Bitcoin: le prix de l’ignorance !

…ou la naissance du πcoin !

Quand vous achetez des Bitcoins, vous payez votre ignorance. Explications :

btcRappelons d’abord ce qu’est une signature électronique. Soit un message de longueur quelconque et représenté par une chaîne de caractères et soit un individu disposant d’un matériel informatique (PC, téléphone, tablette, RaspberryPi,…). Il se génère à l’abri de tout observateur un jeu de clés cryptographique asymétrique (une clé publique et une clé privée). La signature numérique du message par cet individu est une autre chaîne de caractère unique, produite à partir de la connaissance de la clé privée et telle que n’importe qui d’autre disposant de cette clé public, du message (toujours en clair !) et de la signature, peut demander par un algorithme connu de vérification si la signature est valide ou pas. Une signature électronique est donc une preuve mathématique qu’un individu désigné par sa clé publique a bien signé un message donné, pas un autre message ni un autre individu.

Cette signature électronique suffit pour faire des chèques électroniques. Le message doit contenir pour cela l’identifiant de l’émetteur, celui du destinataire, la date et le montant. Il y a juste besoin d’un grand livre disponible sur Internet qui accumule tous les chèques. Une transaction n’est valide que si le solde du compte de l’émetteur reste positif. Nous avons donc défini un moyen de paiement,…tellement pratique que l’on peut s’étonner qu’il ne soit pas généralisé en 2014 !

Se pose alors la question de la création monétaire, ou comment passer d’un moyen de paiement à une véritable monnaie ?

Il n’y a que deux solutions :

  • soit le système répartit équitablement la masse monétaire créée entre tous les individus de la zone concernée (niveau national dans le cas de l’Eurofranc) et le montant alloué par mois vise à terme à équilibrer les inégalités entre générations (symétrie temporelle de la TRM). Il n’y a aucune valeur intrinsèque de cette monnaie, c’est juste un moyen d’échange basé sur la confiance en une distribution strictement égale. Enfin, l’absence de valeur lui permet de prendre la parité d’une monnaie officielle, pour garantir une stabilité éviter le double étiquetage et offrir une résistance aux spéculations (les monnaies libres sans parité y sont fortement exposées).
  • soit le système prouve ou persuade les individus que la masse monétaire créée représente une valeur obligatoirement finie et rare, car si elle était abondante, alors quiconque pourrait en ajouter sans effort et donc la monnaie ne pourrait pas jouer son rôle quantificateur de travail. On fait alors peu de cas de qui possède initialement cette masse monétaire….bizarrement! Cette monnaie n’est plus basée sur la confiance, mais sur la concurrence de l’appropriation d’un bien rare. Ce bien ayant une valeur négociable sur un marché, il ne peut avoir de parité fixe avec une quelconque monnaie officielle. Le double étiquetage est obligatoire et les prix sont très instables.

Bitcoin est clairement de la famille de la deuxième solution. Pour comprendre son mécanisme de création monétaire, faisons un petit exercice mathématique. Nous savons que le nombre π s’écrit avec une infinité de décimales. Pour en découvrir de plus en plus, il faut faire un calcul de plus en plus long à l’aide d’un ordinateur. Imaginons que toute approximation de π soit signée électroniquement par un individu et que les signatures des approximations de plus en plus longues soient concaténées dans une chaîne distribuée sur Internet. La compétition est simple; la chaîne la plus longue écrase la chaîne la plus courte d’un autre nœud du réseau P2P. (à un nombre de décimales donné, il ne doit rester qu’une seule signature). A chaque nouvel ajout de signature, donc nouvelle décimale de π, on calcule le « hashé » de la chaîne avant de l’ajouter à elle même, pour éviter qu’un petit malin intercale sa signature au milieu. Nous avons donc créé un système où potentiellement, toute personne disposant d’une puissance de calcul, peut entrer en « possession » d’une décimale de π, en prouvant qu’il était le premier à signer π avec cette dernière décimale. Il suffit alors de décréter que la valeur d’une décimale est égale à un milliard de fois l’inverse du carré de la position de cette décimale et de nommer cette unité πcoin.

Le signataire de la première décimale (le ‘1’ dans 3.1415….) possède donc 1Md de πcoins, celui qui a signé le ‘4’ en possède 250 Millions et le troisième signataire a lui que environ 111 Millions de πcoins, ainsi de suite.

La masse totale de πcoins qui pourra être créée est finie (1.644…Milliards). Il sera de plus en plus difficile d’en gagner car il est de plus en plus coûteux en temps machine de découvrir de nouvelles décimales de π et celles ci valent de moins en moins. Nous venons de créer en πcoin un système très similaire à Bitcoin. Les morceaux de la chaîne πcoin sont uniques et donc rares, mais ce ne sont que des nombres sans particularité mathématique.

Maintenant, il convient de se demander pourquoi un πcoin (ou un bitcoin) devrait avoir une valeur convertible en $,€,£ sur un marché libre d’offre et de demande ? Selon une vision très libérale du commerce, tout peut se vendre, du moment qu’il y a des acheteurs intéressés. Une œuvre d’art par exemple est une singularité de la création humaine. Elle procure une certaine satisfaction/émotion/plaisir à celui qui en fait l’acquisition et donc peut se retrouver sur un marché de l’Art. Ce n’est pas le marché qui crée la valeur, mais parce que cette œuvre à une valeur, il y a possibilité d’un marché. Un poème a beau être une suite finie de caractères, c’est l’ordonnancement judicieux de ces caractères qui lui donne sa valeur. Si un générateur de nombre aléatoires produit un texte du même nombre de caractères, cela n’en fera pas une œuvre d’Art pour autant.

Est ce qu’une signature électronique est une œuvre d’art ? Passé la première extase des propriétés mathématique qu’elle recèle, et avec un peu d’usage pratique quotidien, je pense que l’on peut affirmer que Non !, cela n’a en soit pas plus de valeur qu’un nombre aléatoire. Donc un Bitcoin n’étant qu’un nombre non remarquable, n’a aucune valeur. On pourrait même dire que le πcoin a plus de valeur que Bitcoin car le message signé représente la constante π, qui reste utile à la science. Mais alors justement, l’universalité du nombre π interdit qu’il soit privatisé ou fasse l’objet d’une négociation sur un marché. Les Mathématiques ne sont pas à vendre, ni à breveter.

Si la chaîne Bitcoin ou ses morceaux n’ont aucune valeur, pourquoi alors des acheteurs l’achètent ? Tout simplement, parce qu’ils pensent qu’elle en a justement une, parce qu’ils sont ignorants des singularités/universalités mathématiques. C’est exactement le problème de l’enfant de 3 ans qui apprend à compter. Il dira qu’il sait compter jusqu’à 10, s’attribuant une valeur proportionnelle au nombre maximal, mais quand à 4 ou 5 ans, quand il aura compris la petite mécanique arithmétique, compter jusqu’à 1000 ou plus ne sera même plus en défit en soit. La valeur de cette connaissance ‘savoir compter de un en un’, aura chuté irrémédiablement. Quand l’acheteur curieux ou le petit mineur de Bitcoin aura compris que l’on peut construire (voir format) des chaînes avec une autre chaîne origine que celle de Satoshi Nakamoto: « The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks« , et que l’on peut signer indéfiniment des messages, alors la valeur subjective qu’il lui attribue chutera brusquement.

Est ce que faire calculer un ordinateur sur un algorithme inutile produirait de la valeur ? On sait que cela consomme de l’électricité, épuise un peu plus les ressources naturelles, mais ne crée aucune valeur en soit, comme notre enfant qui compterait jusqu’à des millions n’apporterait aucune valeur aux Mathématiques.

Il ne s’agit pas de comparer à un artiste peintre qui ajouterait des petits battons sur une toile toute sa vie, exprimant une certaine souffrance ou émotion. Dans le cas des Bitcoin, ce sont des machines qui souffrent…inutilement. La notion de preuve de travail machine a été ajoutée pour laisser un simulacre de minage de métaux précieux de la Nature (exigeant une force physique, pénibilité). Mais nous venons de voir que bien que les chaînes Bitcoin soient rares et limitées, elles ne permettent en rien de faire progresser la science et ne sont pas transformable en objet précieux ou pratique.

On touche ici a la plus grosse arnaque liée à l’Open-source. Sous prétexte que le code source du client (le programme) Bitcoin soit connu et disponible sous Github, alors cela devrait être comparé à par exemple à un système d’exploitation GNU-Linux. Or, s’il est vrai qu’un peut s’offusquer qu’un OS comme Windows soit vendu à des millions d’exemplaires alors que l’investissement est très largement remboursé, un programme informatique reste de l’intelligence mise en boîte et il n’est pas amoral de rémunérer ses concepteurs. Or dans le cas de Bitcoin, ce n’est pas Nakamoto qui est rémunéré, mais les premiers mineurs (dont devrait faire parti Nakamoto logiquement) en faisant seulement exécuter un code sur une machine. On en viendrait à légitimer la rémunération du travail d’une machine et non le concepteur du programme ! Se faisant, les concepteurs de Bitcoin ont dépassé les rêves les plus fous des vendeurs de logiciels, faire payer l’exécution, et donc à l’opposé des principes de partage de l’Open-Source. Notons que l’Open-source reste pour toute crypto-monnaie une nécessité pour une question de sécurité cryptographique (empêcher la présence de trappes).

Reste la demande de pourvoir jouer à la loterie, demande qui ne se tarie pas dans les sociétés modernes. Tout le jeu des spéculateurs est d’avoir un peu plus d’information que les autres, donc acheter l’ignorance des autres pour faire du profit, en faisant croire aux plus ignorants qu’il y a une part de hasard dans les gains.

Bitcoin est donc une énorme machine à sous (une grosse part des gains va dans le casino, réparti dans le cas du Bitcoin de manière décroissante dans le temps entre les premiers mineurs). Parce que la mécanique de cette loterie est un peu plus complexe que la machine à sous classique du casino, les États n’ont pas identifié/labélisé/encadré l’usage des Bitcoin comme un véritable jeu d’argent. En attendant, l’ignorance de tous les utilisateurs fait le bonheur des spéculateurs.

Le plus ignoble est d’avancer l’argument (Paymium) d’un moyen standard (MoneyOverIP) de paiement numérique pratique pour capter le chaland et lui faire blanchir une partie de la masse monétaire Bitcoin. La Banque de France et les Autorités de régulation sont responsables de laisser persister une technologie de paiement dépassée (CB/PayPal) et de ne pas proposer en alternative une crypto-monnaie vraiment démocratique qui satisferait les citoyens (Eurofranc). Imaginez qu’il y ait dans un pays une énorme dévalorisation de la monnaie officielle et qu’il faille transporter des brouettes de billets pour acheter son pain ! Il serait plus pratique de transporter quelques gramme de cocaïne, divisible au mg près pour ses achats journaliers. C’est un produit rare qui a tous les attributs pour faire une monnaie courante. Le petit détail important est que cette cocaïne alimente des consommateurs (les plus faibles) pour leur détruire leur santé, de même que l’addiction aux jeux d’argent peut ruiner des citoyens ignorants (les plus faibles) et peu éduqués dans les bases des mathématiques.

Cher citoyen, citoyenne, vous payez des impôts (avec une certaine justice fiscale…) pour rémunérer des chercheurs qui remettent dans le domaine public des connaissances mathématiques et scientifiques accessibles gratuitement. Vous n’avez aucunement besoin pour vivre ou pour vous distraire de payer des vendeurs privés qui proposent des nombres non singuliers sous la forme de signature électronique, à moins que vous aimiez les jeux d’argent….et vous faire plumer croyant plumer les autres !

Sachant que l’ignorant ne sait jamais qu’il l’est, il est du devoir de la société de l’aider. Dit autrement, une société démocratique devrait interdire le plus possible le commerce basé sur l’ignorance de ses membres…l’avertissement aura été fait.

L.F.

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