L’économie numérique n’est pas circulaire

Après l’économie soutenable, voila que revient sur le devant de la scène l’économie circulaire. Nous savons tous que l’activité humaine tend à épuiser les ressources naturelles et à modifier le climat dangereusement. L’idée de recyclage n’est pas nouvelle et fait parti des outils écologiques nécessaires, mais est ce suffisant pour le XXIe siècle ?

By United States Government [Public domain]

Avec le développement d’Internet, on voit apparaitre de plus en plus de biens immatériels. De plus en plus de personnes revendiquent de toucher un revenu de la création de tels biens. C’est parfaitement légitime et pourtant, que fait le système économique pour y répondre ? Il puise tout simplement sur l’économie physique, donc agit directement à l’opposé des efforts de modération et de recyclages menés par ailleurs. Pour résumer, l’économie numérique en 2014 est encore un parasite de l’économie matérielle. Si par exemple un artiste peut être payé par Apple, c’est parce que cette dernière entreprise vend des centaines de millions de téléphones, tablettes et ordinateurs avec une substantielle marge. L’industrie dite culturelle est encore basée sur ce vieux principe et tente de le maintenir aussi longtemps que possible face à l’arrivée du tout numérique. Il est normal qu’elle s’acharne à maintenir la dernière digue par le Droit d’Auteur/Copyright, ne serait ce que pour faire vivre une minorité. Certes ce système est très inégalitaire vis à vis des artistes, il favorise le star-système à l’opposé d’une méritocratie, il court à la concentration et à l’abrutissement culturel, contre la longue traine et la diversité culturelle et enfin il puise, tel un parasite, l’économie réelle. On peut même lui trouver l’excuse que d’autres domaines beaucoup moins vertueux, comme la finance, se servent bien plus allègrement sur le dos de la bête ! Pour les artistes qui ne sont pas soutenus par l’industrie culturelle, leur rémunération est réduite au minimas sociaux et diverse formes d’aumône. Il n’y a eu aucune évolution depuis le Moyen-Age sur ce point. Pour la société, l’artiste reste un amuseur public, fainéant et inutile. On est très loin du discours de Léon Blum à l’inauguration du Palais de Tokio en 1937, disant que les artistes étaient les citoyens les plus en avance de leur temps. On a montré depuis que le système économique classique ne les récompense absolument pas comme tel.

Donc naturellement, l’arrivée du numérique aurait tendance à épuiser encore plus notre Dame Nature, et donc aller à contre courant de l’écologie. Or, s’ajoute à cette situation une arrivée dans la sphère politique de courants « commonistes » (et Pirates) qui partent du principe que tout ce qui compose Internet devrait rester accessible tout le temps, à tous, gratuitement, argüant un nécessaire partage des biens immatériels en dehors de toute marchandisation (la mère de tous les vices!). Je ne vais par revenir sur les solutions farfelues pour rémunérer les créateurs (Dons, Contribution créative, Publicité, Revenu de Base), mais seulement observer que la simple « légalisation du partage non marchand » rendrait légitime une forme de vol d’un bien culturel, dans le sens de privation de revenu tiré d’une vente directe. La conséquence quasi certaine serait d’une part une déconfiture de l’industrie culturelle, (ses opposants auraient gagné une bataille), mais malheureusement aussi un appauvrissement dramatique de la qualité culturelle, de sa diversité. On sait très bien qu’une société qui tue ses artistes les voit remplacés par des religions ou des guerres. Donc la gratuité du Net est une bombe nucléaire à retardement…plus rien ne repoussera après !

Entre les héritiers du passé (industrie culturelle) et les religieux pirates (commonistes), le tableau est bien sombre, à moins qu’il y ait une petite porte de sortie !

Le plus fou dans l’affaire, est que cette troisième voie n’est pas gourmande, elle ne prend absolument rien en ressources naturelle, elle est très démocratique et équitable, elle tend à élever le niveau d’éducation des peuples, elle favorise la paix, réduit les inégalités…(normal que je sois si enthousiasmé à la défendre non ?)

Je vois de suite votre sourire; ce mec se prend pour le sauveur du monde ! Il doit y avoir une arnaque, il veut se faire mousser ou empocher le gros lot ! Si cela marchait, Il y a bien longtemps que des gens bien plus intelligents que lui y auraient pensés !

Cela fait plus d’un an que j’essaie de trouver des failles, que je demande de critiquer le système et devant pas mal d’indifférence, en particulier d’économistes dont c’est le métier,  j’ai très envie de laisser courir cette idée providentielle pour provoquer des scientifiques à l’infirmer (ou à la confirmer). Par exemple, j’ai reçu un matin un e-mail d’un certain Daniel Nader (dnader90@gmail.com), avec en copie Benjamin Izaguire avec pour titre « On the Merchant Sharing Paper« . Trop heureux d’avoir des avis, même si cela devait écrouler toute la théorie, je découvrais malheureusement que le message n’était pas argumenté. En voici quelques passages croustillants:

The definitions and topics are mostly self-intuitive or widely known, but your lack of general knowledge…this paper which is zero…ARE YOU KIDDING? You need to do more for deserve that my friend…On the other side your paper was really poor on cited works. I mean having 7 references from which 1 is a best seller book, 2 are papers you published before and 1 is a WIKIPEDIA article. This is a freakin joke…Hope you stop publishing papers without scientific value that demerit the economic science…

J’ai relancé plusieurs fois ce cher ami Daniel pour avoir des détails sur ce qui serait faux ou-bien déjà connu, lui demandant modestement des références de papiers ou de livres, sans trop abuser de son temps…Rien ! il ne m’a jamais répondu. Je ne fais pas parti de la caste des économistes et visiblement, certains n’aiment pas qu’on marche sur leurs platebandes. J’ai lu que pour la démonstration du dernier théorème de Fermat, comme une récompense financière était promise, de nombreux amateurs se sont attaqués au problème et tous les candidats, même ceux avec peu de bagages mathématiques, ont reçu une réponse logique et bien argumentée qui taisait à jamais leur tentative de démonstration. J’estime que les chercheurs ont pleinement joués leur rôle, et c’est tout à leur honneur, en respectant des méta principes de la science, même si cela les conduisaient à discuter quelques minutes avec le peuple peu instruit. L’obligation pour nombre de chercheurs de faire de l’enseignement n’est-il pas un bon moyen de forcer à l’explication, la clarification, la vulgarisation, et la dénonciation des théories fausses ?

Donc je me permets de provoquer les économistes endormis, trop occupés à recevoir un prix de la banque de suède, ou méprisant des autres jeunes disciplines telle que l’informatique, en affirmant que le Partage Marchand pose les bases d’une nouvelle économie numérique, qui passerait d’une phase préhistorique à une phase historique, permettant un échange équitable et marchand sur le Net, sans intermédiaire, sans spéculation possible. La croissance potentielle de cette économie non énergivore autorise à penser au renversement de la situation à savoir que c’est l’économie matérielle (Industrie) qui deviendrait un parasite de l’économie numérique en Partage Marchand. Le piratage (même de proximité) se résorberait naturellement. Le kilo de tomate bio serait très bon marché non pas seulement par l’effet de l’automatisation, mais plutôt par une aide conséquente de l’artisanat culturel numérique. Nous vivrions dans une société où les artistes seraient ceux qui créent le plus de valeur et non des assistés. Enfin, grâce au Net, ils passeraient devant les banquiers en revenu mais aussi en considération. Miracle, nous aurions en même temps trouvé la croissance pour soutenir une vrai politique écologique, soutenable et circulaire. Cela ne veut pas dire qu’il faudrait gaspiller à tout va, mais pour prendre un exemple concret, si on peu choisir entre un gros 4×4 polluant et une petite voiture électrique pour quelque 30.000€ chacun, il est clair que sans revenu, on ne pourra s’offrir ni l’un ni l’autre, et les beaux discours sur l’économie circulaire resteront des utopies.

En attendant la diffusion du Partage Marchand, je ne saurais conseiller les artistes de promouvoir l’attentisme, et de freiner la montée du numérique préhistorique pendant quelques mois ou années.

Comme vous l’avez peut être remarqué, l’implémentation de la monnaie est un peu en attente en ce moment, car je donne la priorité à la diffusion d’un moyen de paiement numérique, par une monnaie classique (scalaire, mais libre) pour l’achat de biens matériels, l’Eurofranc, avec un objectif précis de création de 150€f/mois et par personne dès 2015. Je voudrais rassurer ceux qui m’attendent au tournant sur . Si le système d’authentification et de paiement est en place en 2015, il sera très facile d’ajouter un compte en , et de procéder aux micro-remboursement qu’implique le PartageMarchand. Mais pour ne pas trop effrayer les citoyens, qui risquent de confondre les deux monnaies, nous n’introduirons que l’€f début 2015. Que cela n’empêche personne, amateur ou économiste chevronné de critiquer le papier, la théorie et de m’envoyer des torpilles comme l’a fait Daniel. Peut être à t-il raison et je ne suis qu’un charlatan scientifique !

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Une réflexion au sujet de « L’économie numérique n’est pas circulaire »

  1. Je me demande vraiment ce qu’un lien sur mon blog fait dans un passage par ailleurs peu clair, d’autant plus lié au mot « attentisme ». C.a.d : (quote) : « En attendant la diffusion du Partage Marchand, je ne saurais conseiller les artistes de promouvoir l’attentisme, et de freiner la montée du numérique préhistorique pendant quelques mois ou années. »
    C’est, au mieux, mal exprimé ; au pire… ridicule.

    Par ailleurs : l’introduction de cet article me semble tout aussi floue, et peu convaincante, je dois dire, même si nous nous rejoignons vs le Communisme, et certains principes d’économie en général. On ne peut pas, dans ce débat, amalgamer copyright et droit d’auteur. Ce sont deux notions très différentes, et bien souvent adverses du point de vue juridique.

    D’autre part je dois vraiment, ici, récuser un argument que l’on retrouve trop souvient dans les papiers tant des Commonistes que de leurs opposants, et qui est un *mythe*. A savoir :
    (quote) : « Pour les artistes qui ne sont pas soutenus par l’industrie culturelle, leur rémunération est réduite au minimas sociaux et diverse formes d’aumône. »
    Il est absolument faux de dire qu’un artiste ne peut vivre de son art hors du système des « grosses industries ». De même qu’il est stupide de dire, comme lu ailleurs, qu’il ne peut survivre sans le soutien des subsides d’état (subventions, bourses, etc.). Je le sais par expérience directe.

    Je ne crois pas non plus que l’on puisse opposer « star system » et « méritocratie ». Le succès n’a jamais été, (hélas ?) méritocratique, puisqu’il est soumis au nombre de ventes, et que « tous les goûts et les couleurs… » etc., etc.

    Quand au « tout numérique », c’est une perspective épouvantable, même pour la Nerd que je suis. Le numérique n’est pas fiable, l’imprimé l’est. On subit moins souvent un incendie dans sa bibliothèque qu’un crash de computer ou de tablette. Le jour où il n’y aura plus *que* des livres numériques… je cesserai de lire (et un grand nombre de personnes touchées, comme je le suis, par des problèmes visuels en feront autant !). De même qu’une adaptation audio ou cinématographique d’un roman ne rend pas sa version imprimée inutile, le numérique ne remplace pas l’édition imprimée. Ce n’est qu’un média de plus, même si les problématiques liées à la dématérialisation via Internet demeurent, oui, et sont de premier plan. Toutefois le piratage ne me semble pas être le principal enjeu. Il est davantage question d’une vaste entreprise de manipulation des mentalités, visant à nous convaincre que l’accès à la création d’autrui est un « droit » sans contrepartie. C’est un joli pot de vin, propre à enchanter les bois-sans-soif, et asservir convenablement le peuple, à terme. La création est un marché que se disputent allègrement diverses factions politico-idéologiques, toutes au détriment des créateurs, ET de ceux qui les « consomment ». Le mot culture n’est, ici, qu’un prétexte flagrant, évidemment. Il est question de *pognon*.
    S’il est impossible, à terme, de séparer cette problématique des enjeux et systèmes strictement économiques, c’est pourtant sur le champ de bataille juridique que tout ceci se règlera en premier lieu. Il ne sert à rien, de mon point de vue, de commencer à « ficeler » des solutions alternatives pour les artistes alors que la menace sur leur *droits* est toujours présente, virulente… et pour ainsi dire *virale*.
    Pour le reste, nous sommes d’accord : nous sommes en marche vers un appauvrissement qualitatif considérable de la production future.

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