La solution à la crise !

Le titre de ce post est volontairement provocateur. Je n’ai pas la prétention d’avoir découvert la vérité économique/politique, la solution miracle qui éliminerait radicalement la pauvreté dans le monde, la pénibilité au travail, la solution au financement de la transition énergétique et à l’éducation massive des peuples pour les détourner de l’envie de se faire la guerre.

L'économie avant le Net

L’économie avant le Net

Cependant, je veux bien prendre le risque de passer pour un fou, pour un illuminé si cela me permet de recevoir des remarques réfléchies, des critiques sérieuses et argumentées sur le fond, venant d’experts de l’économie, de la finance, du droit et même de l’informatique (mon domaine de formation).

Ma proposition peux se résumer de la façon suivante :

La véritable Économie Numérique n’existe pas encore en 2014.

Or cette nouvelle économie à un potentiel énorme de croissance, d’emplois et de recettes fiscales, à tel point que l’économie « classique » pourra y puiser des ressources pour financer une écologie nécessaire.

L’économie numérique, selon ma définition, traite exclusivement des biens à coût marginal nul, donc hébergé par le Net. Je ne suis pas le premier ni le dernier à venter l’Internet pour sauver le monde, mais j’appuie cette assertion sur le raisonnement suivant:

La notion économique de prix d’un bien ou d’un service, telle que nous la connaissons depuis d’Antiquité, n’est pas adaptée aux biens numériques. Maurice Allais par exemple, ne s’est pas penché sur la formalisation des échanges de biens immatériel dans son œuvre « Traité d’économie pure » car il est évident que le potentiel de l’Internet ne s’était pas exprimé en 1943, ni même en 1988, quant il reçu le prix de la banque de Suède en l’honneur de Nodel. L’économie de 1988 n’est pas très différente de celle de 88 avant J.C. et même la révolution industrielle n’a pas changé la définition des prix pour les biens matériels et les services. En revanche, le Net change foncièrement l’économie (des biens rares) dans ses fondements.

Je prétends que 99% des échanges numériques possibles ne sont jamais réalisés car l’une des deux parties est lésée dans la transaction. En conséquence, il y a une forte propension au piratage, y compris au piratage de proximité (échange de disque-dur non quantifié par la Hadopi) et une intermédiation abusive des GAFAM (aucun Français !), qui maintient la majorité des créateurs numériques en grande précarité, alors même que ces derniers définiront le modèle prépondérant d’activité du XXIe siècle.

La Théorie du Partage Marchand explique qu’un échange démocratique de bien immatériels doit vérifier certaines lois (non respectées actuellement !). La relation un-un instantanée d’échange d’un bien matériel ou d’un service doit être remplacée pour un bien immatériel par une relation un-plusieurs, dans le temps, incluant un mécanisme automatique de remboursement partiel, de telle façon que tous les acheteurs aient payé à tout moment le même prix, décroissant vers zéro, et en même temps, que le créateur reçoive un revenu cumulé croissant et borné par une limite initialement proposée à la diffusion du bien sur le Net.

L’échange dans le monde physique se mue en partage dans le monde numérique, sans subir les contraintes du capitalisme, à savoir :

  • La spéculation n’a pas de prise sur le Partage Marchand
  • Le besoin de personne morale (entreprise) n’est pas justifié pour l’économie numérique
  • Les investissements sont automatiquement supportés par l’acte d’achat dans le temps.
  • Internet se substitue aux banques de détail pour assurer la fonction de monnaie.

Et le plus profond changement est surement la perte de la prédominance de la course aux richesses matérielles, pour une course à la satisfaction culturelle, via son identité numérique et les biens associés, créés ou achetés. Cela s’accompagne d’une valorisation des activités de création rémunératrice, par la qualité des biens évalués directement par les internautes acheteurs, sans intervention d’une quelconque autorité.

Il n’est pas déraisonnable de penser que l’économie numérique telle que je la définis permettrait la création d’un nouveau secteur « quaternaire », après celui « tertiaire » des services et que le XXIe siècle voit la prédominance à terme de ce secteur dans l’activité économique globale.

La Partage Marchand ne peut d’installer qu’avec une crypto-monnaie mondiale, dédiée aux particularités du numérique. Le moyen de paiement est nécessairement gratuit, open-source, en P2P, sans effet Ponzi (contrairement à Bitcoin).

J’invite le lecteur à trouver tous les détails et autres justifications de ma proposition sur ce blog, avec ce papier…et je l’invite à me poser directement des questions et me faire part des critiques.

Je ne pense pas être aveuglé par le Partage Marchand, comme l’est Galuel avec la TRM, mais si vous pensez que je me trompe ou que je formule une théorie non applicable, alors merci d’avance de ne pas me laisser seul, dans une indifférence polie. Cette découverte du partage marchand a bouleversé depuis plus d’un an le champs d’investigation de mes recherches, et j’aurais adoré avec 20 ans de moins, faire une thèse sur ce sujet. Sachez que je n’ai aucune position académique à défendre, mais il est très difficile de pénétrer le domaine de la recherche en économie tant ce milieu est fermé. Critiquez autant que vous pouvez, partagez et diffusez des articles sur le Partage Marchand. Je vous en serai très reconnaissant.

Je sais que j’ai procédé à l’inverse de l’approche classique consistant à faire une étude d’antériorité, construire une bibliographie pour ensuite apporter ma petite pierre. Je suis parti de quelques connaissances basiques en économie mais surtout de ma bonne connaissance de l’Internet. Aussi, je vous remercie d’avance de me fournir des pistes que d’autres chercheurs auraient explorés, quelque soit leur domaine, pistes que je n’aurais pas trouvé, ni analysé en détail, ni compris. Enfin, je suis à la disposition de tout journal, toute revue d’économie ou tout comité de lecture que l’on me conseillerait pour soumettre un papier sur le Partage Marchand.

Laurent Fournier

Droit d’unicité

Ce post est plus une question adressée au plus juristes d’entre vous qu’une réflexion de plus. Vous pouvez me contacter par e-mail si vous préférez.

A l’époque du Net, est-il envisageable de demander un droit d’unicité d’identité numérique ?

Pour comprendre ce besoin, il faut revenir à la notion d‘identité numérique.

L’État donne un numéro unique à chaque habitant de son pays dès sa naissance. En France, c’est le numéro de sécurité social qui joue ce rôle. Ce simple numéro est signifiant, cela veut dire que chaque fois que vous donnez votre numéro de sécurité sociale à quelqu’un, il peut en tirer des informations personnelles (sexe, age, lieu de naissance,…) qui devrait lui rester confidentielle, ce qui soulève un problème pour la CNIL. Ce numéro n’était jusqu’à présent jamais utilisé pour prouver son identité. C’est la possession physique d’une carte papier ou plastique (carte nationale d’identité, passeport,…) et la signature manuscrite choisie par la personne, qui permettaient jusqu’à présent de prouver son identité.

Or avec le numérique et puisque l’on fait de plus en plus d’opérations à distance, il devient utile de compléter la possession d’une carte par deux autres moyens d’authentification; une biométrie (empreintes, iris,…) et la connaissance d’une passe-phrase, un mot de passe connu seulement de la personne. Soit les cartes incorporent une puce, soit le téléphone simule la fonction de la carte, mais une authentification moderne forte exigera toujours trois éléments:

  • un objet que vous possédez (téléphone, carte)
  • une information sur votre corps (biométrie)
  • une phrase secrète que vous connaissez seul

Historiquement, c’est une autorité de l’état qui produit cette carte, à un coût non négligeable pour la nation, et par construction, la passe-phrase est enregistrée sur une base de donnée centrale dans le cas de perte par le propriétaire (et un gros risque de fraude!). C’est comme si une banque remettait à un adolescent de 16 ans un chéquier en lui imposant une signature manuscrite particulière.

Le citoyen du XXIe siècle devrait avoir le droit de choisir lui même, déconnecté d’Internet, un jeu de clé cryptographique asymétrique (clé publique, clé privée) et ainsi de pouvoir utiliser sa signature électronique, non imposée. En plus, il devrait pouvoir obtenir de l’administration 1/ la preuve que cette signature est bien associée à son identité et donc à la donnée de son numéro de sécurité social vérifié par un agent assermenté, et 2/ qu’il ne possède qu’une seule identité et puisse prouver ce fait à un tiers.

Si l’administration était jusqu’à présent responsable d’allouer de façon unique un numéro de sécurité sociale (aux erreurs de saisie prés et aux effets de personnes nées à 100 ans d’intervalle), elle ne donne aucune preuve de l’association avec une possible signature électronique de la personne concernée.

Pourtant, ce droit serait très simple à satisfaire; Il faut et il suffit que toute personne qui se présente devant le service d’état civil d’une maire,

  • présente ses papiers d’identité qui lui corresponde et qui atteste la véracité du numéro de sécurité social présenté,
  • signe électroniquement le hashé (voir définition dans un cours de cryptographie) du numéro de sécurité social,
  • l’agent vérifie que la clé publique et le hashé ne sont pas déjà déposés sur Internet.

Si la procédure est validée par l’agent, ce dernier met alors en clair l’information minimum suivante (dans une table de hashage distribuée sur le Net):

HASH_NUM_SECU+CLE_PUBLIQUE+SIGNATURE_HASH

(moins de 500 octets par citoyen!)

Ainsi, même si un citoyen s’enregistre dans une marie à 1000 km de son habitation, il ne pourra jamais s’enregistrer sous deux identités numériques différentes. Bien qu’il puisse créer plusieurs couples (clé public, clé privé) et donc se définir des comptes en préservant son anonymat, il ne pourra disposer que d’un seul compte principal attestant l’unicité de son identité.

En signant électroniquement tout message, même à distance, il prouve qu’il est bien le propriétaire d’un numéro unique non signifiant.

Ce nouveau besoin est indispensable dans le cas d’une institution qui voudrait créditer une somme d’argent à un ensemble de personnes sans qu’il soit possible pour un individu de frauder se déclarant plusieurs fois.

L’État exige de connaitre l’identité de ses ressortissants par exemple pour suivre leur déplacements à l’étranger, mais en retour, un citoyen devrait pouvoir exiger de l’administration un système informatique qui lui permette de prouver l’unicité de son identité à quiconque sans dévoiler aucun attribut de cette identité ou une information minimale (vivant ou mort, année de naissance).

Précisons que le coût de satisfaction de ce droit est vraiment ridicule et sans comparaison aux plans centraux prévus pour délivrer une identité numérique à chaque citoyen. Il faut disposer d’un téléphone portable pour user de ce droit. Aussi, il ne s’agit d’un devoir, qui imposerait à chaque citoyen l’achat d’un smartphone.

Nous avons besoin de ce droit pour mettre en œuvre l’Eurofranc avec un début de création monétaire citoyenne. Quelle démarche faut-il engager pour espérer obtenir ce droit citoyen à terme ? Faut-il une requête à l’Assemblée Nationale ou à un tribunal administratif ?

Merci pour votre aide

LF

Le charlatanisme de Galuel

Les vidéos youTube permettent à chacun d’exprimer librement toute idée, toute théorie, même les plus farfelues. C’est plutôt un progrès démocratique à l’époque du numérique. Il n’est pas exclut qu’un citoyen ait un jour de par son expérience unique, une vision que les experts du domaine n’ont jamais eu par simple manque de recul. L’ANR a même prévu un financement pour ce genre d’innovation. Cependant, il est quand même rare que l’idée géniale passe au travers des mailles du filet des travaux d’universitaires qui sont payés et passent leur temps à réfléchir à cela. Mais ne jugeons pas à priori ! et regardons la proposition de la Théorie Relative de la Monnaie qui d’après son auteur Galuel aka Stéphane Laborde, permet de créer des « monnaies libres ». Etienne Chouard à eu l’ouverture d’esprit d’écouter la présentation de la TRM, parce qu’il reste réceptif à toute nouvelle proposition en apparence démocratique dans le domaine économique et de la politique. Sa volonté de comprendre les détails présentés comme scientifiques est tout à son honneur. Je ne parlerai pas de l’approche universitaire de Jean-Baptiste Bersac, au demeurant approche très intéressante et qui coupe court à l’intuition que l’état devrait rembourser sa dette comme un simple foyer…milles excuses.

Précisons que j’ai eu plusieurs échanges avec Stéphane Laborde depuis deux ans, sur mon blog, sur le sien et par e-mail. J’en viens aujourd’hui à la conclusion que la TRM est une pure arnaque et que son gourou fait preuve d’un profond charlatanisme que je vous propose de démasquer ici…après avoir regardé la vidéo en entier.

Galuel fait un usage constant d’un biai cognitif qui consiste à asséner une vérité B quand on parle d’un domaine ou d’une problématique A. Son auditoire étant captivé devant la justesse des affirmations et devant la rigueur de la présentation, en oublie de se demander….mais c’est quoi le rapport avec la choucroute ? Alors que la problématique qui intéresse tout le monde est la crise économique et politique que nous traversons et le rapport à la monnaie, Galuel nous fait l’éloge de la Physique Relativiste et pousse même le bouchon jusqu’à venter la logique modale de Godel. Il faudrait selon lui, comprendre la preuve ontologique de Godel  pour comprendre la TRM ! Il ne manque pas aussi de montrer son admiration pour Richard Stallman sans faire le lien avec le sujet. Je peux comprendre que l’on ait une curiosité forte devant certaines constructions théoriques des plus brillantes, mais est-ce une raison de les raccrocher à chaque occasion et à chaque problématique de la vie ? C’est même une des plus vieilles ficelles des scientistes d’invoquer des grand scientifiques pour justifier des idées sans aucun rapport.

Certes une monnaie est une mesure « relative » de la valeurs des biens entre eux, mais cela n’a rien à voir avec la constance, l’invariant de la vitesse de lumière. Si le GPS est une des très rares application de la Relativité restreinte, pour la très grande majorité des activités humaines et en particulier pour les échanges économiques, les objets et les personnes ne circulent pas à la vitesse de la lumière et l’on peut très largement se satisfaire d’une approche plus intuitive (plus Newtonienne dirait-on pour garder l’analogie Physique). En utilisant une monnaie, les citoyens recherchent une stabilité, il veulent gommer le caractère justement « relatif » des prix et se donner une échelle mentale absolue. En démocratie, tout échange commercial est basé sur le fait que chaque acteur repart gagnant de l’échange et dans des proportions équivalentes. Sinon l’échange ne se fait pas. Parce que l’économie est un mélange de création de richesse et de partage, dont tout acteur rationnel est conscient, il ne réalise un échange que dans des conditions particulières d’équité apparente. Il y a deux cas extrêmes où un individu peut refuser un échange contre un bien dont il aurait besoin, mais le prix ou les conditions donneraient un gain, un avantage à autrui jugé trop important, ce dernier s’enrichirait trop relativement à soit.  Inversement, un individu peut se forcer à un échange pour un bien dont il n’a pas vraiment besoin, mais pour combler une injustice, donner un léger avantage « relatif » à son interlocuteur. Quand Galuel affirme que l’on ne peut pas comparer la volatilité du Dollar par rapport au Bitcoin ou de celle du Bitcoin par rapport au Dollar à cause de la relativité. Il avance simplement une énormité mais avec un tel charisme que personne ne bronche. Si l’on prend l’ensemble des devises qui existent, pondérée par leur masse respective, alors on peut calculer les taux de change de n’importe quelle monnaie par rapport à n’importe quelle autre et on peut même définir une devise virtuelle appelée référence, initialement à une valeur arbitraire, mais qui ensuite suivrait une variation relative qui minimise la somme des écarts des taux de change avec les autres monnaies (voir Merchant Sharing pour avoir une formule de calcul de cette référence). Il est alors aisé de comparer la volatilité du Dollar et celle du Bitcoin par rapport à cette monnaie de référence….et on verra que le Bitcoin est beaucoup,  beaucoup plus volatile, donc moins stable que le Dollar. Les spéculateurs ne s’y trompent pas en faisant de Bitcoin un terrain de jeu pour ceux qui aiment le risque et veulent gagner beaucoup en peu de temps.

Galuel tente par une pirouette de dire que c’est la symétrie inhérente au principe de relativité qui est la caractéristique fondamentale des monnaies issues de la TRM, sous entendant que les autres monnaies seraient asymétrique. Si les échanges commerciaux sont depuis l’Antiquité, toujours symétriques (un vendeur, un acheteur), sans faire intervenir une quelconque autorité, une quelconque hiérarchie, alors de quelle a-symétrie parle Galuel ? La TRM aborde le problème légitime de la création monétaire.

De tout temps, la création monétaire a été un objet de lutte du pouvoir concomitant avec la notion d’État. Une société s’organise par la définition d’une devise et les institutions gouvernant l’État sont responsables de l’émission de la monnaie et de la lutte contre tout autre création de monnaie sur le territoire. Le fait qu’il n’y ait pas de monnaie unique mondiale reflète le fait qu’il y ait des pays différents qui se font une concurrence acharnée et tentent d’imposer à l’autre leur propre devise pour augmenter leur pouvoir relatif.

Un état démocratique va toujours chercher le moyen le plus efficient et le plus juste de procéder à la création monétaire de sa devise. Cette création monétaire est directement fonction du nombre d’humains, de leur espérance de vie parce que l’économie s’intéresse à la satisfaction des besoins des humains (manger, se vêtir, s’abriter, se divertir, apprendre,…) Ce n’est pas spécifique aux monnaies dites libres.  D’un autre coté, tous les humains ne sont pas les mieux placés équitablement pour valoriser la monnaie créée en produisant l’équivalent en bien ou service. Dans un mode constitué seulement d’agriculteurs et d’artisans individuels, il serait moralement juste de donner exactement le même montant de création monétaire à tout être vivant. C’est ce que dit la TRM et elle donne même la valeur du Dividende Universel en fonction du nombre de personnes et de leur espérance de vie moyenne.

Mais deux faits viennent renverser cette belle idée:

  • Depuis la révolution industrielle et une plus grande spécialisation du travail, la pénibilité moyenne du travail a diminué (je pense à mes grand parents cultivateurs qui n’avait aucune vacances et se ruinaient la santé) mais alors beaucoup d’actifs se sont éloignés du rôle de producteur terminal pour devenir salarié, employé. Du coup, la création monétaire dont ils disposeraient si elle était répartie équitablement, ne serait pas utilisée pour des investissements, mais seulement en consommation. Inversement, pour la direction d’une entreprise, donc par définition le groupement de travailleurs pour optimiser la production à l’échelle de biens en dégageant plus de gains dans une concurrence toute capitalistique, cette direction doit pouvoir investir plus que le montant de création monétaire des seuls dirigeants. Ce principe est surtout valable dans l’économie de bien matériels…on verra dans un livre à paraitre que c’est différent dans l’économie numérique.
  • Avant l’arrivée d’Internet, et même encore actuellement, il est  techniquement impossible de rétribuer équitablement tous les citoyens toute la création monétaire. Certains citoyens risquent d’être oubliés tandis que d’autres fraudeurs inventeront plusieurs identités pour toucher plusieurs fois ce revenu.

Donc historiquement, ce sont les banques privées et les banques centrales qui se sont chargées de la création monétaire au moment de la demande d’un crédit car il y a souvent (pas toujours !) corrélation entre une demande de crédit et un projet de création de richesse économique. Ce système a de nombreux défauts (dénoncés a juste titre par Etienne Chouard et d’autres) et en particulier de générer des inégalités flagrantes, des rentes de situation, mais l’État est aussi là pour procéder à des redistributions et pour fournir à chacun un matelas de revenu pour vivre décemment. On peut même y avoir une logique d’efficience à bien rémunérer, même à ne rien faire, les plus démunis pour qu’ils soutiennent la consommation, et non l’épargne.

La bonne solution est certainement dans un compromis avec une partie de création monétaire délivrée lors des crédit d’investissement des entreprises et l’autre partie répartie équitablement dans l’espace entre citoyens (une sorte de revenu de base partiel). Or la TRM propose un système dans lequel le montant de DU est déterminé, fixé seulement par le nombre de membres et par le niveau d’espérance de vie, sans intégrer le fait qu’une partie de création monétaire puisse rester la prérogative des banques. C’est donc le régime politique opposé de celui en vigueur actuellement. Pour l’appliquer, il faudrait transférer toute la création monétaire dans les mains des citoyens à part égale et le faire pendant plusieurs siècles pour que les effets  inter-générations produisent leurs effets. En plus, la TRM fait l’hypothèse d’un monde stérilisé où l’action politique n’a aucun effet économique. Nous savons bien que l’expérience historique nous montre que c’est faux. Chaque génération a largement la liberté et les moyens de réguler la répartition de richesse entre les jeunes et les vieux s’il y a déséquilibre. Il ne servirait à rien d’étiqueter des règles pour les prochains millénaires car tant d’accidents peuvent subvenir. (Faire la TRM pour 2085 n’a pas de sens) .Et si le problème est un déséquilibre générationnel, le rôle de l’État est d’y remédier.  Donc l’exigence de symétrie temporelle n’est pas à satisfaire et le montant individuel de création monétaire (par mois), doit impliquer les autres formes de création monétaire et la fiscalité. La belle formule de la TRM ne sert donc à rien sur Terre. Elle ne pourrait que s’appliquer sur Mars, et encore si tous les martiens sont tous des artisans auto-entrepreneurs et qu’il n’y ait pas d’État !

Le second argument de séduction (car il n’y a aucune démonstration mathématique) de la TRM est son rapport à la liberté, au point que les monnaies respectant la TRM sont qualifiées par Galuel et ses disciples de « monnaie libre« . Or nous venons de voir des principes de symétrie de la TRM qu’il s’agit plus de promouvoir une « égalité » (temporelle et spatiale) qu’une « liberté« . En fait, Stéphane Laborde est un partisan de la multitude des monnaies et donc la liberté qu’il défend est « la liberté de pouvoir créer sa propre monnaie » pour soi et pour ses proches. C’est ni plus ni moins qu’une demande de légalisation du faux monnayage ! Je veux bien qu’il y ait actuellement un ras-le bol des institutions, une haine des « banksters » et une envie de casser tout le système, mais un état démocratique ne peut pas tolérer trop longtemps qu’on laisse chacun créer sa propre monnaie, une fonction régalienne par excellence. Pourquoi me direz vous ?

Parce que premièrement la multiplication des monnaies rend les transactions complexes au point que certain échanges seraient abandonnés par cette complexité de l’outil de paiement. D’autre part il s’installerait obligatoirement une activité purement spéculative dans les échanges inter-devises, sans pour autant produire de la richesse. C’est même pire, les plus gros gagnants seraient les investisseurs, décourageant ceux qui travaillent dur dans l’économie réelle. A l’extrême, l’activité générale migrerait du domaine de la production de biens et services utiles pour satisfaire les besoins humains à celui purement parasitaire de spéculation, entrainant la mort programmée de la production pour transformer le monde en un gigantesque « jeu d’argent ». Ceux qui ne voudraient pas jouer devraient aller vivre en autarcie comme leurs ancêtres. C’est pour cela que nous demandons la qualification par le ministère des finances de l’activité autour du Bitcoin comme « jeu d’argent », et donc taxation comme tel.

De différentes manière, toutes les monnaies et crypto-monnaies qui se créent actuellement désavantagent les non adhérents au profit des premiers entrants. La moins mauvaise est Eurofranc, mais ce serait long à expliquer. Donc la liberté de la TRM de choisir sa monnaie n’est absolument pas un bon objectif démocratique à suivre. J’ai même montré dans un précédent article qu’un individu seul pouvait berner toute une société par la création de sa propre monnaie (en faisant croire que toute une communauté le suit). Si enfin la définition de la limite de la liberté est dans la « nuisance à autrui », alors cette liberté devrait être requalifiée car elle procède au plus ignoble des chantages;

…crée ta propre monnaie ou bien spécule sur celle des autres pour survivre car si tu ne veux pas jouer, tu es condamné à la misère !

Il y a un an, je ne comprenais pas pourquoi Galuel n’était pas si critique que cela avec Bitcoin et les monnaies de la même famille. Maintenant, je réalise qu’il voue une haine farouche envers tout organisme centralisé, que sa passion des architectures distribuée du Net déborde sur sa vision de l’économie et qu’il insiste tant sur le logiciel libre au point de faire de Stallman un Dieu. La liberté des logiciels open-source est justifiée par l’efficacité d’une production logicielle rapide et de très bonne qualité, mais en pompant des richesses de l’économie classique (logiciels privatif). On ne le dira jamais assez: une monnaie n’est pas un bien, même immatériels. C’est un instrument de mesure de référence de valeur pour une population. Du coup Galuel est prêt à accepter la plus ignoble des impostures plutôt que de laisser une autorité contrôler l’émission monétaire, même si l’autorité est légitiment élue et représentative du peuple ! Cette imposture est plus exactement celle de tolérer que des ignorants achètent des « preuves de consommation électrique de super-calculateur », preuve sans aucune utilité, alors qu’aucune création humaine n’intervient dans le processus et que les mêmes défenseurs du minage de Bitcoin fustigent les éditeurs de logiciels privateur, quand bien même ces logiciels ont exigé un travail humain, travail qui mérite une rémunération. Par analogie, cela me fait penser à un collègue soit disant écolo qui critiquait que je roule en voiture électrique, même avec de l’électricité issue de panneaux photovoltaïques (car j’utilise en tampon un centrale nucléaire), mais laissait tranquille ceux qui venait en gros 4×4 Diesel  !

Vous noterez que Galuel refuse tout association de la valeur des biens avec une notion de travail humain. Il glorifie Richard Stallman, un ayatollah de la « liberté », et le qualifie du plus grand créateur du siècle…pour son œuvre de destruction des activités économiques « open-source » non aussi pure que les « logiciels libres » !

Le peu d’économie que j’ai fait à l’école, on m’a appris qu’une démocratie était un savant équilibre de liberté, d’égalité et de fraternité…des gens y ont longtemps réfléchi. Sur ce, arrive un prof de Math (seulement ingénieur, pas agrégé ni docteur) qui se permet de moquer le niveau de compréhension en Maths d’Etienne Chouard: « sur la vidéo:…moi je peux plus rien pour vous, au bout d’un moment, il faut faire des maths les mecs ! »;…et à nous vendre du Godel…un logicien extra-ordinaire certes, mais cette vidéo n’était pas le lieux de diffusion de ses préférences littéraires; le Godel n’est pas un ouvrage technique pour logicien et quant à lire un roman, il aurait pu proposer La déesse des petites victoires. Bref !, le pseudo scientisme pédant de Galuel va soit rebuter le lecteur, soit en faire un disciple admiratif qui ne comprendra jamais rien, mais trouvera génial que l’on relie une théorie aux travaux d’Einstein, Godel, Stallman…Il a oublié de faire une théorie économique des cordes et aussi une théorie fractale de la monnaie 😉

En fin de compte, Galuel fait preuve d’un égoïsme total face à Etienne Chouard dont la démarche reste toujours humaniste et orientée vers l’adhésion et le bon sens du peuple. Contrairement à ce que laisse entendre Stéphane Laborde qui ne veut obliger personne, ne veut rien imposer à personne, l’économie et surtout la politique est l’art de faire des choix dont certains s’imposeront à tous, fussent-il issus d’une minorité. C’est parce qu’il y a imposition nécessaire que la discussion est requise. S’il n’y a pas d’État et plus de politique parce tout est « liberté », alors la société ne tardera pas à régresser socialement.

Si je peux me permettre un dernier conseil à Stéphane, c’est de s’inscrire en première année de fac d’économie et de nous reparler de la TRM dans 10 ans, appliquée au Terriens, pas aux Martiens !

LF

NB: Galuel n’a jamais répondu sur le fond aux questions que je lui posais et plutôt que de me remercier de m’intéresser à ses travaux, il m’a renvoyé à ma prétendue nullité en Physique relativiste et en Logique modale…il ne sait pas que j’ai suivi un DEA d’Intelligence Artificielle à Jussieu, mais au delà de ça, ce qui me choque le plus, est une sa démarche « anti-recherche » manifeste. Il ne tolère aucune critique. Néanmoins, je lui laisse ici et maintenant la liberté entière de me répondre et d’avancer des arguments si il arrivait que je me soit trompé et que la TRM mérite bien un prix Nodel.