Bitcoin mon Amour!

Faisons le point sur Bitcoin  :

Bitcoin assure trois fonctions :

  • un protocole P2P avec propagation d’une chaîne de transaction sécurisée
  • une valeur de spéculation équivalente à l’0r en d’autres temps
  • un moyen de paiement international par l’Internet

Mélanger ces fonctions est la source de confusions et des pires déconvenues qui risquent d’arriver.

Si vous regardez le code source (en C) du nœud Satoshi, vous y trouverez principalement de la cryptographie et du protocole réseau.
Le principe du minage est une curiosité algorithmique des plus intéressantes, et la sécurité des transactions me semble assez élevée pour ne pas craindre de ce coté là. J’ai joué avec la chaîne de test pour pouvoir miner facilement en Python, sans avoir la pression de la chaîne officielle, ni du matériel performant en GPU. A aucun endroit du code, vous trouverez des règles de conversion des BTC en € ou en $. La convertibilité a été décrétée quand le Bitcoin a progressivement débordé le champ de curiosité des informaticiens. C’est à ce même moment que l’auteur originel (Satoshi) a disparu avec quelques avis défavorables d’en faire une véritable monnaie convertible. Comme le taux ne conversion n’est pas fixé ni assujetti à un quelconque algorithme déterministe, la valeur du BTC est uniquement fonction de la valeur de confiance que lui accorde la population grandissante des propriétaires (anonymes) et de l’historique/anticipation des transactions (instant, id, quantité). On est donc dans un monde de spéculation pure, dont la valeur porte sur une preuve mathématique…ce qui est le paradis des spéculateurs et on se s’étonnera pas d’une première bulle en 2011 et d’une deuxième qui grossi actuellement avec un taux qui rend minable tout traideur de la City. Comme ce système n’est pas identique à la version originelle de la pyramide de Ponzi, ses défenseurs s’évertuent à clamer que ce n’en n’est pas une, mais de plus fin analystes s’accordent pour penser que le Bitcoin a toutes les caractéristiques d’une grosse arnaque. Pas sur la cryptographie, ni sur un délit d’initiés (bien que le minage était plus facile au début, la croissance de la difficulté est connue de tous), mais dans le simple fait que le taux de conversion soit totalement libre à la loi de l’offre et à la demande. Le petit jeu consiste a se retirer au dernier moment, juste avant l’implosion de la bulle, dans une guerre sans merci entre apprentis-traideurs (qui se moquent aussi de la beauté de l’algorithme !). Ne soyons pas naïfs, quand un bien affiche des taux de croissance à 3 ou 4 chiffres (400% les derniers mois, 100€ maintenant!), ce n’est que de la spéculation, et il n’y a pas un brin d’activité humaine innovante investie. Tout ceci ne serait pas grave si les spéculateurs restaient entre eux pour se dévorer, mais ce qui est plus préoccupant est qu’ils font maintenant de la publicité auprès du citoyen pour venter le Bitcoin comme simple moyen de payement. On donne un petit coupon gratuit à faire valoir au Casino et quand le bon père de famille a accroché l’hameçon croyant faire un bonus facile sur son dur labeur, ce pauvre se fait dépiauter jusqu’à l’os quand la bulle crève.

C’est vrai qu’en 2013, il est quand même incompréhensible qu’il n’y ait pas un moyen de paiement simple, sécurisé et gratuit sur l’Internet, cela devrait êre un droit, comme celui de l’accès à l’Internet. Le système bancaire freine des quatres fers pour retarder les échanges d’argent entre particuliers, laissant la pare belle à Visa, Mastercard et Paypal qui imposent un impôt privé sur un droit pourtant démocratique, à savoir, les échanges marchand par l’Internet. Dans ce contexte, Bitcoin vient mettre un coup de pied dans la fourmilière et proposer une solution internationale, moins chère en commissions et intégrée à un moyen de paiement moderne, par le smartphone. Selon un rapport de la BcE d’octobre 2012, le bitcoin ne représentait pas une menace car il générait un volume négligeable, mais ce volume vient de passer au dessus du Milliard de dollars très récemment et cela devrait commencer à faire réfléchir. Certes, les banques ont intérêt à laisser grossir la bulle et la laisser s’éclater toute seule pour retrouver la confiance des citoyens bernés, confiance qui s’étiole en ce moment quand les gens réalisent enfin qu’ils sont privés du mécanisme de création monétaire (prérogative des banques privées!).
Le Bitcoin profite du besoin légitime de tout un chacun de disposer d’un moyen de paiement sur l’Internet pour allécher le citoyen sans l’informer de l’extrême volatilité du taux. J’ai peur que beaucoup de gens croyant utiliser un chèque électronique découvre un peu tard qu’ils ont entre leurs mains un ticket de loterie.

Comme expliqué à différentes occasions, le  ne court absolument pas le risque de spéculation, à la Bitcoin, pour trois raisons résumées ainsi:

  • le taux de conversion sont calculés pour minimiser la somme des variation des taux (effet amortisseur global)
  • les conversions sont taxée et alimente les états et non le secteur privé
  • tout échange de  est obligatoirement lié à un échange d’un bien immatériel, la monnaie elle même ne peut pas faire l’objet d’un commerce.

Maintenant que faudrait-il pour répondre aux besoins des citoyens en matière de moyen de paiement non risqué ? Tous les éléments techniques existent, il faut juste une volonté politique ou un pression citoyenne un peu forte pour l’exiger son déploiement.

Vous savez ce qu’est un chèque, vous l’utilisez entre particuliers. Sachant le coût du traitement manuel du chèque papier, on se demande comment est-il encore gratuit, signe que les banques ont de la réserve, mais aussi que l’argent consacré à maintenir un système peu automatisé pourrait servir à de l’investissement véritable ou de l’innovation.

Quand vous émettez un chèque, vous le signez…mais il existe depuis longtemps aussi une version numérique de la signature, dite électronique disponible sur tout appareil de calcul, donc potentiellement sur un smartphone moderne. Dans le petit exemple qui suit, nous utilisons RSA sur 4096 bits, mais il existe d’autres algorithmes.

Comment utiliser un chèque version électronique:
Il faut d’abord vous créer une identité numérique personnelle en mode déconnecté du Web (wifi, 3G,…). Vous générez localement une paire de clé GnuPG  (ou PGP) et vous choisissez un mot de passe (non, ce n’est pas la banque, ni VISA qui vous l’envoie!), et vous ne le donnez à personne. Votre clé publique est ensuite diffusée sur un serveur public pour dire que vous existez et ne pas vous confondre avec un homonyme. Votre clé privée reste elle sécurisée sur votre téléphone, impossible pour l’opérateur télécom ou-bien un correspondant sur le Net de lire cette clé. Vous demandez ensuite un rendez-vous avec votre conseiller financier de l’agence locale de votre banque. Celui ci aura aussi généré ses propres clés GPG avec dans le nom public le nom de la banque, l’adresse de l’agence, (la partie de l’IBAN sauf votre numéro de compte). Vous lui montrez sur place que vous pouvez signer un petit message contenant les références de votre compte (le numéro de compte), histoire de lui prouver que c’est bien vous le propriétaire. Il vérifie instantanément la signature numérique (programme qui répond OK ou KO). Le conseiller signe alors votre message signé pour donner son accord sur les transactions avenir.
Maintenant, vous allez dans un magasin avec votre téléphone portable (et une petite appli qui va bien). La caissière de SuperU vous indique 42€96. Avec la caméra de votre téléphone, vous scannez le QRcode/DataMatrix qu’elle vous présente (il n’y a de codé que l’indication du montant et le nom du destinataire, rien de secret), comme elle le fait avec un appareil pour pré-remplir les chèques, juste pour vous éviter de mettre la somme et le destinataire au stylo. Le montant s’affiche bien entendu en gros sur votre téléphone au cas ou elle vous demanderais une somme différente (la coquine! ). Vous tapez alors votre mot de passe (en secret) pour produire la signature sur la chaîne de caractères du type ‘le 02/04/2013 à 18h34 Toto Dupond achète pour 42€96 à SuperU de Flourens en Haute Garonne’. Votre téléphone génère ainsi sous forme aussi de QRcode votre chèque électronique, que la caissière scanne directement sur l’écran de votre portable avec sa douchette (et elle vous identifie aussi pour la carte de fidélité du magasin!). Le message chèque est automatiquement vérifié (votre signature et l’existence d’une agence de banque connue sous l’identifiant du certificat) puis envoyé en clair à la propre banque du magasin ainsi qu’à celle de l’émetteur du chèque (pratique l’immatérialité!), banque qui déclenche le virement correspondant de la somme indiquée, tout automatiquement, sans frais. La banque réceptrice vérifie simplement l’exécution du virement et informe le magasin en cas d’anomalie (du système classique, pas de la cryptographie). Dans cette version simple, il n’est pas vérifié que le compte est créditeur, mais pour des plus grosses sommes (seuil à définir) il peut être exigé une preuve de solvabilité…très simple; la banque dispose d’un service qui signe toute demande d’un client de justifier un solde d’un montant donné, pour une date donnée (un peu comme un service d’horodatage sur le Net). Si je veux acheter un saxophone à 2000€, j’envoie une demande par e-mail à ma banque, qui me répond presque instantanément que j’ai plus de 2000€ ce jour, en fait j’avais 2800€ mais le commerçant n’a pas à le savoir. Cette preuve est alors donnée au commerçant pendant l’achat électronique. Comme tout se passe par des signatures de message, je ne suis absolument pas obligé d’être connecté au Net lors de mon achat, ni d’avoir un forfait Data (3G,4G). Comme un chèque fait entre particuliers, vous pouvez aussi faire un chèque électronique pour une autre personne, soit de téléphone à téléphone, par une QRcode, soit par un message envoyé par l’e-mail. Notre petit processus ne vous enlève pas de commission de taux de change si vous échangez avec une autre devise, mais si vous restez dans la même monnaie, cas de la majorité des transactions courantes, vous ne devez pas être ponctionné d’un centime de commission. Enfin, il peut même y avoir un seuil de montant défini par le magasin en-deçà duquel la signature n’est pas requise, vous devez simplement posséder votre téléphone (donc avoir son code PIN). Par exemple, pour des achats de moins de 15€ le simple fait de scanner le QRcode présenté déclenche automatiquement la demande de transaction. Attention, le téléphone doit entre en mode achat de l’application. C’est donc beaucoup moins risqué que les cartes sans contact qui peuvent être débitées en approchant un appareil de lecture de la poche se son propriétaire sans qu’il le sache.

Mais si c’est si simple, pourquoi cela n’est pas déjà généralisé!…je me pose exactement la même question. On peut trouver une piste de réponse dans la volonté de certains de ne pas améliorer un système qui rapporte une rente, et dans la volonté de nouveaux acteurs, comme les opérateurs téléphoniques de trouver une nouvelle source de revenu. A nous citoyens d’affirmer qu’une solution gratuite, sécurisée et simple est faisable pour les échanges marchand sur le Net.

Il n’est pas impossible que si le chèque électronique se mettait en place, on assisterait à un désintérêt massif du Bitcoin et peut être à l’éclatement d’une bulle, mais je pense qu’elle n’attendra pas pour éclater.

Si vous traquez l’injustice crée par les banques actuelles, ne vous laissez pas séduire par les sirènes de Bitcoin, battez vous plutôt pour une réappropriation du droit de création monétaire par le citoyen, cela se nomme « revenu de base » ou « dividende universel ».

Enfin on aura compris que pour les biens non matériels et marchand, je ne saurais que conseiller d’utiliser le , actuellement la solution la plus démocratique.

LF

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