone). Je suis chercheur et associé à des laboratoires, en particulier de INRIA pour assurer la sécurité cryptographique et informatique du système.

Nous proposerons aussi une augmentation progressive du montant alloué en commençant à 1€f début 2015. Le gouvernement pourra alors changer en quelques jours ce montant en fonction de sa politique économique désirée si toute l’infrastructure est déjà en place pour assurer de payer un et un seul revenu par mois à chaque citoyen. Un mécanisme incitatif sera proposé pour n’oublier personne. La participation des élus locaux sera nécessaire pour vérifier l’unicité. Le critère d’âge (16, 18, 20, 25 ans) sera modifiable. Les commerçants, en particulier les petits et locaux, seront les grands gagnants de cette mesure car aucune commission bancaire ne leur est prise.

Sont exclus du concept Eurofranc des propositions financées par une source classique (impôt, crédit,…) sur l’Euro ou sur les marchés financiers. Afin de respecter les principes du Revenu de Base inconditionnel, la création monétaire de l’Eurofranc sera toujours équitablement distribuée entre citoyens. Aucune personne morale ne pourra toucher un tel revenu.

Enfin, par construction, l’Eurofranc ne permettra pas de spéculer ni même de gagner, de verser des intérêts ou d’acheter des produits financiers ou immobiliers. Une banque classique privée ne pourra pas tenir chez elle de compte en Eurofranc ni y adosser une CarteBleue VISA/Mastercard. Toutes les transactions seront publiques, vérifiables et distribuées sur Internet, mais un anonymat sera garanti.

Concrètement, l’association a besoin de constituer un bureau (président, trésorier, secrétaire), fixer un montant de l’adhésion (je propose une adhésion libre de 1€/citoyen 100€/personne morale), rédiger des statuts pour que l’Eurofranc en place respecte et fasse respecter les principes démocratiques. Par contre, nous n’attendrons pas de résultats venant des urnes, ni des promesses de soutien des politiques pour réaliser l’Eurofranc. Nous sommes des citoyens de terrain, proposant un outil sur Internet. Si cela satisfait un besoin citoyen, ce que nous croyons, alors l’Eurofranc sera vite adopté, sans aucun coût publicitaire.

Tout se passera par le Net, il faudra tenir à jour le site web http://eurofranc.fr, gérer le compte Twitter @euro_franc, créer une page Wikipedia Eurofranc, peut être créer des goodies et demander un petit financement participatif pour aider au développement des applications iOs/Android. Toutes les bonnes volontés sont acceptées, pas besoin d’être professeur d’économie. Nous serrions néanmoins honorés du soutien et du conseil d’économistes renommés.

Rejoignez nous au plus vite si vous voulez soutenir ou participer à cette association, bien entendu non lucrative !

Je reste à l’écoute de vos suggestions…à bientôt !

Laurent Fournier

laurent.fournier <AT> cupfoundation.net

L’Euro-franc sans attendre

Info: ouverture prochaine du compte @euro_franc et du domaine http://eurofranc.fr Cherche aide graphiste pour un logo « Eurofranc », avec un grand ‘€’ et un petit ‘f’. Merci de créer une page Wikipedia Eurofranc à ma place.

Pour tout partisan du Revenu de Base, la proposition du parti Nouvelle Donne pour les élections européenne est une belle opportunité. Bien entendu, le montant annoncé de 150 €f ne constitue pas un revenu complet, mais le plus important est qu’il soit financé sur la création monétaire, prérogative actuelle de la BCE.

nouvelledonneCette proposition est plus réaliste que d’autres initiatives de monnaies libres car portée par un vrai parti politique, qui diffuse ses idées très largement dans la population, mais aussi peu réaliste pour la simple raison que ce parti n’aura vraisemblablement pas la majorité au parlement européen, surtout pour mettre en place une mesure, que les lobbys de la finance ne vont pas tarder à taxer de nationaliste.

eurofranc

Il faut bien comprendre que l’Eurofranc (€f) n’est pas préjudiciable à l’Europe et à l’objectif long terme d’une Europe Fédérale qui serait démocratiquement prépondérante par rapport aux nations, mais qu’en même temps, une telle mesure est très fortement incitative à faire de même dans chacun des pays de l’union. Si la France s’autorise une partie de création monétaire sans demander l’aval de la BCE, alors les autres pays voudront inévitablement profiter du même avantage économique pour leur population.

Le point faible de la proposition de NouvelleDonne est d’attendre une décision de nos instances dirigeantes, même démocratiquement élues, pour ordonner par loi ou par décret, après l’aval du Parlement, du Sénat, et du Conseil Constitutionnel, que la Banque de France crée la masse monétaire décidée en €f et la crédite équitablement sur le compte de tous les français majeurs, ceci sans compter les obstacles juridiques que l’Europe pourrait avancer pour empêcher une telle initiative individualiste d’un de ses membres.

De plus, une telle mesure n’est pas financièrement indolore si elle est mise en place avec des moyens « classiques ». Explications :

La Banque de France fera sûrement valoir qu’une monnaie nationale officielle devrait avoir une forme corporelle, et donc qu’il faudra émettre des pièces et imprimer des billets pour cette monnaie. Cela impliquerait des coûts pour la collectivité (0.14€ par billet !) et de très nombreux aménagements des distributeurs de billets (multi-devises) et des caisses. Il est fort à parier que les banques de détails privées coopèreront entre elles pour exiger une commission maximum pour ce service, désirant aussi prendre une part dans ce nouveau gâteau. Il n’est pas impensable que les commerçants eux aussi justifient une augmentation de leur prix par des frais supplémentaires liés à la simple gestion d’une double-monnaie.

Même dans le cas où l’€f n’aurait pas de forme corporelle, la méthode classique passerait par une carte bleue dédiée, qui ferait certes le bonheur de multinationales comme Gemalto, et ne ferait que confirmer le Hold-up planétaire de VISA/Mastercard/PayPal, se prenant une commission (le GIE CB récoltant des miettes) sur des échanges uniquement Franco-français, le comble ! La NSA pourrait bloquer un compte en €f.

Il faudrait aussi mettre en place une nouvelle administration, à l’image de l’URSSAF, avec un statut semi-public contestable, pour vérifier qu’il n’y ait pas de citoyen oublié et surtout pour traquer la fraude à la multiple déclaration des petits malins qui voudraient toucher plusieurs revenus de base, et ainsi discréditer tout le système.

On me rétorquera que les frais de gestion de l’€f peuvent très bien être pris en charge sur la masse monétaire créée (84 Md€/an). C’est vrai, mais ce serait dommage de ne pas profiter des énormes économies que peut apporter Internet dans ce domaine. Plus que le coût d’une telle usine à gaz, c’est le principe même de mise en place nationale par le gouvernement qui me parait illusoire. NouvelleDonne ne me semble pas encore assez influent pour faire adopter d’ici 2017 par le gouvernement socialiste une telle mesure qui révolutionne les échanges commerciaux, car il n’existe dans aucun pays, en 2014, un revenu de base à l’échelle de la nation. Il faut se rappeler les difficultés de l’initiative citoyenne en 2013 sur le Revenu de Base, simplement pour obliger les députés à discuter de cette notion au parlement européen et à la commission européenne. Ce n’est pas demain la veille que la BCE cèdera une partie de sa prérogative de création monétaire.

Il existe des propositions de monnaies libres, mais si elles respectent scrupuleusement les principes de la TRM, il n’y a aucune chance qu’elles soient adoptées par le citoyen lambda, car trop théorique. On ne peux ignorer l’Histoire et donc il faut passer par une phase transitoire où une partie seulement de la masse monétaire est équitablement répartie entre citoyens et l’autre partie est conservée par la Banque centrale. Refuser ce compromis, comme le fait Stéphane Laborde empêche tout développement de la monnaie libre à grande échelle.

De plus, même les expérimentations concrètes comme MonnaieM, qui désire lancer un site similaire à LeBonCoin avec cette monnaie sans imposer de parité avec l’euro est vouée à l’échec. Soit les produits proposés sont vraiment des déchés qui ne valent même pas la peine d’être proposés sur LeBonCoin,  soit les échanges resteront limités à quelques dizaines de militants du concept de monnaie relativiste. De plus, MonnaieM, OpenUDC,  ou uCoin souffrent du problème inévitable que les premiers entrants restent favorisés par rapport aux derniers entrants, dans une moindre mesure qu’avec le minage Bitcoin, mais cette injustice persiste malheureusement. Sans taux de change en €, il est inévitable que passé une certaine taille, une place de marché s’établisse sur le Net avec un taux de change complètement fluctuant, ce qui attire les spéculateurs comme sur un pot de miel afin de gagner sur des transactions entre la monnaie libre et les monnaies officielles.

A quoi cela servirait d’avoir une monnaie libre si elle est le terrain de jeu des spéculateurs les plus virulents ?

C’est ce qui se passe pour Bitcoin, qui n’est de surcroit pas libre, mais cela n’empêche pas de laisser auditionner par nos député les promoteurs de Bitcoin comme moyen de paiement quotidien pour tous les Français, au nom d’une certaine innovation. Nos chers députés et sénateurs ferait mieux d’écouter les chercheurs des laboratoires s’ils ne maitrisent pas certains sujets du Numérique. Il faut être clair sur ce point; sachant que la création monétaire de Bitcoin est de type Ponzi, même si le minage rééquilibre légèrement les pouvoirs, il est impossible en 2014 pour un particulier de prétendre à quelques Bitcoins minés. Il y a donc une opération globale de blanchiment de cette masse monétaire au profit d’une minorité, en rien légitime ! Ce processus n’a rien de démocratique et il y a selon moi, représente une parfaite similitude entre les producteurs de drogue et les mineurs de Bitcoin. Dans ce cas, une entreprise comme Paymium n’est pas autre chose qu’un « dealer » de drogue.  Sous couvert de proposer un service de paiement pratique par téléphone, cette ‘start-up’ prend des commissions sur le taux de change pour son propre business et pour alimenter la spéculation mondiale sur cette matière première Bitcoin. Son effet sur le porte monnaie du citoyen est aussi néfaste qu’une drogue l’est sur la santé du même citoyen. L’argument de transparence et d’usage de logiciel open-source ne change rien. Les citoyens sont aussi clairement informés des méfaits de la drogue et les autorités ont néanmoins pénalisé leurs production et leurs distribution. Il ne s’agit pas de mettre de l’huile sur le feu, mais le gouvernement et le cabinet d’Axelle Lemaire devrait s’inquiéter et proposer sans attendre une alternative démocratique de moyen de paiement numérique en P2P, au risque de voir cette drogue Bitcoin et d’autres crypto-monnaies encore moins équitables, blanchies et imposées par une minorité à la population.

La question qui vient maintenant à l’esprit est: Existe t-il un moyen de déployer l’€f sans attendre l’aval National (injonction à la Banque De France) et encore moins Européen, tout en restant dans un processus démocratique (éviter les travers de type Bitcoin) ?

repport

La réponse est clairement OUI, et cela ne sera possible que par les avancées récentes de technologies liées au Net (Cryptographie, Réseau P2P,…). Je ne suis pas un partisan systématique de plus de technologies pour faire branché, jeune, innovant ou pour monter une start-up qui décrocherait la timbale afin que je puisse rouler en Porsche. Je ne suis que chercheur en informatique et seulement intéressé par les mécanismes monétaires/économique à l’ère du Numérique. Voir ma contribution sur le Partage Marchand, qui concerne les biens immatériels.

L’idée fondatrice est qu’Internet est disponible à tout un chacun gratuitement et (si possible) sans contrainte. C’est donc l’occasion unique dans l’Histoire d’en faire le vrai moyen de paiement (gratuit, OpenSource, P2P, simple, sécurisé) des échanges commerciaux, sans aucun intermédiaire financier.

Comment ceci pourrait se mettre en place pour l’€f proposé par NouvelleDonne ?

Les principes sont très similaires au ceux du projet de revenu jeune. Chaque citoyen pouvant prétendre à un revenu en €f peut créer gratuitement en téléchargeant une application iOs/Android un ou plusieurs comptes. Tous les transactions sont stockées publiquement sur Internet, de façon distribuée (voir DHT). Les comptes ont initialement un solde nul. Ce système implique donc de disposer d’un téléphone (smartphone) avec accès au Net ou d’une tablette (minimum Wifi). Cet appareil sert d’authentification forte et donc c’est une base maîtresse de la sécurité globale su système. Ce choix permet que chaque citoyen choisisse lui même ses clés numériques, en mode déconnecté du Net, de la même façon qu’un adolescent se choisirait une signature manuscrite. Ni l’administration française, ni la NSA, ni votre voisin ne peuvent avoir accès au compte crée par chaque citoyen (Il existe bien entendu une procédure pour récupérer l’argent en cas de perte de téléphone et de mot de passe mais ce serait un peu technique à expliquer dans ce billet introductif). Il n’y a aucun frais à faire fabriquer 40 millions de cartes à puces pour une sécurité toute moyenne et la possibilité de bloquer une transaction (alors qu’on ne peut empêcher quiconque de payer en liquide). Une minorité de la population ne disposant pas de téléphone ou n’ayant pas la capacité (vieillesse, handicap) de gérer un compte entièrement numérique ne doivent pas être oubliés et des représentants légaux proches devront être désignés, mais je n’ai pas d’inquiétude en particulier vis à vis des jeunes générations sur la contrainte de disposer d’un téléphone, tellement cela constitue une extension naturelle de leur bras (Petite Poucette). On doit pouvoir créer plusieurs compte simplement pour assurer un anonymat; impossible de distinguer si une transaction s’effectue entre deux comptes d’une même personnes ou entre personnes différentes.

Quand on veut mettre en place un revenu de base, par exemple en €f, se pose le problème technique qu’il ne faut surtout pas négliger la contrainte d’unicité des comptes. Pour cela, chaque citoyen disposant de plusieurs comptes numérique devra en choisir un, appelé compte principal ou compte public, ou compte revenu de base. Il devra aller voir physiquement un représentant de l’administration française, par exemple en Mairie. Si les critères pour prétendre au revenu en €f sont valides (age, nationalité, droit de séjour, …) alors le Maire signera électroniquement une chaîne de caractère contenant l’identifiant du compte principal du citoyen, un identifiant d’un i-bank (voir plus loin) et un ensemble d’attributs vérifiés (présentation physique avec pièces d’identité, livré de famille,…) qui garantisse l’unicité. Il y a sur ce point un travail d’analyse à faire car les numéros de sécurité sociale français comportent quelques doublons sur des personnes nées à 100 ans d’intervalle et il n’y a pas de vérification très poussée à empêcher un citoyen de disposer de plusieurs cartes d’identité française (plusieurs numéros), en jouant sur les dates et enfin, l’écriture unique des Nom/prénom n’est pas toujours respectée. Attention, ces données personnelles ne se retrouverait absolument pas sur le Net, seulement un « hashé« , c’est à dire que deux personnes différentes ont un haché différents (mathématiquement, c’est une probabilité de collision très proche de zéro) et la même personne produit toujours le même haché. Automatiquement, le Maire ou son mandataire ne pourrait signer qu’un seul identifiant par citoyen. Chaque citoyen peut alors vérifier sur Internet que son compte est bien admis pour toucher le revenu de base en €f.

Dans toute monnaie qui dispose d’un pouvoir de création monétaire, il y a un minimum de centralisation. Tous les comptes (pauvre ou riche, puissant ou faible) étant initialement à zéro, il faut une sorte de dérogation pour dire que tel type de compte peut être déficitaire pour un certain montant et pendant une certaine période (les comptes basiques ne pouvant pas être déficitaires par construction….pas d’agios possible pour les banques !). Ce type de compte est ce que nous appelons une i-bank (Internet-Banque). Il faut une autorité qui désigne les i-banks, et leur impose certaines conditions qui préserve les principes démocratiques du système.

Même dans le cas de Bitcoin, qui se nargue d’être décentralisé comme moyen de paiement, la création monétaire a été fortement centralisée sur le possesseur de la chaîne racine (sûrement Nick Szabo), et sur les premiers mineurs. Or ces « early adopters » ne sont ni élus démocratiquement, ni respectueux à distribuer équitablement leurs gains aux autres internautes. Ce n’est pas parce qu’en 2014, la création monétaire se tarie en Bitcoin qu’elle n’a pas été fortement inégalitaire en 2009.

Cette autorité pour les €f peut être temporairement ⊔Foundation, en charge de la sécurité numérique du système. Tout faux pas ou même le moindre bénéfice tiré par cette organisation sur le dos des citoyens la rendrait illégitime et détruirait immédiatement la confiance qu’elle est censée construire sur cette monnaie numérique. Il faudrait bien entendu que ce pouvoir soit transféré à terme à la Banque de France. A tout moment, ⊔Foundation ou par la suite la BdF pourront être audités par des commissions indépendantes en particuliers, des associations de citoyens.

Les i-banks servent de relais pour créditer tous les mois le revenu de base à un sous-ensemble de citoyens afin d’éviter qu’une seule personne ne signe 40 Millions de virements d’un seul coup. Il est à parier que les banques traditionnelles proposeront de jouer ce rôle, et même si le compte en €f ne leur rapporte rien (interdit de placer les €f), l’association avec un compte en € peut attirer de nouveaux clients. Cependant, l’autorité pourra accepter des « outsiders » pour maintenir la totale gratuité de gestion et au moins assurer que le système bancaire ne tente pas de commissionner le système en prétextant des frais de gestion de virement SEPA. Les i-banks disposent d’un montant d’argent dette en €f à distribuer tous les mois aux citoyens, ce montant est limité et valable pour une période, renouvelée par l’autorité.

NouvelleDonne propose un montant de Revenu de Base de 150 €f/mois. Je suis plus partisan d’une montée progressive de ce revenu, (commençant à 1€f et pouvant atteindre 1000€f à terme) pour trois raisons:

  • assurer la montée en charge, le passage à l’échelle avec la même sécurité et régler d’éventuelles tentatives de fraude…plus facile à résoudre si seulement 1€f/personne est en jeu.
  • laisser le temps aux derniers arrivants de créer leur compte et de le faire valider par la mairie. Bien évidemment, les retardataires seraient crédités des arriérés, mais pour éviter que la masse monétaire soient trop fluctuante, la progressivité devrait atténuer les effets, ainsi que les risques d’inflation.
  • La progressivité pourrait être indexée au nombre de comptes ouverts pour le revenu de base en €f, ainsi il y aurait une émulation dans la société à convaincre ses proches pour que le montant touché par tous augmente. Mêmes des associations pourraient y voir un intérêt à aller persuader les plus exclus à adhérer au système et les aider s’ils ne disposent pas de téléphone.

Passer par une crypto-monnaie en €f, plutôt que par le BdF a un énorme avantage que n’a pas relevé NouvelleDonne. Il n’y a aucune commission prise par VISA/Mastercard/CB/PayPal sur une transaction en €f, donc pour le commerçant et particulièrement le petite commerçant, comme le prix affiché d’un produit est le même en € ou €f, il préférera qu’on le paye en €f. Ce petit avantage serait annulé s’il a beaucoup de fournisseurs étrangers et s’il doit demander la conversion d’€f en € auprès du Trésor-Public, moyennant un petite taxe. Un commerçant local serait même tenté de refuser les € au profit des €f, mais la loi lui interdit de refuser la monnaie officielle.

Notre proposition de déploiement de l’€f est basée sur des technologies éprouvées, mais requière l’aval scientifiques de labos de recherche qui n’ont aucun intérêt pécuniaire dans l’affaire. L’association de ⊔Foundation à 5 laboratoires français pour demander une aide à l’ANR par de ce principe. Aucune commission n’est prise par quiconque sur le revenu de base. Cette règle est la contrepartie à la dérogation démocratique qui veut que l’on monte le système pour obliger nos dirigeants à l’accepter sous la pression du peuple, mais sans passer par le processus classique électoral et sans attendre la mise en marche de lourdes administrations.

Que se passe t-il si les maires et fonctionnaires locaux refusent de coopérer ? Si la demande est très forte de la population, je vois mal nos élus s’y opposer mais je pense que cela pose un nouveau problème à l’ère numérique, problème que le Conseil Constitutionnel ne pourra trop longtemps ignorer. En effet, en tant que citoyen, je devrais pouvoir exiger des pouvoirs public qu’il me garantisse l’unicité de l’identité numérique que j’ai choisi, sur la base de mon identité physique. Je devrais pouvoir être assuré que personne au monde autre que moi ne peut revendiquer la possession de mon compte principal. Cela ne veut absolument pas dire que c’est aux pouvoirs publics de générer les identités des citoyens (cartes d’identités numériques), mais au contraire, il faut laisser au citoyens, mais en retour lui assurer l’unicité. C’est la première marche à un possible (mais non sécurisé en 2014) système de vote par Internet.

On sait que la démocratie a usé dans l’Histoire de moyens pas vraiment démocratique pour s’imposer. Il est temps qu’elle fasse de même pour redonner aux citoyens la prérogative de création monétaire, même partiellement. Comme pour la loi Tobbin, c’est le principe même qui est difficile à être accepté, le montant exact d’une taxe ou d’un revenu est facilement ajustable ensuite. Rappelons qu’une monnaie libre n’a de sens que si la communauté qui y adhère est déterminée démocratiquement. Autant les monnaies locales sont des dérogations tolérées car émulatrice de petite activité économique, autant l’€f est une monnaie nationale qui doit faire adhérer tous les citoyens.

Donc, mon propos n’est pas de vous inviter à voter NouvelleDonne, même si c’est mon choix personnel pour les prochaines élections, je laisse aux militants je soin de détailler leur programme. Je pense que quelque soit les résultats des élections européennes, l’idée d’un Revenu de Base à beaucoup progressé, et grâce au soutient d’un parti politique, nous pouvons envisager de passer à la mise en œuvre forcée dès 2014. Le succès de cette mesure ne sera possible qu’avec les nouveaux moyens numériques car tout le système politique (national et européen) verrouille les moyens classiques d’usage d’une monnaie par la BdF et par le réseau bancaire traditionnel. C’est une marche du progrès qu’il faut saisir et ne pas laisser passer car des lobbying privés, on l’a constaté sur Bitcoin, sauront en faire un business sur le dos des citoyens, sans que l’État ne puisse agir. Ce petit passe droit démocratique en vaut bien le coût.

LF.

Encore un Ponzi 2.0 !

Un internaute m’a informé il y a deux jours de l’existence d’une nouvelle crypto-monnaie; le NXT, et donc je suis allé voir de quoi il en retournait. Pour les personnes qui auraient évité l’engouement du Bitcoin, je conseille la lecture de ce très bon et vieil article en introduction.

By Isokivi (Own work) [CC-BY-SA-3.0]

Il est expliqué pour cette monnaie qu’une masse monétaire de 1Milliard de NXT a été créée à l’initialisation et répartie entre seulement 73 personnes (ou comptes!). C’est exactement la même chose quand une entreprise crée des actions, des parts de société, (généralement moins qu’un milliard!), qu’elle répartit entre ses dirigeants et ses actionnaires, contre un investissement en une devise courante officielle, $, €, £,…L’action a une cote de départ, généralement fonction des fonds collectés et si l’activité de l’entreprise rassure les marchés, il y aura demande d’achat d’actions et donc envolée de la cote pour signifier que l’entreprise crée et créera potentiellement de la valeur dans l’économie. Les premiers investisseurs récupèreront leur mise avec une très substantielle marge. Si au contraire, l’activité de l’entreprise ne convainc pas les marchés, tous les propriétaires de l’action voudront vendre et la cote de l’action s’effondrera entrainant la faillite de l’entreprise et les premiers investisseurs perdent leurs mise.

Les initiateurs du projet NXT nous expliquent dans une logique très « libérale américaine » que parmi ces 73 « early adopters », certains sont des investisseurs qui ont permis au projet de naitre en payant les développements logiciels (client NXT, site Web, place de marché virtuelle). Ces investisseurs espèrent bien s’en tirer avec une petite fortune dans quelques temps, car ils ont prix un risque ! De même, les dirigeants créateurs, qui ont soit disant « amélioré » le code de Bitcoin, espèrent aussi une récompense pour leur géniale innovation !

Seulement voila ! à la différence d’une entreprise réelle de l’économie réelle, entreprise qui crée des produits ou rend des services, nous sommes dans le cas de Bitcoin ou de NXT, face à une entreprise qui ne crée RIEN, que du vent !, une curiosité mathématique. Je sais que cela ne gêne pas les instances américaines de breveter du logiciel,  mais en Europe, c’est interdit jusqu’à présent parce que derrière un logiciel, il y a simplement de la logique mathématique, et faut-il le rappeler ? Les maths ne peuvent pas se vendre, c’est un bien commun à l’Humanité. La seule récompense des découvreurs est une reconnaissance éternelle par les pairs et quelque fois par les citoyens dans le cas de formules ou d’algorithmes connus.

Dans le cas de Bitcoin, l’algorithme de Nakamoto est d’un grand intérêt scientifique car il valide le principe d’un échange sécurisé en Pair à Pair de ressources numérique finies. Il n’est jamais question de $ dans le code source C de Nakamoto. Ce dernier a eu la sagesse de vouloir répondre à la problématique de l’affectation initialement inéquitable de la masse monétaire, soit la question: « qui possède la planche à billet ?« , en imposant de faire travailler des machines en force brute. Donc le critère n’est pas: Qui a le plus d’argent ? qui est le plus connu ? qui à le plus de pouvoir ? qui est le mieux né ? qui est le plus intelligent ? ….mais qui va s’intéresser le plus tôt à ce papier et à cet algorithme pour miner sur des machines et éventuellement acheter de la puissance de calcul. A ce petit jeu, en 2014, les portes sont closes pour les particuliers un peu lents à réagir en 2009. On est donc bien en face d’une pyramide de Ponzi temporelle, mais les règles sont explicites et vont favoriser la ‘curiosité’. C’est original comme compétition et comme classement, mais finalement pas plus idiot que les avantages liés à la naissance, qui eux perdurent depuis des siècles. Comme tout Ponzi, les derniers arrivés payent pour les premiers jusqu’au moment où une majorité prend justement conscience que c’est un Ponzi et le système s’effondre sans rembourser les derniers arrivants.

Dans le cas de NXT, le Ponzi est encore plus explicite car il est argumenté comme une innovation que le minage type Bitcoin ne sert à rien car il fait travailler des machines (coute de l’électricité) pour rien et donc il suffit de partir avec une masse monétaire fixe, sans minage (le ‘forgeage ne sert à rien’) répartie entre ‘copains’. Non seulement, il s’agit d’une régression car le « copinage » est moins démocratique que la « curiosité-cratie », mais il est présenté dans la documentation NXT comme une amélioration, un comble !

Demain, je crée la TotoCoin, une nouvelle crypto-monnaie qui déchire !…pour ne pas qu’on m’accuse de plagiat, je fais une modification au code Bitcoin, plus conséquente que simplement changer la chaine racine. Par exemple je change la courbe elliptique (360P) par celle que j’utilise pour la monnaie  (521P)…et je peux me venter d’avoir amélioré la sécurité, ce qui est mathématiquement vrai. Je crée ex-nihilo 1Md de TotoCoin et je fournis tous les outils pour observer les échanges P2P. Je peux même tricher en créant 1000 comptes (pour moi seulement) et simuler, stimuler une activité intense sur un marché virtuel nouvellement créé, et cerise sur le gâteau, je glisse un taux de change de 1 TotoCoin égal à environ 1 BTC, que je laisse varier comme, mais pas tout à fait comme le BTC. Il y a de bonnes chances si mon site web de TotoCoin est d’un design super-pro, qu’une communauté (virtuelle ou pas) autour du projet donne l’impression d’intense activité, et que quelques curieux m’échangent des $, des € ou de BTC contre des TotoCoin. Alors, comme un virus, les premiers piégés (qui ne le soupçonnent pas !), vont en attirer d’autres et ainsi de suite…suffit que la soi-disant innovation soit bien cachée. Négligemment, sans trop éveiller l’attention, et de façon bien répartie dans le temps, je vends des TotoCoins pour recevoir des € sonnants et trébuchants. Si j’arrive à céder seulement un dixième du volume de départ, soit 100.000.000 TotoCoins à $500 pièce, cela devrait me faire 50 Milliards de dollars…sur votre dos !

Bien que l’on échange toujours de l’immatériel, je voudrais montrer l’immence différence entre la vente, à mon sens illégale, de « produits » de « risque » ou de « risque de risque », par des intermédiaires anonymes, sans aucune créativité, et le PartageMarchand de biens culturels créés entièrement par des humains (artisanat numérique) et dont les œuvres sur le Net apportent un réel bénéfice culturel, donc une valeur qui mérite un revenu. Le comble est que les artistes créateurs acceptent de limiter leur revenu pour nouer une relation équitable avec les internautes, tandis que nos investisseurs du NXT peuvent toucher un revenu presque infini sans jamais nous le dire.

Les partisans des biens communs informationnels gratuits non seulement menacent le Partage Marchand, mais sont souvent les moins critiques face à des crypto-monnaies ultra-libertarienne.

Au final, je considèrerais être malhonnête de monter un tel projet de TotoCoin, mais pourtant, dans la tête de certains entrepreneurs, et puisque ce n’est pas répréhensible, c’est un buniness comme un autre ! On ne fait que gagner de l’argent sur la crédulité et sur l’ignorance des gens. Il y a précisément arnaque car ni Bitcoin, ni NXT ne répondent à un besoin véritable. Il n’y a aucun produit ni service derrière. On me rétorquera qu’ils proposent un moyen de paiement numérique pratique (si le taux ne bouge pas trop!), facilement utilisable avec un téléphone. C’est en partie vrai car les gros dinosaures VISA, Mastercard et Paypal font un énorme chantage à la Terre entière et touchent des commissions honteuses avec des technologies du XXe siècle et une sécurité médiocre pour vendre des contrats d’assurances. C’est exactement comme dans une cours de récréation: « M’sieur j’ai triché mais lui il a triché encore plus que moi !  »

A l’heure d’Internet, il est techniquement possible de remplacer toutes les transactions financières courantes (sans intérêt) par des nœuds d’un réseau P2P et un protocole cryptographique adapté. C’est exactement ce que veut faire le projet de monnaie et son moyen de paiement numérique associé, mais contrairement à Bitcoin ou à NXT, il n’y a pas d’investisseur privé, tout doit être financé par la recherche et donc par des organismes publics et il n’y a pas de masse monétaire ajoutée, décidée par moi ou par une communauté autour de ⊔Foundation.

En fait, à chaque fois qu’une crypto-monnaie se crée (il y a plus de cent actuellement !), c’est exactement comme si une nouvelle banque se créait, sans autorisation ni aucune contrainte imposée par une quelconque banque Centrale. Bien entendu que les règles prudentielles des banques classiques laissent à désirer et ont conduit à la crise que nous connaissons, mais cela ne va surement pas améliorer les choses que de créer des banques totalement libres. De plus, une banque centrale est légèrement (pas assez!) contrainte par un pouvoir politique élu assez démocratiquement, tandis que pour une crypto-monnaie, libre de toute création monétaire, la démocratie est simplement absente.

Les monnaies locales abusent aussi de ce principe de création monétaire, souvent avec l’aval d’une administration locale, et en plus pour se soustraire à déférentes taxation, mais autant cela peut stimuler l’économie locale à la naissance (la planque à billet à tournée), autant c’est anti-démocratique si la masse de monnaie en circulation devient trop importante. L’État ferme les yeux tant que cela reste local.

A l’inverse, si une crypto-monnaie est suffisamment acceptée/utilisée par la population, les pouvoirs publics sont obligés, passé un certain seuil, de reconnaitre, donc de « blanchir » cette masse d’argent qu’aucune banque centrale n’a créé, comme on blanchi des faussaires ou des producteurs de drogue. Les monnaies nationales sont encore assez importantes pour supporter un taux de blanchiment négligeable, mais ce sont bien les honnêtes travailleurs qui payent la facture, après les curieux tardifs des pyramides de Ponzi.

Or l’économie est un terrain trop sérieux, car il détermine ce que les gens peuvent manger, où il peuvent dormir et comment ils peuvent apprendre, se distraire, pour laisser des taupes saccager la pelouse avec des crypto-monnaies pour spéculateurs/joueurs.

On sait que les banques créent de l’argent dette (prêtent la même somme à plusieurs personnes au même moment) et que les banques centrales gardent la prérogative de création monétaire d’argent « banque centrale », qui détermine les quantité M1, M2, M3 dans l’économie, alors la seule solution vraiment démocratique serait d’adopter une monnaie libre au sens de la TRM, c’est à dire que la création monétaire soit équitablement répartie dans le temps et dans l’espace…et avec un moyen de paiement cryptographique associé. Mais cet objectif louable bloque sur un problème transitoire;

Comment transférer la prérogative de création monétaire des banques centrales vers les citoyens ?

Par le revenu de base évidemment !

Mais là où je diffère d’opinion avec certains, je ne pense pas qu’il soit possible de réclamer un niveau de revenu exactement égal à celui calculé par la TRM. Par pragmatisme, je propose qu’on mette en place le système automatisé par le Net, pour les devises € et (pour les biens immatériels) et qu’une toute petite création monétaire soit acceptée; une dizaine d’€/mois pour chaque Européen…pour ensuite augmenter le montant. La BCE voudra toujours garder une marge de manœuvre vis à vis de la FED par exemple.

Donc ne vous y trompez pas, si vous avez besoin d’un simple moyen de paiement numérique moderne, attendez un peu qu’une solution open-source, gratuite, indexée à l’euro voit le jour, mais permettez moi un petit conseil, à moins que justement vous vouliez jouer au Casino, ne mettez pas votre argent dans des crypto-monnaies qui ont leur masse propre. C’est une arnaque.

LF.

NB: J’expliquerai dans un autre billet en quoi la convertibilité de est importante et pourquoi cette monnaie n’intéresse pas les spéculateurs. J’avancerai aussi l’idée qu’avec Internet, on peut avoir pour la première foi de l’Histoire, un système bancaire sans notion d’interêt (l’argent n’est pas rémunéré).

Le Revenu-Jeune

Pour compléter le billet sur la redistribution possible avec le Partage Marchand, j’aimerais détailler une proposition de mesure qui me semble très bénéfique pour la société, surtout en période de crise 🙂

By Clem from Paris, France (2010-10-16 – 100L4174) [CC-BY-SA-2.0]

Nous avons acquis que chaque actif ait droit à une retraite au troisième et quatrième âge de sa vie et il déplorable de trouver encore dans des pays se disant démocratique des petits vieux obligés de suer physiquement pour ranger nos courses à la sortie des super-marchés afin de gagner quelques malheureux dollars pour survivre !

Pourquoi les jeunes n’auraient-ils pas aussi droit à un revenu…sans condition ?

Je ne parles pas du revenu de base, qui concerne tout le monde sans exception, mais d’un revenu complémentaire, comme l’est une pension de retraite pour les plus âgés.

A y réfléchir, ils en ont même bien plus besoin que les retraités car les jeunes n’ont pas encore constitué un patrimoine, ils doivent poursuivre des études, se cultiver, ce qui leur laisse pas ou peu de temps pour un travail classique. L’idée de devoir travailler à McDo pour payer son logement est loin d’être un progrès social !

Nous l’avons expliqué pour le revenu de base, le principe est simple:
Chaque jeune se crée un compte principal (double relevé en € et ⊔) qu’il déclare à sa Mairie (pour éviter les doublons) et l’État alimente en ⊔ tous les mois le même montant, sans condition d’activité. Techniquement, c’est équivalent à l’envoie d’un e-mail avec un contenu signé-électroniquement; aucun frais exorbitant pour l’administration ! Il y a peu de chance que les concernés accusent leurs ainés de ne pas disposer d’un téléphone avec accès au Net (obligatoire pour payer en ⊔ ou en €)…on ne va pas leur apprendre !

Le financement serait du même type que pour le revenu de base, sur un transfert de prérogative de création monétaire de la banque centrale. Une très grande partie de cette monnaie créée alimente la nouvelle économie culturelle numérique et donc ne parasite pas l’économie classique du XXIe siècle, mais pourra au contraire la soutenir.

Il est très important que ces comptes soient crédités en ⊔ et non en € pour inciter très fortement les jeunes à utiliser cet argent pour acquérir des biens culturels numériques, plutôt que du matériel et donc avec un mécanisme de remboursement qui les pousse plus encore ou ne les restreint pas à consommer de la Culture.
Il n’est pas interdit pour un jeune de convertir des ⊔ en €, mais comme le stipule le Partage Marchand, il est alors redevable d’une taxe, qui revient à l’État et donc il perd un peu de pouvoir d’achat.

Une telle mesure aurait un effet sur les pratiques des internautes, en particulier sur le piratage de proximité, car avec un compte en ⊔ crédité régulièrement et une assurance de mobiquité sur les biens achetés, ajouté au principe du partage des coûts, il devient vraiment  irrationnel, voire ringard, de continuer à pirater.

Le deuxième effet est directement économique pour les créateurs sur le Net. Ces derniers, parfois des jeunes eux mêmes, pourraient avoir une rémunération en ⊔ qui reconnaisse leur talent et leur effort artistique (la conversion en € est aussi redevable d’une taxe qui peut alimenter les assurances sociales classiques).
Rappelons que l’acte d’achat est le meilleur système pour faire valoir que l’on aime un bien culturel. Le clic de téléchargement ou le bouton like/unlike sont biaisés par construction car il n’y a pas d’authentification ni de limitation de ressource. De plus, chacun n’est pas disposé à perdre son temps précieux à des évaluations qualitative ou quantitative. Rappelons aussi que les inégalités de revenu sont bien moins sensibles pour l’acquisition de biens immatériels qui pour l’acquisition de biens matériels. Enfin le Revenu-jeune, distribué sans condition à tous les jeunes, atténuerait encore plus les différences.

Le Revenu-Jeune aurait aussi un effet d’assainissement des pratiques de location/abonnement de biens immatériels. Explications:

On voit régulièrement fleurir des offres d’abonnement pour accéder à des biens culturels numériques. Il s’agit d’une double arnaque. La plateforme qui propose l’abonnement devra regrouper suffisamment d’œuvres pour attirer le consommateur et plus il y a de créateurs engagés par cette plateforme, moins ces dernier toucheront de revenu. De plus, se pose un important soucis de répartition, et il est régulièrement constaté des inéquités entre artistes et un manque total de transparence. Enfin, même sur de très grosses plateformes, le consommateur averti risque de ne pas trouver son bonheur.
Ce dilemme de l’abonnement numérique trouve son paroxysme dans l’édition. Un lecteur aime généralement disposer d’une totale liberté de choix des e-books et des auteurs, souvent indépendamment des éditeurs, et il est extrêmement rare que cela corresponde à un abonnement à une plateforme donnée. Les publicitaires/commerciaux feront croire aux plus naïfs que l’abonnement leur donne un accès « comme gratuit » à une grande quantité d’œuvres, mais dans les faits, une très grande majorité des utilisateurs payeront par cet abonnement bien plus cher que s’il avait effectué un payement à l’acte sur seulement les œuvres de leur choix. Rappelez vous l’effet FranceLoisir chez nos grand-parents. Ils ont payé 20 fois le prix des livres qu’il ont réellement lu.

On me dira que les plateformes d’abonnement jouent un rôle de prescription. Les internautes ne savent pas toujours choisir et ils apprécient qu’un « professionnel » les guident !
Pourquoi ce service serait-il payant ? C’est un peu comme si l’on vous demandait de payer la publicité. Dans le numérique, il y a des mécanismes à base de DRM qui permettent de fournir des échantillons, ou de consommer en streaming avec contraintes pour découvrir et se forger un avis. Il faut bien distinguer deux types de consommation culturelle numérique:

  • Les acquisitions véritable (propriété forte) de biens culturels immatériels, sans DRM, sans publicité, mais payante pour rétribuer légitiment son créateur jusqu’à la sortie dans le domaine public. C’est le principe du Partage Marchand qui assure une mobiquité, un accès à la longue traine et une dé-intermédiation.
  • L’exploration d’un espace de prescription, de publicité, de recommandation, bien évidemment gratuit, mais devant comporter des restrictions (DRM, pub) pour ne pas faire une concurrence déloyale à la vente. C’est un usage sans aucune assurance de mobiquité et avec un risque moutonnier (concentration).

Si ces deux espaces/temps sont biens délimités sur le Net (pas le cas en 2014!), alors il n’y a plus de place pour les abonnements. Or les ⊔ donnés par le revenu jeune ne peuvent pas servir à la souscription d’un abonnement. Dans ce contexte, ils améliorent la diversité culturelle et assurent une répartition plus optimale entre les consommateurs et les créateurs, quelque soit les pratiques; gros consommateurs, consommateur très occasionnel, artiste prolifique ou artiste amateur.

Pour la musique en 2014, la plateforme Bandcamp me semple la moins mauvaise. Les inconvénients que je relèves sont :

  • Le moyen de paiement est beaucoup  trop lourd et passe par le système classique CB peu sécurisé.
  • C’est une plateforme encore centralisée, alors que nous voudrions qu’un protocole permette de publier une oeuvre sur n’importe quel serveur.
  • Il n’y a aucun mécanisme de remboursement, de partage et de passage dans le domaine public en fonction du nombre d’acheteurs. Prix fixe= arnaque.
  • Le partage marchand ne s’applique pas uniquement à la musique
  • Les créateurs laissent quand même 15% à la plateforme !

…mais l’acte d’achat est préservé, valorisé, comme sur iTunesStore  plateforme fermée.

Donc vous l’avez bien compris, l’abonnement (payant) numérique est absolument à éviter. Le prêt gratuit est le principe même des bibliothèques. C’est pourquoi elles sont obligées de passer par des DRM pour ne pas nuire aux auteurs en numériques.

Pour nombres d’économistes de l’Art, l’abonnement était le seul modèle économique envisageable et certains pensent encore que l’on ne pourra pas s’en défaire. C’est sans compter avec le Partage Marchand, qui affirme une vrai notion de propriété-numérique aux biens. Enfin, le Partage Marchand serait valorisé et plus rapidement adopté par cette mesure hautement bénéfique du revenu-jeune.

N’hésitez pas à donner votre avis sur le Revenu-Jeune et à le soutenir si vous le souhaitez, ….que vous soyez jeunes ou moins jeunes !

L.F.

NB: Je n’ai pas discuté de la tranche d’âge exacte, ni du montant exact de ce revenu. Cela ne me semble pas bloquant. Il convient d’abord d’en adopter le principe.

 

Cher Professeur Piketty,

Cher Professeur Piketty,

Je vous aurais bien appelé par votre prénom, Thomas, comme nous avons l’habitude de le faire par exemple dans mon domaine de recherche, en Informatique, mais je ne connais pas trop vos us et coutumes en Économie…et je ne suis qu’un modeste docteur s’adressant à un professeur d’université.

By Sue Gardner (Own work) [CC-BY-SA-3.0]

Pourquoi cette lettre ouverte ?

Parce que votre ouvrage « Le capital au XXIe siècle » semble avoir un retentissement mondial, légitime, qui est des plus élogieux même du l’autre coté de la Manche, où les dirigeants s’opposent à une taxe sur les transactions financières et entendent défendre leur « City » dans une plus pure tradition conservatrice. Vous êtes donc un universitaire écouté et je me joins à beaucoup de personnes pour espérer que votre proposition d’impôt mondial sur le patrimoine voit le jour…même si j’ai quelques doutes sur ce point.

Cependant, je m’étonne simplement d’une seule chose, c’est qu’avec un titre aussi ambitieux (ne le voyez pas comme un reproche), sur le XXIe siècle alors que nous n’en avons connu qu’un huitième, vous ne parliez pas d’une évolution, une rupture, un changement de paradigme, qui fait que toute analyse historique n’a que peu de sens et qu’une extrapolation à ce siècle me semble peu fiable. En effet, cela fait plus de 4000 ans que la monnaie est utilisée sur Terre et avec elle une certaine conception de la propriété, une influence sur l’écriture, et surtout un développement sans précédant de l’activité économique des échanges de biens matériels et de services, mais cela fait à peine 20 ans, et je dirais même un ou deux ans que les conditions sont réunies pour un changement complet de modèle économique. Ceci n’est réalisable parce qu’il existe une chose créée par l’homme mais qui s’intègrera tellement bien à la Nature qu’on pourra l’y confondre, il s’agit de la mémoire et du cerveau de l’Humanité, l’Internet.

Vous vous dites que c’est normal que je sois sensibilisé au Net, en tant qu’informaticien, mais que vous, vous travaillez sur l’Économie, un autre domaine ! Chacun devant rester dans son prés et les moutons seront bien gardés. D’ailleurs, j’ai contacté un autre économiste, Frédéric Lordon, qui m’a gentiment répondu qu’avancer une solution technologique à un problème économique/politique n’est absolument pas la bonne méthode, selon lui. Habitant Toulouse, je pensais pouvoir me faire écouter par vos collègues de la TSE, mais visiblement, ils sont tous occupés à des sujets plus sérieux ou dont la probabilité d’obtention d’une médaille d’une banque suédoise est plus grande,…la satisfaction des besoins citoyens du XXIe siècle passant au second rang.

Parler d’économie du XXIe siècle sans parler d’Internet est un peu comme parler de sécurité sociale des Martiens (acceptez l’image capillotracté !). Vous vous dites surement que je divague et que l’intégration numérique est progressive, naturelle, mais ne remet pas en cause les bons principes de la science économie positiviste. Ne lit-on pas ce tweet:

Si vous regardez la page Wikipédia Économie Numérique, vous constaterez en effet qu’on ne décrit aucune rupture, aucun nouveau concept. Mais une autre page Wikipedia pourra vous mettre la puce à l’oreille. Je ne suis pas allé trop loin dans les détails au risque de retrouver une autre page qualifiée de « too soon! » par les administrateurs de cette encyclopédie, qui n’a pas la qualité de papiers universitaires mais je dis à ses détracteurs: si vous voyez des erreurs vous devez les corriger vous même. Je vous invite donc à passer directement au papier sur ArXiv.org pour ne pas abuser de votre temps.

Pour résumer ma proposition, la véritable économie numérique n’est pas encore née, elle est basée sur des lois différentes de celle du monde physique. En particulier, on ne tend pas vers une société à coût marginal presque nul comme le dit Jeremy Rifkin, car les biens immatériels du Net ont un coût marginal exactement nul, ce qui implique une relation de type un-plusieurs et non de type un-un du commerce classique, donc une nouvelle notion de prix, qui n’est plus scalaire mais fonction-prix,  inconnue il n’y a que deux ans. Je vous passe les détails de la démonstration, mais si l’on veut maintenir des principes démocratiques dans un échange sur le Net, il faut selon moi adopter un système de micro-remboursements (équitable pour les créateurs et pour les utilisateurs), totalement réalisable au dessus du protocole HTTP/TCP/IP du Net. En gros, Internet peut devenir LE moyen de paiement (rien à voir avec VISA Paypal : technologies du siècle dernier) et LA monnaie sans être soumis aux attaques de spéculateurs. Cette monnaie mondiale, dédiée exclusivement aux biens immatériels est adossée au Net, convertible, source de revenus fiscaux, décentralisée, sans les inconvénients de Bitcoin.

Mais la monnaie et le moyen de paiement ne définissent pas l’économie. Qu’est ce qui peut être échangé en numérique et créer une nouvelle économie ?

C’est là que je ma proposition est la plus osée. Les biens immatériels issus des travaux de recherche ou supports éducatifs doivent être et rester des communs, bien publiques accessibles gratuitement sans condition, parce que les chercheurs sont financés par des institutions publiques ou privées (Votre ouvrage devrait être disponible en e-book gratuitement, mais passons sur ce détail !). Reste toutes les créations artistiques qui peuvent et pourront à l’avenir (penser aux fichiers 3D de sculptures) être diffusées en numérique à la Terre entière. Leurs auteurs ne sont pas nécessairement fonctionnaires, ni même évaluables par leur pairs. Pour assurer une diversité maximum de la Culture (la longue traine sur Internet) et ne pas limiter l’innovation du « beau », les créateurs du Net doivent pouvoir « vendre » leurs œuvres sur Internet, mais pas selon les principes archaïques de prix fixes, tels que définis dans le Droit d’Auteur, mais en respectant les principes démocratique du Partage Marchand. Je m’oppose au mouvement des communs informationnels qui entendent légaliser le partage non marchand (comprendre le piratage) et ainsi tuer toute tentative de commerce directe des biens immatériels culturels. Je pourrais vous montrer que les solutions de compensations par la publicité, le don (crowdfunding) ou l’État (contribution créative) ne sont ni pérennes ni généralisables, ni démocratiques.

Contrairement à l’idée bien rependue que les artistes ne représentent qu’une minorité et peuvent vivre du bon vouloir, voire de l’amusement du peuple, je prétends que la création artistique (diffusée sur le Net pour ne pas subir le dictat de l’industrie du luxe ou du Star-système) peut être le travail du XXIe siècle pour une majorité de concitoyens. Nous somme encore en 2014 dans le même état qu’un groupe de cueilleurs-chasseurs qui découvrirait un marché de fruits et légumes. Imaginez que la robotisation/automatisation augmente encore la compétitivité à produire à coût marginal encore plus faible des produits matériels. Il en découle une pénurie du travail classique, qu’elle se traduise en une montée du chômage, diminution du temps de travail classique, augmentation du temps de loisir, elle confère un malaise à la société qui doit « occuper » équitablement chaque membre pour sa paix sociale et sa survie. J’ose penser que l’on puisse éviter qu’une troisième guerre mondiale soit la solution pour résorber les inégalités que vous avez si bien révélées dans votre ouvrage. Il ne me parait pas illusoire, mais il faut le courage politique de le promouvoir, que les citoyens du XXIe siècle passent plus de la moitié de leur temps à « consommer » des biens culturels du Net ou à en produire. Permettez moi une image volontairement caricaturale, mais je pense que sans cette économie numérique (…situation où on laisse faire), le kilo de patates serait rapidement à plus de 10€, et en même temps, la création artistique serait paupérisée et il serait impensable de soutenir une politique écologique si les conditions ne base ne survie ne sont pas satisfaites (nourriture, logement,..). Alors qu’on pourrait envisager une économie traditionnelle fortement perfusée par l’économie numérique excédentaire et donc un kilo de patate à 10 centimes d’euro et dans le même temps, un coût par exemple d’un e-book à 20€, sans pourtant limiter les potentiels d’achat, car les niveaux de salaire moyens seraient plus élevés. C’est la présence et la source de revenu (non énergivore) de cette économie numérique qui permettrait d’avoir une vrai politique d’investissement écologique, de réalimenter l’état providence et donc de préserver au mieux les ressources naturelles.

Donc le meilleur cadeau que l’on puisse faire aux générations suivantes, celles qui vont réellement vivre dans le XXIe siècle, ce n’est certainement pas de leur promettre un accès gratuit aux œuvres culturelles du Net, mais plutôt une société tournée vers la création, le partage/vente de biens artistiques [en partage marchand !] pour que ce qui reste de pénibilité dans le travail soit bien rétribué/reconnu. L’Art ayant enfin trouvé son support de diffusion démocratique par le Net, il puisse promouvoir l’éducation, l’excellence dans la recherche de connaissance et le développement de l’esprit critique du peuple à se diriger lui même. Il s’agit de renverser la situation. la Culture ne vivant plus par parasitage du capitalisme, mais l’économie matérielle puisant dans l’économie numérique culturelle pour soulager la Terre.

S’il y avait un pour cent de chance que ma vision soit bonne, cela vaudrait quand même la peine de s’y pencher et d’anticiper pour la France et pour l’Europe, cette évolution avant qu’une rupture martienne ou financière ne survienne.

Vous allez peut être me répondre que votre livre porte sur « le capital au XXIe siècle » et non sur « le capital du XXIe siècle » ! Certes, mais sans renier l’apport historique de l’évolution économique, il me semble que la rupture apportée par l’Internet, et son passage dans la maturité avec le Partage Marchand soit à considérer sans pouvoir regarder derrière nous, car sans historique fiable. Ce qui ne doit pas nous empêcher d’agir, en particulier de coopérer entre disciplines de recherche pour réellement faire progresser les options politiques futures.

Donc j’en viens à ma requête qui est simple: Que pensez vous du Partage Marchand et le l’économie numérique qui en découle ? Merci de ne pas vous cacher derrière une prétendue incompétence dans certains domaines, en math, cryptographie ou réseaux informatique, je suis certain que même en tant que citoyen de culture générale bien plus élevée que la moyenne, vous avez surement un avis. Je serais aussi ravi que vous analysiez ma proposition d’algorithme (section 5) de taux de conversion monétaire de ⊔ pour dissuader toute spéculation. Je m’étonne qu’aucun économiste n’y ait pensé. J’ai posé la question à André Orléan, mais je n’ai pas encore la répondu. Je suis en contact avec l’ANR pour un financement.

Un grand merci d’avoir supporté de me lire jusqu’au bout et je vous laisse réfléchir à l’opportunité de présenter avec moi cette approche auprès de la DGCIS, de la BdF et du ministère de l’économie numérique. Si des chercheurs de votre entourage sont intéressés ou veulent émettre un avis, ils sont les bien venus.

Cordialement,

Laurent Fournier
laurent.fournier@cupfoundation.net

Les communs sans économie !

N’est-il pas frappant de présenter les communs sans parler d’économie ?

Donner une définition de la propriété de biens non rivaux ne résout rien en soit, n’améliore pas le quotidien des citoyens. Alors que le mouvement des communs entend aller dans le champ du politique, il se défausse complètement de parler de rémunération des créateurs. Comme, le dit Menbiens, la chronologie des communs n’est pas respectée. On veut discuter pour que personne n’ait une part plus grosse que les autres du gâteau, mais si personne de pense à rémunérer la pâtissière, il n’y a simplement plus de gâteau !

Je me rend de plus en plus compte que Partage Marchand et mouvement des communs partent dans deux directions opposées. Alors que le premier propose de créer une nouvelle économie, productrice de croissance, emplois et qui soulage l’économie classique des biens matériels, pour le plus grand bien de la Nature, le dernier s’oppose par principe au développement de toute activité commerciale sur le Net et croit remplacer la monnaie par des points de réputation.

Un parasite ne vit que sur une bête qu’il épuise en la maintenant à la limite de la vie le plus longtemps possible. Les communs informationnels font de même en proposant gratuitement toutes les œuvres immatérielles du Net et en puissant ses ressources dans l’économie classique (contribution créative, publicité, don), qui souffre bien actuellement.

En laissant faire les communs, on obtiendrait à terme une société où un écran plat coûterait 10€ et les contenus seraient évidemment gratuits, mais le kilo de patates serait aussi à 10€ ! Les gens à la campagne feraient leur propre potager, avec quelques vaches, poules, cochons histoire de bien passer l’hiver, un peu de marché noir…bref on serait revenu à la vie de mes grands parents qui trimaient 15h/jours 365jours/an et qui ne consommaient strictement aucun bien culturel, par simple manque de temps…un vrai anti- progrès social…et des conséquences graves sur le niveau éducatif… !

Tandis qu’avec le Partage Marchand, l’écran plat serait à peut être à 100€ car sa production exploite des ressources naturelles rares, les contenus culturels seraient temporairement payants (voir la fonction-prix) avant de passer dans le domaine public, mais surtout, le kilo de patates serait à 10 centimes d’euro, car l’économie numérique pourrait dégager des marges suffisantes pour aider l’économie classique (agriculture, bâtiment, écologie).

J’ai parfois l’impression que pour certains, on est de gauche si l’on roule en Kangoo et de droite si on roule en Mini ! C’est légèrement plus complexe que cela et la mouvance écolo-gauchiste qui semble prédominer dans le mouvement des communs cache en fin de compte une position très conservatrice, prônant la suppression de l’économie dans le numérique pour rester dans l’économie classique et faire vœux de modération face à Mère Nature. Justement, avec le Partage Marchand, avec une vision plus progressiste de la société, plus de monde pourraient rouler en Tesla et vivre dans des bâtiments à énergie positive…mais si vous préférez planter des patates, attention aux doryphores, il faut les enlever à la main pour que les patates restent bio !

N’est-il pas plus facile de dénoncer le Troll que de critiquer sur des bases scientifiques le Partage Marchand ou de défendre les communs informationnels ?

LF

PS: Je ne résiste pas à ajouter l’analyse très juste de F. Lordon

…qui me conforte dans l’idée que le mouvement des communs ne parle jamais de l’entreprise, alors qu’il ne devrait faire que cela ! F.rédéric Lordon à raison de dire que le rapport de force naît dès l’instant qu’on a besoin de l’autre pour un projet économique/démocratique. Autant c’est indispensable pour créer un bien matériel (usines, transport,vente), autant on peut s’en passer avec une création artisanale de biens immatériels…tous ceux qui peuvent et veulent devenir des entrepreneurs numériques. Donc le Partage Marchand évite bien les pièges du capitalisme !