⊔: monnaie mondiale dédiée au numérique

Le concept de monnaie mondiale fait souvent sourire les économistes. En effet, il a été démontré, par André Orléan en particulier, qu’une économie marchande ne pouvait pas se passer d’une monnaie et que des forces naturelles tendaient à l’hégémonie d’une seule monnaie. Les promoteurs libertaires d’une myriades de crypto-monnaies ne doivent pas s’y tromper. C’est le besoin de liquidité qui prime en économie et non le besoin de créer sa propre monnaie local, voire corporatiste ou sottement anti-capitaliste. Alors pourquoi n’observe t-on pas une seule devise dans le monde ?

Une monnaie n’est souvent que la manifestation économique de l’unité d’une nation qui se bat dans une arène mondiale. Chaque nation essaie d’augmenter ses pouvoirs dans l’absolu et vis à vis des autres, en passant des alliances avec certains ou en lançant des attaques envers d’autres. Sa politique monétaire est un outil incontestable de la guerre économique.

IMG_1320A ce jeu, le plus puissant (les USA) a toujours un avantage et il vaut mieux être challenger (Europe, Chine,…) qu’un tout petit pays avec sa propre devise, pour ne pas se voir attaqué par les majors. D’où l’intérêt pour les pays du vieux continent à forcer l’instauration d’une monnaie commune qui ait un poids face au $, en espérant que les structures politiques suivent la trace.

Si le citoyen tend à l’utilisation, préfère inévitablement et raisonnablement n’utiliser qu’une seule monnaie quotidiennement, c’est parce qu’il n’est pas investi de la lourde charge de création-monétaire. Ce pouvoir de création monétaire donne d’un coté beaucoup de pouvoir à ceux qui le possèdent, mais ce pouvoir est d’autant plus important que le groupe des adhérents est grand. Il y a donc clairement un rapport de force entre le peuple qui accepte le regroupement sous une même monnaie à la condition que des principes démocratiques soient respectés et les institutions, contrôlées par une certaine élite, en charge de la création monétaire. Refuser toute autorité comme le font les crypto-monnaies de la famille Bitcoin n’est absolument pas gage de démocratie. Il y a seulement transfert d’une autorité institutionnelle, élue et normalement régulée vers une autorité individuelle, aléatoire et temporelle; celui qui a définit la chaîne de caractères racine de la blockchain Bitcoin est le « dieu » de pyramide de Ponzi ainsi créée. Or si une création monétaire ne respecte pas certains principes d’équité, alors la monnaie en question devient un jeu d’argent, qui est contre-productif pour l’économie et qui doit être dénoncé comme tel. Une vraie monnaie doit faciliter les échanges sans imposer aux acteurs d’entrer dans un jeu de hasard ou de stratégie. Le temps de cerveau consacré à la fixation d’un prix et à la décision d’achat doit absolument être minimisé et laisser du temps pour la création matérielle ou immatérielle. Donc les crypto-monnaies de type Bitcoin sont des anti-monnaies, des destructeurs d’économie, des perturbateurs de paix sociale….car c’est quand un citoyen réalise qu’il s’est fait roulé à un jeu caché qu’il devient le plus violent. Loin de moi l’idée d’interdire les jeux d’argent, mais chacun doit être consentant et parfaitement informé des risques. Imposer Bitcoin serait équivalent à injecter de force une drogue. L’absence d’institution identifiée, le recours à des logiciels libres ou la présence d’un protocole décentralisé auraient bon dos face à une telle atrocité sociale.

Revenons maintenant à la problématique de monnaie mondiale

Envisager une devise mondiale, ce serait abandonner des armes et donc pour les politiques, renoncer à des marges de manœuvre pour conduire son pays en toute souveraineté. Ce serait aussi une obligation de résorber les inégalités de richesse entre pays, ce que les nations les plus favorisées ne sont pas tentées de faire par crainte d’y perdre au change. A l’image de la solidarité entre individus, la solidarité entre pays n’est jamais totale et sans limite…malheureusement.

Si l’on ajoute le fait que le ForEx reste un terrain de jeu favori de spéculateurs biens planqués, donc dans l’économie « classique », il y a de fortes chances qu’une monnaie mondiale ne voit jamais le jour.

Notons en passant la très grande difficulté que connaissent actuellement les États à prélever une TVA sur des produits et services trans-nationaux et du fait de la multiplication des échanges P2P (personne-to-personne) car il est techniquement impossible de taxer des amateurs non explicitement référencés pour commercer…nous reviendrons sur ce problème.

Pour l’économie numérique, la vraie, celle basée sur le Partage Marchand, définir et utiliser une monnaie mondiale dédiée (notée ⊔) fait sens pour plusieurs raisons:

  • les échanges/partages s’effectuent sur le Net, mondial par définition. La nationalité de l’internaute ne peux jamais être connue avec certitude (un simple VPN permet de faire voir son adresse IP venant de tout autre pays)
  • comme cette monnaie est dédiée aux biens immatériels du Net exclusivement, une conversion est nécessaire dans une devise courante pour acheter ou pour vendre des biens matériels ou des services. C’est à l’occasion de ce change qu’il est très facile, et automatique de prélever une taxe sur le taux de change. Dans le cas d’un acheteur européen qui converti des € pour avoir des , achète ensuite une œuvre culturelle à un américain, qui convertit alors les en $, la première conversion produit un revenu pour la BCE, redistribuée au États membres et la deuxième un revenu pour la FED, reversé à l’État Fédéral américain.
  • La spéculation en n’est pas possible par construction de l’économie numérique centrée sur l’artisanat numérique, mais aussi par la fixation d’un taux de change selon un algorithme stabilisateur. Les taux de conversion du ne sont ni ouverts aux marchés, ni ouverts aux décisions politiques.
  • La création monétaire est dans un premier temps nulle (ce n’est qu’un moyen de paiement numérique) pour ne pas créer d’inégalités, mais on peut logiquement envisager qu’à mesure que se développe un artisanat numérique décentralisé et se passant d’intermédiaires de type entreprises, il soit logique de d’allouer un part de création monétaire directement aux citoyens, en veillant à protéger le principe d’unicité et de façon progressive pour ne pas trop dé-avantager les non-encore adhérents.
  • Comme le Partage Marchand impose un mécanisme de remboursement, il est préférable que l’économie associée ait sa propre monnaie pour plus de clarté/transparence et pour ne pas prêter le flanc à des fraudeurs qui ne s’engageraient pas à respecter pas les principes démocratiques du Partage Marchand, sous prétexte de liberté commerciale.
  • Le n’étant que numérique et entièrement basé sur Internet ouvert, il doit y avoir un minimum de liens avec les réseau bancaire traditionnel, gros demandeur de commissions. Les calculs supplémentaires imposés par la technologie du partage marchand ne doivent pas être l’objet de frais de fonctionnements. Le Net peux largement supporter la monnaie , mais cette dernière devra se cantonner au Net pour rester « gratuite ».

La définition des taux de conversion de vis à vis des autres devises mondiale fait de la référence la plus stable qui puisse exister. On peut même se servir de cette référence comme outil de mesure des fluctuations d’une devise quelconque. La seule variable d’ajustement est la pondération de chaque monnaie en fonction de la masse monétaire en circulation, selon que l’on considère ou pas les échanges financiers dans le calcul de cette masse monétaire, le  peut très légèrement varier, mais il ne serait pas très difficile pour l’OMC d’obtenir un consensus sur les valeurs des masses monétaires relatives de toutes les devises mondiales.

L’économie matérielle implique des transports, des transformations intermédiaires. Les prix des produits et services sont donc très dépendants des conditions géographiques, historiques des intervenants dans la chaîne de fabrication. L’hétérogénéité des monnaies ne fait que traduire ces déséquilibres pour maintenir une certaine homogénéité au sein d’une même région historico-géo-politique.

Pour un bien immatériel, son prix n’est pas un critère de concurrence et il doit seulement être compatible avec la propension à payer un bien culturel (très subjectif), mais la correspondance avec des biens matériels est automatiquement ajustée par le taux de change avec la monnaie locale. Pour illustrer de façon caricaturale cette propriété, nous dirons qu’un individu dans un pays riche peut acheter une chanson sur le Net pour le prix d’un BigMac et que l’auteur de cette chanson, par exemple dans un pays en développement, pourra acheter l’équivalent d’un BigMac dans son pays. Donc pour tous les acteurs du Net, il devient seulement utile d’utiliser la même référence, en , comme on utilise l’Anglais pour les messages courants.

Le besoin d’une crypto-monnaie mondiale dédiée aux biens immatériels de plus en plus présents dans l’économie du XXIe siècle, devrait s’affirmer et se justifier de plus en plus, mais il faudra veiller à ne pas tomber dans les pièges d’arnaque de type Bitcoin, et il faudra la participation d’institutions centrales pour au moins réguler la création monétaire, et pour préserver l’unicité des comptes principaux de chaque citoyen. C’est un grand chantier, mais je ne vois aucun obstacle technique. Il faut juste considérer la présence d’Internet, y voir une opportunité formidable et la volonté de promouvoir une économie numérique dans un cadre démocratique affirmé. Nous n’avons pas à nous positionner sur le plan politique tant le raisonnement vers une monnaie mondiale dédié me semble conduit par une argumentation scientifique, positive, qu’il faut juste expliquer et diffuser.

Je me permets de rappeler que ceci est chaleureusement ouvert à la critique. En particulier, je serais ravis que des universitaires spécialistes de la monnaie, tels qu’André Orléan, puisse analyser le tournant numérique imposé par le Net et les crypto-monnaies.

LF

Le charlatanisme de Galuel

Les vidéos youTube permettent à chacun d’exprimer librement toute idée, toute théorie, même les plus farfelues. C’est plutôt un progrès démocratique à l’époque du numérique. Il n’est pas exclut qu’un citoyen ait un jour de par son expérience unique, une vision que les experts du domaine n’ont jamais eu par simple manque de recul. L’ANR a même prévu un financement pour ce genre d’innovation. Cependant, il est quand même rare que l’idée géniale passe au travers des mailles du filet des travaux d’universitaires qui sont payés et passent leur temps à réfléchir à cela. Mais ne jugeons pas à priori ! et regardons la proposition de la Théorie Relative de la Monnaie qui d’après son auteur Galuel aka Stéphane Laborde, permet de créer des « monnaies libres ». Etienne Chouard à eu l’ouverture d’esprit d’écouter la présentation de la TRM, parce qu’il reste réceptif à toute nouvelle proposition en apparence démocratique dans le domaine économique et de la politique. Sa volonté de comprendre les détails présentés comme scientifiques est tout à son honneur. Je ne parlerai pas de l’approche universitaire de Jean-Baptiste Bersac, au demeurant approche très intéressante et qui coupe court à l’intuition que l’état devrait rembourser sa dette comme un simple foyer…milles excuses.

Précisons que j’ai eu plusieurs échanges avec Stéphane Laborde depuis deux ans, sur mon blog, sur le sien et par e-mail. J’en viens aujourd’hui à la conclusion que la TRM est une pure arnaque et que son gourou fait preuve d’un profond charlatanisme que je vous propose de démasquer ici…après avoir regardé la vidéo en entier.

Galuel fait un usage constant d’un biai cognitif qui consiste à asséner une vérité B quand on parle d’un domaine ou d’une problématique A. Son auditoire étant captivé devant la justesse des affirmations et devant la rigueur de la présentation, en oublie de se demander….mais c’est quoi le rapport avec la choucroute ? Alors que la problématique qui intéresse tout le monde est la crise économique et politique que nous traversons et le rapport à la monnaie, Galuel nous fait l’éloge de la Physique Relativiste et pousse même le bouchon jusqu’à venter la logique modale de Godel. Il faudrait selon lui, comprendre la preuve ontologique de Godel  pour comprendre la TRM ! Il ne manque pas aussi de montrer son admiration pour Richard Stallman sans faire le lien avec le sujet. Je peux comprendre que l’on ait une curiosité forte devant certaines constructions théoriques des plus brillantes, mais est-ce une raison de les raccrocher à chaque occasion et à chaque problématique de la vie ? C’est même une des plus vieilles ficelles des scientistes d’invoquer des grand scientifiques pour justifier des idées sans aucun rapport.

Certes une monnaie est une mesure « relative » de la valeurs des biens entre eux, mais cela n’a rien à voir avec la constance, l’invariant de la vitesse de lumière. Si le GPS est une des très rares application de la Relativité restreinte, pour la très grande majorité des activités humaines et en particulier pour les échanges économiques, les objets et les personnes ne circulent pas à la vitesse de la lumière et l’on peut très largement se satisfaire d’une approche plus intuitive (plus Newtonienne dirait-on pour garder l’analogie Physique). En utilisant une monnaie, les citoyens recherchent une stabilité, il veulent gommer le caractère justement « relatif » des prix et se donner une échelle mentale absolue. En démocratie, tout échange commercial est basé sur le fait que chaque acteur repart gagnant de l’échange et dans des proportions équivalentes. Sinon l’échange ne se fait pas. Parce que l’économie est un mélange de création de richesse et de partage, dont tout acteur rationnel est conscient, il ne réalise un échange que dans des conditions particulières d’équité apparente. Il y a deux cas extrêmes où un individu peut refuser un échange contre un bien dont il aurait besoin, mais le prix ou les conditions donneraient un gain, un avantage à autrui jugé trop important, ce dernier s’enrichirait trop relativement à soit.  Inversement, un individu peut se forcer à un échange pour un bien dont il n’a pas vraiment besoin, mais pour combler une injustice, donner un léger avantage « relatif » à son interlocuteur. Quand Galuel affirme que l’on ne peut pas comparer la volatilité du Dollar par rapport au Bitcoin ou de celle du Bitcoin par rapport au Dollar à cause de la relativité. Il avance simplement une énormité mais avec un tel charisme que personne ne bronche. Si l’on prend l’ensemble des devises qui existent, pondérée par leur masse respective, alors on peut calculer les taux de change de n’importe quelle monnaie par rapport à n’importe quelle autre et on peut même définir une devise virtuelle appelée référence, initialement à une valeur arbitraire, mais qui ensuite suivrait une variation relative qui minimise la somme des écarts des taux de change avec les autres monnaies (voir Merchant Sharing pour avoir une formule de calcul de cette référence). Il est alors aisé de comparer la volatilité du Dollar et celle du Bitcoin par rapport à cette monnaie de référence….et on verra que le Bitcoin est beaucoup,  beaucoup plus volatile, donc moins stable que le Dollar. Les spéculateurs ne s’y trompent pas en faisant de Bitcoin un terrain de jeu pour ceux qui aiment le risque et veulent gagner beaucoup en peu de temps.

Galuel tente par une pirouette de dire que c’est la symétrie inhérente au principe de relativité qui est la caractéristique fondamentale des monnaies issues de la TRM, sous entendant que les autres monnaies seraient asymétrique. Si les échanges commerciaux sont depuis l’Antiquité, toujours symétriques (un vendeur, un acheteur), sans faire intervenir une quelconque autorité, une quelconque hiérarchie, alors de quelle a-symétrie parle Galuel ? La TRM aborde le problème légitime de la création monétaire.

De tout temps, la création monétaire a été un objet de lutte du pouvoir concomitant avec la notion d’État. Une société s’organise par la définition d’une devise et les institutions gouvernant l’État sont responsables de l’émission de la monnaie et de la lutte contre tout autre création de monnaie sur le territoire. Le fait qu’il n’y ait pas de monnaie unique mondiale reflète le fait qu’il y ait des pays différents qui se font une concurrence acharnée et tentent d’imposer à l’autre leur propre devise pour augmenter leur pouvoir relatif.

Un état démocratique va toujours chercher le moyen le plus efficient et le plus juste de procéder à la création monétaire de sa devise. Cette création monétaire est directement fonction du nombre d’humains, de leur espérance de vie parce que l’économie s’intéresse à la satisfaction des besoins des humains (manger, se vêtir, s’abriter, se divertir, apprendre,…) Ce n’est pas spécifique aux monnaies dites libres.  D’un autre coté, tous les humains ne sont pas les mieux placés équitablement pour valoriser la monnaie créée en produisant l’équivalent en bien ou service. Dans un mode constitué seulement d’agriculteurs et d’artisans individuels, il serait moralement juste de donner exactement le même montant de création monétaire à tout être vivant. C’est ce que dit la TRM et elle donne même la valeur du Dividende Universel en fonction du nombre de personnes et de leur espérance de vie moyenne.

Mais deux faits viennent renverser cette belle idée:

  • Depuis la révolution industrielle et une plus grande spécialisation du travail, la pénibilité moyenne du travail a diminué (je pense à mes grand parents cultivateurs qui n’avait aucune vacances et se ruinaient la santé) mais alors beaucoup d’actifs se sont éloignés du rôle de producteur terminal pour devenir salarié, employé. Du coup, la création monétaire dont ils disposeraient si elle était répartie équitablement, ne serait pas utilisée pour des investissements, mais seulement en consommation. Inversement, pour la direction d’une entreprise, donc par définition le groupement de travailleurs pour optimiser la production à l’échelle de biens en dégageant plus de gains dans une concurrence toute capitalistique, cette direction doit pouvoir investir plus que le montant de création monétaire des seuls dirigeants. Ce principe est surtout valable dans l’économie de bien matériels…on verra dans un livre à paraitre que c’est différent dans l’économie numérique.
  • Avant l’arrivée d’Internet, et même encore actuellement, il est  techniquement impossible de rétribuer équitablement tous les citoyens toute la création monétaire. Certains citoyens risquent d’être oubliés tandis que d’autres fraudeurs inventeront plusieurs identités pour toucher plusieurs fois ce revenu.

Donc historiquement, ce sont les banques privées et les banques centrales qui se sont chargées de la création monétaire au moment de la demande d’un crédit car il y a souvent (pas toujours !) corrélation entre une demande de crédit et un projet de création de richesse économique. Ce système a de nombreux défauts (dénoncés a juste titre par Etienne Chouard et d’autres) et en particulier de générer des inégalités flagrantes, des rentes de situation, mais l’État est aussi là pour procéder à des redistributions et pour fournir à chacun un matelas de revenu pour vivre décemment. On peut même y avoir une logique d’efficience à bien rémunérer, même à ne rien faire, les plus démunis pour qu’ils soutiennent la consommation, et non l’épargne.

La bonne solution est certainement dans un compromis avec une partie de création monétaire délivrée lors des crédit d’investissement des entreprises et l’autre partie répartie équitablement dans l’espace entre citoyens (une sorte de revenu de base partiel). Or la TRM propose un système dans lequel le montant de DU est déterminé, fixé seulement par le nombre de membres et par le niveau d’espérance de vie, sans intégrer le fait qu’une partie de création monétaire puisse rester la prérogative des banques. C’est donc le régime politique opposé de celui en vigueur actuellement. Pour l’appliquer, il faudrait transférer toute la création monétaire dans les mains des citoyens à part égale et le faire pendant plusieurs siècles pour que les effets  inter-générations produisent leurs effets. En plus, la TRM fait l’hypothèse d’un monde stérilisé où l’action politique n’a aucun effet économique. Nous savons bien que l’expérience historique nous montre que c’est faux. Chaque génération a largement la liberté et les moyens de réguler la répartition de richesse entre les jeunes et les vieux s’il y a déséquilibre. Il ne servirait à rien d’étiqueter des règles pour les prochains millénaires car tant d’accidents peuvent subvenir. (Faire la TRM pour 2085 n’a pas de sens) .Et si le problème est un déséquilibre générationnel, le rôle de l’État est d’y remédier.  Donc l’exigence de symétrie temporelle n’est pas à satisfaire et le montant individuel de création monétaire (par mois), doit impliquer les autres formes de création monétaire et la fiscalité. La belle formule de la TRM ne sert donc à rien sur Terre. Elle ne pourrait que s’appliquer sur Mars, et encore si tous les martiens sont tous des artisans auto-entrepreneurs et qu’il n’y ait pas d’État !

Le second argument de séduction (car il n’y a aucune démonstration mathématique) de la TRM est son rapport à la liberté, au point que les monnaies respectant la TRM sont qualifiées par Galuel et ses disciples de « monnaie libre« . Or nous venons de voir des principes de symétrie de la TRM qu’il s’agit plus de promouvoir une « égalité » (temporelle et spatiale) qu’une « liberté« . En fait, Stéphane Laborde est un partisan de la multitude des monnaies et donc la liberté qu’il défend est « la liberté de pouvoir créer sa propre monnaie » pour soi et pour ses proches. C’est ni plus ni moins qu’une demande de légalisation du faux monnayage ! Je veux bien qu’il y ait actuellement un ras-le bol des institutions, une haine des « banksters » et une envie de casser tout le système, mais un état démocratique ne peut pas tolérer trop longtemps qu’on laisse chacun créer sa propre monnaie, une fonction régalienne par excellence. Pourquoi me direz vous ?

Parce que premièrement la multiplication des monnaies rend les transactions complexes au point que certain échanges seraient abandonnés par cette complexité de l’outil de paiement. D’autre part il s’installerait obligatoirement une activité purement spéculative dans les échanges inter-devises, sans pour autant produire de la richesse. C’est même pire, les plus gros gagnants seraient les investisseurs, décourageant ceux qui travaillent dur dans l’économie réelle. A l’extrême, l’activité générale migrerait du domaine de la production de biens et services utiles pour satisfaire les besoins humains à celui purement parasitaire de spéculation, entrainant la mort programmée de la production pour transformer le monde en un gigantesque « jeu d’argent ». Ceux qui ne voudraient pas jouer devraient aller vivre en autarcie comme leurs ancêtres. C’est pour cela que nous demandons la qualification par le ministère des finances de l’activité autour du Bitcoin comme « jeu d’argent », et donc taxation comme tel.

De différentes manière, toutes les monnaies et crypto-monnaies qui se créent actuellement désavantagent les non adhérents au profit des premiers entrants. La moins mauvaise est Eurofranc, mais ce serait long à expliquer. Donc la liberté de la TRM de choisir sa monnaie n’est absolument pas un bon objectif démocratique à suivre. J’ai même montré dans un précédent article qu’un individu seul pouvait berner toute une société par la création de sa propre monnaie (en faisant croire que toute une communauté le suit). Si enfin la définition de la limite de la liberté est dans la « nuisance à autrui », alors cette liberté devrait être requalifiée car elle procède au plus ignoble des chantages;

…crée ta propre monnaie ou bien spécule sur celle des autres pour survivre car si tu ne veux pas jouer, tu es condamné à la misère !

Il y a un an, je ne comprenais pas pourquoi Galuel n’était pas si critique que cela avec Bitcoin et les monnaies de la même famille. Maintenant, je réalise qu’il voue une haine farouche envers tout organisme centralisé, que sa passion des architectures distribuée du Net déborde sur sa vision de l’économie et qu’il insiste tant sur le logiciel libre au point de faire de Stallman un Dieu. La liberté des logiciels open-source est justifiée par l’efficacité d’une production logicielle rapide et de très bonne qualité, mais en pompant des richesses de l’économie classique (logiciels privatif). On ne le dira jamais assez: une monnaie n’est pas un bien, même immatériels. C’est un instrument de mesure de référence de valeur pour une population. Du coup Galuel est prêt à accepter la plus ignoble des impostures plutôt que de laisser une autorité contrôler l’émission monétaire, même si l’autorité est légitiment élue et représentative du peuple ! Cette imposture est plus exactement celle de tolérer que des ignorants achètent des « preuves de consommation électrique de super-calculateur », preuve sans aucune utilité, alors qu’aucune création humaine n’intervient dans le processus et que les mêmes défenseurs du minage de Bitcoin fustigent les éditeurs de logiciels privateur, quand bien même ces logiciels ont exigé un travail humain, travail qui mérite une rémunération. Par analogie, cela me fait penser à un collègue soit disant écolo qui critiquait que je roule en voiture électrique, même avec de l’électricité issue de panneaux photovoltaïques (car j’utilise en tampon un centrale nucléaire), mais laissait tranquille ceux qui venait en gros 4×4 Diesel  !

Vous noterez que Galuel refuse tout association de la valeur des biens avec une notion de travail humain. Il glorifie Richard Stallman, un ayatollah de la « liberté », et le qualifie du plus grand créateur du siècle…pour son œuvre de destruction des activités économiques « open-source » non aussi pure que les « logiciels libres » !

Le peu d’économie que j’ai fait à l’école, on m’a appris qu’une démocratie était un savant équilibre de liberté, d’égalité et de fraternité…des gens y ont longtemps réfléchi. Sur ce, arrive un prof de Math (seulement ingénieur, pas agrégé ni docteur) qui se permet de moquer le niveau de compréhension en Maths d’Etienne Chouard: « sur la vidéo:…moi je peux plus rien pour vous, au bout d’un moment, il faut faire des maths les mecs ! »;…et à nous vendre du Godel…un logicien extra-ordinaire certes, mais cette vidéo n’était pas le lieux de diffusion de ses préférences littéraires; le Godel n’est pas un ouvrage technique pour logicien et quant à lire un roman, il aurait pu proposer La déesse des petites victoires. Bref !, le pseudo scientisme pédant de Galuel va soit rebuter le lecteur, soit en faire un disciple admiratif qui ne comprendra jamais rien, mais trouvera génial que l’on relie une théorie aux travaux d’Einstein, Godel, Stallman…Il a oublié de faire une théorie économique des cordes et aussi une théorie fractale de la monnaie 😉

En fin de compte, Galuel fait preuve d’un égoïsme total face à Etienne Chouard dont la démarche reste toujours humaniste et orientée vers l’adhésion et le bon sens du peuple. Contrairement à ce que laisse entendre Stéphane Laborde qui ne veut obliger personne, ne veut rien imposer à personne, l’économie et surtout la politique est l’art de faire des choix dont certains s’imposeront à tous, fussent-il issus d’une minorité. C’est parce qu’il y a imposition nécessaire que la discussion est requise. S’il n’y a pas d’État et plus de politique parce tout est « liberté », alors la société ne tardera pas à régresser socialement.

Si je peux me permettre un dernier conseil à Stéphane, c’est de s’inscrire en première année de fac d’économie et de nous reparler de la TRM dans 10 ans, appliquée au Terriens, pas aux Martiens !

LF

NB: Galuel n’a jamais répondu sur le fond aux questions que je lui posais et plutôt que de me remercier de m’intéresser à ses travaux, il m’a renvoyé à ma prétendue nullité en Physique relativiste et en Logique modale…il ne sait pas que j’ai suivi un DEA d’Intelligence Artificielle à Jussieu, mais au delà de ça, ce qui me choque le plus, est une sa démarche « anti-recherche » manifeste. Il ne tolère aucune critique. Néanmoins, je lui laisse ici et maintenant la liberté entière de me répondre et d’avancer des arguments si il arrivait que je me soit trompé et que la TRM mérite bien un prix Nodel.

Auroracoin & Eurofranc

Parmi toutes les crypto-monnaies qui fleurissent de par le monde en suivant la trace de Bitcoin, celle qui se rapproche le plus d’Eurofranc est probablement Auroracoin, mais avec quelques différences importantes.

By United States Air Force photo by Senior Airman Joshua Strang [Public domain],

Auroracoin, lancée fin Mars 2014 est en effet une première tentative de création monétaire à l’échelle d’un pays, très petit dans le cas précis de l’Iceland, car cette monnaie ne concerne que 330.000 personnes. Le contexte est donc différent des 50 Millions de citoyens visé par Eurofranc.

On remarquera que si l’introduction de l’Auroracoin a posé quelques problèmes (fork, incertitude de partage, pas de parité), cela signifie que l’Eurofranc est un véritable défi pour 2015 et qu’il eu été vraiment déraisonnable de viser directement une monnaie à l’échelle européenne.

Voici les pièges qu’il faut éviter suite à l’expérience d’Auroracoin.

La parité d’Auroracoin n’a pas été fixée ni imposée, si bien qu’elle a été définie par les marchés financiers, composés uniquement de spéculateurs, sans aucune positionnement par rapport à des biens réels. Du coup, le cour de l’Auroracoin a chuté de 99% par rapport au Dollar. Au contraire, l’Eurofranc a par construction une parité fixe et égale avec l’Euro; 1€f=1€. Un commerçant n’est pas obligé d’accepter les €f, mais s’il les accepte, il doit proposer le bien au même prix qu’en € (pas de double étiquetage). En 2015, l’absence de TVA sur les produits payés en €f est une incitation des commerçants à accepter cette nouvelle monnaie.

L’Auroracoin a voulu se déconnecter de la monnaie officielle, le Krona, mais se faisant, s’est positionné en concurrent et non en monnaie complémentaire comme peu l’être l’eurofranc face à l’euro.

L’Auroracoin améliore la création monétaire démocratique en distribuant 10% de la masse totale d’un seul coup, un parachutage de 31,8 Auroracoin à chaque Inslandais. En revanche, il reste beaucoup de spéculation sur la distribution des 40% déjà minés, ainsi que l’objectif pour la moitié restante. Va t’elle être distribuée équitablement ? Quand ? Il semblerait que les organisateurs d’Auroracoin se prennent une réserve de cette masse monétaire, contrairement à l’association Eurofranc qui ne touchera pas un centime d’€f de la masse monétaire créée, par principe et pour affirmer qu’un moyen de paiement numérique doit être gratuit, sans aucune commission.

Auroracoin est une variante (un fork) de Litecoin, donc avec un minage plus facile et plus rapide…ce qui a permis de miner 50% de la masse totale avant le 25 Mars 2014. Ce choix n’est pas sans conséquence. On considère pratiquement toujours depuis Bitcoin qu’une cryptomonnaie a obligatoirement une fonction de minage pour créer sa masse monétaire et que cette dernière est finie.  Or dans les cas de Ripple, d’Open-UDC ou d’Eurofranc, il n’y a pas de minage du tout. Eurofranc ne contraint pas sa masse monétaire à suivre strictement la progression temporelle définie par la TRM, parce que ce n’est qu’une monnaie complémentaire à l’Euro qui prédomine l’économie encore pour longtemps. La masse monétaire en €f est à priori non limitée, parce que cela ne veut surtout pas être une monnaie valeur, qu’on s’échange parce qu’elle représente une valeur marchande. L’Eurofranc est avant tout un moyen de paiement numérique qui ne fait qu’autoriser une transaction si et seulement si le solde de l’acheteur et positif, et il assure au sein d’un grand registre distribué sur Internet que la somme totale des soldes reste toujours égale à zéro. Cela implique que certains compte (les i-bank) sont autorisées à avoir un compte débiteur d’un certain montant pendant une certaine durée. Or c’est une autorité (distribuée) qui décide qui peut être une i-bank et qui ne le peut pas. Comme le grand livre est public, la légitimité de l’i-bank est constamment contrôlée, en particulier qu’elle distribue bien équitablement les sommes autorisées. De plus, le montant maximum de débit est directement fonction du nombre d’individus qui forment l’autorité, sachant que toute décision de cette autorité exige une signature de plus de 50% des membres. L’anonymat des signataires est préservé. On utilise ce qui s’appelle en cryptographie une signature de cercle à seuil. Concrètement, début 2015, il ne faudra qu’une seule personne pour signer pour l’autorité, composée de deux individus seulement (impossible de savoir lequel des deux signe, mais il y a la preuve mathématique qu’un des deux à signé) et la masse monétaire ne pourra pas excéder 1€f par personne inscrite et par mois. En suivant cette simple loi, pour pourvoir donner 150€f à chaque habitant en France en 2016, il faudra constituer une autorité de 300 individus et chaque signature, renouvellement de certificat, nouvelle i-bank, nouveau montant, nouvelle taille de l’autorité, sera validé par au moins 150 signatures individuelles anonymes. Les représentants de cette autorité seront régulièrement changés et tiré au sort pour former une espèce de parlement numérique d’Eurofranc.

L’association Eurofranc est en charge de la mise en place de l’infrastructure pour une création monétaire progressive, répartie équitablement, mais c’est de la responsabilité des politiques et de ce parlement numérique de fixer un montant compatible avec l’Euro. L’€f met une inévitablement une pression sur le BCE, incitant les autres pays à suivre notre monnaie complémentaire, mais il faudra tempérer les ardeurs de ceux qui demandent un revenu de base et une perte complète de la prérogative de création monétaire par la BCE. Le fait d’imposer qu’1€ = 1€f oblige la BCE et le parlement-Eurofranc à avancer main dans la main (menottés ensembles !)

L’Auroracoin à peut être trouvé très facile d’utiliser le code d’une précédente monnaie, mais s’est ainsi exposé de facto au risque de « fork ». Un individu ou un groupe disposant d’une grande puissance de calcul peut et même a tenté si l’on en croit certains posts sur Internet, de se faire passé pour la véritable originale blockchain d’Auroracoin.

C’est un concours de blanchiment en cascade.  Auroracoin veut blanchir par rapport à la monnaie officielle une certaine masse monétaire, à priori avec des intentions démocratiques (à 50%), et tout un tas de créateur de nouvelles monnaies vont tenter de se blanchir leur masse monétaire (partagée en petit groupe, donc anti-démocratique) sur le dos d’Auroracoin.

Eurofranc compte se protéger de ce danger en n’assurant aucune convertibilité officielle avec aucune autre crypto-monnaie. Nous n’utilisons pas la même famille de courbe elliptique que Bitcoin et les identifiants des membres de l’autorité seront diffusés nationalement par de nombreux canaux de communication. Les sites de téléchargement des applications seront bien définis et communiqués avec le code source. Nous sommes encore en phase de test en 2014 et donc l’autorité réelle pour 2015 sera connue et diffusée au 1er Janvier 2015.

 

L’Euro-franc sans attendre

Info: ouverture prochaine du compte @euro_franc et du domaine http://eurofranc.fr Cherche aide graphiste pour un logo « Eurofranc », avec un grand ‘€’ et un petit ‘f’. Merci de créer une page Wikipedia Eurofranc à ma place.

Pour tout partisan du Revenu de Base, la proposition du parti Nouvelle Donne pour les élections européenne est une belle opportunité. Bien entendu, le montant annoncé de 150 €f ne constitue pas un revenu complet, mais le plus important est qu’il soit financé sur la création monétaire, prérogative actuelle de la BCE.

nouvelledonneCette proposition est plus réaliste que d’autres initiatives de monnaies libres car portée par un vrai parti politique, qui diffuse ses idées très largement dans la population, mais aussi peu réaliste pour la simple raison que ce parti n’aura vraisemblablement pas la majorité au parlement européen, surtout pour mettre en place une mesure, que les lobbys de la finance ne vont pas tarder à taxer de nationaliste.

eurofranc

Il faut bien comprendre que l’Eurofranc (€f) n’est pas préjudiciable à l’Europe et à l’objectif long terme d’une Europe Fédérale qui serait démocratiquement prépondérante par rapport aux nations, mais qu’en même temps, une telle mesure est très fortement incitative à faire de même dans chacun des pays de l’union. Si la France s’autorise une partie de création monétaire sans demander l’aval de la BCE, alors les autres pays voudront inévitablement profiter du même avantage économique pour leur population.

Le point faible de la proposition de NouvelleDonne est d’attendre une décision de nos instances dirigeantes, même démocratiquement élues, pour ordonner par loi ou par décret, après l’aval du Parlement, du Sénat, et du Conseil Constitutionnel, que la Banque de France crée la masse monétaire décidée en €f et la crédite équitablement sur le compte de tous les français majeurs, ceci sans compter les obstacles juridiques que l’Europe pourrait avancer pour empêcher une telle initiative individualiste d’un de ses membres.

De plus, une telle mesure n’est pas financièrement indolore si elle est mise en place avec des moyens « classiques ». Explications :

La Banque de France fera sûrement valoir qu’une monnaie nationale officielle devrait avoir une forme corporelle, et donc qu’il faudra émettre des pièces et imprimer des billets pour cette monnaie. Cela impliquerait des coûts pour la collectivité (0.14€ par billet !) et de très nombreux aménagements des distributeurs de billets (multi-devises) et des caisses. Il est fort à parier que les banques de détails privées coopèreront entre elles pour exiger une commission maximum pour ce service, désirant aussi prendre une part dans ce nouveau gâteau. Il n’est pas impensable que les commerçants eux aussi justifient une augmentation de leur prix par des frais supplémentaires liés à la simple gestion d’une double-monnaie.

Même dans le cas où l’€f n’aurait pas de forme corporelle, la méthode classique passerait par une carte bleue dédiée, qui ferait certes le bonheur de multinationales comme Gemalto, et ne ferait que confirmer le Hold-up planétaire de VISA/Mastercard/PayPal, se prenant une commission (le GIE CB récoltant des miettes) sur des échanges uniquement Franco-français, le comble ! La NSA pourrait bloquer un compte en €f.

Il faudrait aussi mettre en place une nouvelle administration, à l’image de l’URSSAF, avec un statut semi-public contestable, pour vérifier qu’il n’y ait pas de citoyen oublié et surtout pour traquer la fraude à la multiple déclaration des petits malins qui voudraient toucher plusieurs revenus de base, et ainsi discréditer tout le système.

On me rétorquera que les frais de gestion de l’€f peuvent très bien être pris en charge sur la masse monétaire créée (84 Md€/an). C’est vrai, mais ce serait dommage de ne pas profiter des énormes économies que peut apporter Internet dans ce domaine. Plus que le coût d’une telle usine à gaz, c’est le principe même de mise en place nationale par le gouvernement qui me parait illusoire. NouvelleDonne ne me semble pas encore assez influent pour faire adopter d’ici 2017 par le gouvernement socialiste une telle mesure qui révolutionne les échanges commerciaux, car il n’existe dans aucun pays, en 2014, un revenu de base à l’échelle de la nation. Il faut se rappeler les difficultés de l’initiative citoyenne en 2013 sur le Revenu de Base, simplement pour obliger les députés à discuter de cette notion au parlement européen et à la commission européenne. Ce n’est pas demain la veille que la BCE cèdera une partie de sa prérogative de création monétaire.

Il existe des propositions de monnaies libres, mais si elles respectent scrupuleusement les principes de la TRM, il n’y a aucune chance qu’elles soient adoptées par le citoyen lambda, car trop théorique. On ne peux ignorer l’Histoire et donc il faut passer par une phase transitoire où une partie seulement de la masse monétaire est équitablement répartie entre citoyens et l’autre partie est conservée par la Banque centrale. Refuser ce compromis, comme le fait Stéphane Laborde empêche tout développement de la monnaie libre à grande échelle.

De plus, même les expérimentations concrètes comme MonnaieM, qui désire lancer un site similaire à LeBonCoin avec cette monnaie sans imposer de parité avec l’euro est vouée à l’échec. Soit les produits proposés sont vraiment des déchés qui ne valent même pas la peine d’être proposés sur LeBonCoin,  soit les échanges resteront limités à quelques dizaines de militants du concept de monnaie relativiste. De plus, MonnaieM, OpenUDC,  ou uCoin souffrent du problème inévitable que les premiers entrants restent favorisés par rapport aux derniers entrants, dans une moindre mesure qu’avec le minage Bitcoin, mais cette injustice persiste malheureusement. Sans taux de change en €, il est inévitable que passé une certaine taille, une place de marché s’établisse sur le Net avec un taux de change complètement fluctuant, ce qui attire les spéculateurs comme sur un pot de miel afin de gagner sur des transactions entre la monnaie libre et les monnaies officielles.

A quoi cela servirait d’avoir une monnaie libre si elle est le terrain de jeu des spéculateurs les plus virulents ?

C’est ce qui se passe pour Bitcoin, qui n’est de surcroit pas libre, mais cela n’empêche pas de laisser auditionner par nos député les promoteurs de Bitcoin comme moyen de paiement quotidien pour tous les Français, au nom d’une certaine innovation. Nos chers députés et sénateurs ferait mieux d’écouter les chercheurs des laboratoires s’ils ne maitrisent pas certains sujets du Numérique. Il faut être clair sur ce point; sachant que la création monétaire de Bitcoin est de type Ponzi, même si le minage rééquilibre légèrement les pouvoirs, il est impossible en 2014 pour un particulier de prétendre à quelques Bitcoins minés. Il y a donc une opération globale de blanchiment de cette masse monétaire au profit d’une minorité, en rien légitime ! Ce processus n’a rien de démocratique et il y a selon moi, représente une parfaite similitude entre les producteurs de drogue et les mineurs de Bitcoin. Dans ce cas, une entreprise comme Paymium n’est pas autre chose qu’un « dealer » de drogue.  Sous couvert de proposer un service de paiement pratique par téléphone, cette ‘start-up’ prend des commissions sur le taux de change pour son propre business et pour alimenter la spéculation mondiale sur cette matière première Bitcoin. Son effet sur le porte monnaie du citoyen est aussi néfaste qu’une drogue l’est sur la santé du même citoyen. L’argument de transparence et d’usage de logiciel open-source ne change rien. Les citoyens sont aussi clairement informés des méfaits de la drogue et les autorités ont néanmoins pénalisé leurs production et leurs distribution. Il ne s’agit pas de mettre de l’huile sur le feu, mais le gouvernement et le cabinet d’Axelle Lemaire devrait s’inquiéter et proposer sans attendre une alternative démocratique de moyen de paiement numérique en P2P, au risque de voir cette drogue Bitcoin et d’autres crypto-monnaies encore moins équitables, blanchies et imposées par une minorité à la population.

La question qui vient maintenant à l’esprit est: Existe t-il un moyen de déployer l’€f sans attendre l’aval National (injonction à la Banque De France) et encore moins Européen, tout en restant dans un processus démocratique (éviter les travers de type Bitcoin) ?

repport

La réponse est clairement OUI, et cela ne sera possible que par les avancées récentes de technologies liées au Net (Cryptographie, Réseau P2P,…). Je ne suis pas un partisan systématique de plus de technologies pour faire branché, jeune, innovant ou pour monter une start-up qui décrocherait la timbale afin que je puisse rouler en Porsche. Je ne suis que chercheur en informatique et seulement intéressé par les mécanismes monétaires/économique à l’ère du Numérique. Voir ma contribution sur le Partage Marchand, qui concerne les biens immatériels.

L’idée fondatrice est qu’Internet est disponible à tout un chacun gratuitement et (si possible) sans contrainte. C’est donc l’occasion unique dans l’Histoire d’en faire le vrai moyen de paiement (gratuit, OpenSource, P2P, simple, sécurisé) des échanges commerciaux, sans aucun intermédiaire financier.

Comment ceci pourrait se mettre en place pour l’€f proposé par NouvelleDonne ?

Les principes sont très similaires au ceux du projet de revenu jeune. Chaque citoyen pouvant prétendre à un revenu en €f peut créer gratuitement en téléchargeant une application iOs/Android un ou plusieurs comptes. Tous les transactions sont stockées publiquement sur Internet, de façon distribuée (voir DHT). Les comptes ont initialement un solde nul. Ce système implique donc de disposer d’un téléphone (smartphone) avec accès au Net ou d’une tablette (minimum Wifi). Cet appareil sert d’authentification forte et donc c’est une base maîtresse de la sécurité globale su système. Ce choix permet que chaque citoyen choisisse lui même ses clés numériques, en mode déconnecté du Net, de la même façon qu’un adolescent se choisirait une signature manuscrite. Ni l’administration française, ni la NSA, ni votre voisin ne peuvent avoir accès au compte crée par chaque citoyen (Il existe bien entendu une procédure pour récupérer l’argent en cas de perte de téléphone et de mot de passe mais ce serait un peu technique à expliquer dans ce billet introductif). Il n’y a aucun frais à faire fabriquer 40 millions de cartes à puces pour une sécurité toute moyenne et la possibilité de bloquer une transaction (alors qu’on ne peut empêcher quiconque de payer en liquide). Une minorité de la population ne disposant pas de téléphone ou n’ayant pas la capacité (vieillesse, handicap) de gérer un compte entièrement numérique ne doivent pas être oubliés et des représentants légaux proches devront être désignés, mais je n’ai pas d’inquiétude en particulier vis à vis des jeunes générations sur la contrainte de disposer d’un téléphone, tellement cela constitue une extension naturelle de leur bras (Petite Poucette). On doit pouvoir créer plusieurs compte simplement pour assurer un anonymat; impossible de distinguer si une transaction s’effectue entre deux comptes d’une même personnes ou entre personnes différentes.

Quand on veut mettre en place un revenu de base, par exemple en €f, se pose le problème technique qu’il ne faut surtout pas négliger la contrainte d’unicité des comptes. Pour cela, chaque citoyen disposant de plusieurs comptes numérique devra en choisir un, appelé compte principal ou compte public, ou compte revenu de base. Il devra aller voir physiquement un représentant de l’administration française, par exemple en Mairie. Si les critères pour prétendre au revenu en €f sont valides (age, nationalité, droit de séjour, …) alors le Maire signera électroniquement une chaîne de caractère contenant l’identifiant du compte principal du citoyen, un identifiant d’un i-bank (voir plus loin) et un ensemble d’attributs vérifiés (présentation physique avec pièces d’identité, livré de famille,…) qui garantisse l’unicité. Il y a sur ce point un travail d’analyse à faire car les numéros de sécurité sociale français comportent quelques doublons sur des personnes nées à 100 ans d’intervalle et il n’y a pas de vérification très poussée à empêcher un citoyen de disposer de plusieurs cartes d’identité française (plusieurs numéros), en jouant sur les dates et enfin, l’écriture unique des Nom/prénom n’est pas toujours respectée. Attention, ces données personnelles ne se retrouverait absolument pas sur le Net, seulement un « hashé« , c’est à dire que deux personnes différentes ont un haché différents (mathématiquement, c’est une probabilité de collision très proche de zéro) et la même personne produit toujours le même haché. Automatiquement, le Maire ou son mandataire ne pourrait signer qu’un seul identifiant par citoyen. Chaque citoyen peut alors vérifier sur Internet que son compte est bien admis pour toucher le revenu de base en €f.

Dans toute monnaie qui dispose d’un pouvoir de création monétaire, il y a un minimum de centralisation. Tous les comptes (pauvre ou riche, puissant ou faible) étant initialement à zéro, il faut une sorte de dérogation pour dire que tel type de compte peut être déficitaire pour un certain montant et pendant une certaine période (les comptes basiques ne pouvant pas être déficitaires par construction….pas d’agios possible pour les banques !). Ce type de compte est ce que nous appelons une i-bank (Internet-Banque). Il faut une autorité qui désigne les i-banks, et leur impose certaines conditions qui préserve les principes démocratiques du système.

Même dans le cas de Bitcoin, qui se nargue d’être décentralisé comme moyen de paiement, la création monétaire a été fortement centralisée sur le possesseur de la chaîne racine (sûrement Nick Szabo), et sur les premiers mineurs. Or ces « early adopters » ne sont ni élus démocratiquement, ni respectueux à distribuer équitablement leurs gains aux autres internautes. Ce n’est pas parce qu’en 2014, la création monétaire se tarie en Bitcoin qu’elle n’a pas été fortement inégalitaire en 2009.

Cette autorité pour les €f peut être temporairement ⊔Foundation, en charge de la sécurité numérique du système. Tout faux pas ou même le moindre bénéfice tiré par cette organisation sur le dos des citoyens la rendrait illégitime et détruirait immédiatement la confiance qu’elle est censée construire sur cette monnaie numérique. Il faudrait bien entendu que ce pouvoir soit transféré à terme à la Banque de France. A tout moment, ⊔Foundation ou par la suite la BdF pourront être audités par des commissions indépendantes en particuliers, des associations de citoyens.

Les i-banks servent de relais pour créditer tous les mois le revenu de base à un sous-ensemble de citoyens afin d’éviter qu’une seule personne ne signe 40 Millions de virements d’un seul coup. Il est à parier que les banques traditionnelles proposeront de jouer ce rôle, et même si le compte en €f ne leur rapporte rien (interdit de placer les €f), l’association avec un compte en € peut attirer de nouveaux clients. Cependant, l’autorité pourra accepter des « outsiders » pour maintenir la totale gratuité de gestion et au moins assurer que le système bancaire ne tente pas de commissionner le système en prétextant des frais de gestion de virement SEPA. Les i-banks disposent d’un montant d’argent dette en €f à distribuer tous les mois aux citoyens, ce montant est limité et valable pour une période, renouvelée par l’autorité.

NouvelleDonne propose un montant de Revenu de Base de 150 €f/mois. Je suis plus partisan d’une montée progressive de ce revenu, (commençant à 1€f et pouvant atteindre 1000€f à terme) pour trois raisons:

  • assurer la montée en charge, le passage à l’échelle avec la même sécurité et régler d’éventuelles tentatives de fraude…plus facile à résoudre si seulement 1€f/personne est en jeu.
  • laisser le temps aux derniers arrivants de créer leur compte et de le faire valider par la mairie. Bien évidemment, les retardataires seraient crédités des arriérés, mais pour éviter que la masse monétaire soient trop fluctuante, la progressivité devrait atténuer les effets, ainsi que les risques d’inflation.
  • La progressivité pourrait être indexée au nombre de comptes ouverts pour le revenu de base en €f, ainsi il y aurait une émulation dans la société à convaincre ses proches pour que le montant touché par tous augmente. Mêmes des associations pourraient y voir un intérêt à aller persuader les plus exclus à adhérer au système et les aider s’ils ne disposent pas de téléphone.

Passer par une crypto-monnaie en €f, plutôt que par le BdF a un énorme avantage que n’a pas relevé NouvelleDonne. Il n’y a aucune commission prise par VISA/Mastercard/CB/PayPal sur une transaction en €f, donc pour le commerçant et particulièrement le petite commerçant, comme le prix affiché d’un produit est le même en € ou €f, il préférera qu’on le paye en €f. Ce petit avantage serait annulé s’il a beaucoup de fournisseurs étrangers et s’il doit demander la conversion d’€f en € auprès du Trésor-Public, moyennant un petite taxe. Un commerçant local serait même tenté de refuser les € au profit des €f, mais la loi lui interdit de refuser la monnaie officielle.

Notre proposition de déploiement de l’€f est basée sur des technologies éprouvées, mais requière l’aval scientifiques de labos de recherche qui n’ont aucun intérêt pécuniaire dans l’affaire. L’association de ⊔Foundation à 5 laboratoires français pour demander une aide à l’ANR par de ce principe. Aucune commission n’est prise par quiconque sur le revenu de base. Cette règle est la contrepartie à la dérogation démocratique qui veut que l’on monte le système pour obliger nos dirigeants à l’accepter sous la pression du peuple, mais sans passer par le processus classique électoral et sans attendre la mise en marche de lourdes administrations.

Que se passe t-il si les maires et fonctionnaires locaux refusent de coopérer ? Si la demande est très forte de la population, je vois mal nos élus s’y opposer mais je pense que cela pose un nouveau problème à l’ère numérique, problème que le Conseil Constitutionnel ne pourra trop longtemps ignorer. En effet, en tant que citoyen, je devrais pouvoir exiger des pouvoirs public qu’il me garantisse l’unicité de l’identité numérique que j’ai choisi, sur la base de mon identité physique. Je devrais pouvoir être assuré que personne au monde autre que moi ne peut revendiquer la possession de mon compte principal. Cela ne veut absolument pas dire que c’est aux pouvoirs publics de générer les identités des citoyens (cartes d’identités numériques), mais au contraire, il faut laisser au citoyens, mais en retour lui assurer l’unicité. C’est la première marche à un possible (mais non sécurisé en 2014) système de vote par Internet.

On sait que la démocratie a usé dans l’Histoire de moyens pas vraiment démocratique pour s’imposer. Il est temps qu’elle fasse de même pour redonner aux citoyens la prérogative de création monétaire, même partiellement. Comme pour la loi Tobbin, c’est le principe même qui est difficile à être accepté, le montant exact d’une taxe ou d’un revenu est facilement ajustable ensuite. Rappelons qu’une monnaie libre n’a de sens que si la communauté qui y adhère est déterminée démocratiquement. Autant les monnaies locales sont des dérogations tolérées car émulatrice de petite activité économique, autant l’€f est une monnaie nationale qui doit faire adhérer tous les citoyens.

Donc, mon propos n’est pas de vous inviter à voter NouvelleDonne, même si c’est mon choix personnel pour les prochaines élections, je laisse aux militants je soin de détailler leur programme. Je pense que quelque soit les résultats des élections européennes, l’idée d’un Revenu de Base à beaucoup progressé, et grâce au soutient d’un parti politique, nous pouvons envisager de passer à la mise en œuvre forcée dès 2014. Le succès de cette mesure ne sera possible qu’avec les nouveaux moyens numériques car tout le système politique (national et européen) verrouille les moyens classiques d’usage d’une monnaie par la BdF et par le réseau bancaire traditionnel. C’est une marche du progrès qu’il faut saisir et ne pas laisser passer car des lobbying privés, on l’a constaté sur Bitcoin, sauront en faire un business sur le dos des citoyens, sans que l’État ne puisse agir. Ce petit passe droit démocratique en vaut bien le coût.

LF.

Redistribution et Partage Marchand

Une société démocratique doit mettre en place par son administration des mécanismes de répartition/distribution pour compenser les effets inégalitaires du libéralisme. Nous connaissons la progressivité de l’impôt, les prestations sociales, les services en fonction du quotient  familial,…

Sharing and Trading together !

Une répartition peut aussi être associée au Partage Marchand pour l’économie numérique. D’abord, il faut rappeler que toute conversion d’⊔ en €, ou d’€ en ⊔ est soumis à une taxe reversée directement par les i-bank à l’Etat. Cette taxe a le double effet de dissuader toute spéculation et de fournir une source de revenu à la communauté démocratique (Contrairement au « communs informationnels » qui puisent leurs revenu en dehors).

Comme il n’y a pas de déclaration particulière pour diffuser une œuvre numérique sur le Net, il n’y a pas de statut professionnel obligatoire. Chaque artiste devra déterminer si ses revenus par Partage Marchand sont suffisants pour constituer son activité principale et donc pour cotiser à la sécurité sociale, l’assurance chômage et la retraite. Comme tout autre revenu, il doit être déclaré et éventuellement le créateur sera redevable d’un impôt sur le revenu.

L’État est libre de procéder à des campagnes de répartition en donnant quelques ⊔ à des catégories défavorisées ou-bien pour simplement promouvoir la consommation culturelle numérique par exemple chez les jeunes. On obtient donc le même effet que les bons à la culture numérique proposés par Menbiens. Techniquement c’est très simple! Chacun peut créer autant de comptes qu’il veut (pour assurer son anonymat), mais il devra en déclarer un particulier (compte principal ou compte public) auprès de l’administration, sa Mairie par exemple. L’État pourra ainsi virer un montant en ⊔ directement sur les comptes principaux, en fonction de l’âge, du revenu ou de tout autre critère s’il respecte les principes démocratiques.

Mais il y a encore mieux ! Si l’État ou l’Europe crédite sur tous les comptes principaux exactement la même somme, par exemple tous les mois, alors on a exactement l’effet du revenu de base, inconditionnel par définition. Bien entendu, il n’y a plus dans ce cas de re-répartition entre les citoyens aisés et défavorisés, mais il y a un transfert de prérogative de création monétaire des banques centrales vers les citoyens.

Il faut savoir que le Revenu de Base soulève un problème technique qui peut effrayer nos députés, à savoir; comment assurer que chacun touche une fois et une seule fois ce revenu ? Les comptes associés au Partage Marchand résolvent simplement ce problème car il est très facile par une procédure cryptographique de déterminer si un individu est inscrit ou pas dans un ensemble sans révéler les détails de l’ensemble, et donc d’assurer l’unicité des comptes principaux. Les administrations devront seulement veiller à clôturer les virements vers les comptes des morts. On criera au scandale car il faut un téléphone ou un ordinateur pour accéder à son compte du revenu de base. C’est selon moi, le prix à payer pour ne pas créer une nouvelle usine à gaz bureaucratique centralisée, donc coutant de l’argent, pour distribuer ce revenu.

Contrairement aux monnaies libres qui veulent absolument respecter la TRM entièrement et créent leur propre masse monétaire, mais ne sont donc pas acceptées en conversion avec les monnaies locales (€, $, £,…),  la monnaie ⊔ est par construction convertible en € pour l’Europe (en $ pour les USA,…), mais cela implique pour ne pas perdre cette convertibilité auprès du système bancaire classique que la BCE et la BdF accepte un transfert partiel de création monétaire distribué.

Je pense qu’il faut demander une somme très faible en premier, par exemple 100 ⊔ (environ 10€) par mois et par citoyen européen. Je n’ai pas fait le calcul, mais cela ne devrait pas remettre en cause le pouvoir de la BCE et cela à plus de chance de réussir. Cette somme permettrait de vérifier la sécurité du système (fraude, personnes oubliées) et l’éduquer le citoyen au principe du revenu de base. Ensuite, l’idée est de demander plus jusqu’à prendre toute la création monétaire des banques centrales…mais il faudra du temps pour y arriver.

Rappelons que le revenu de base doit être totalement financé par un transfert de création monétaire et non pas par des emprunts/investissements des États qui iraient enrichir des investisseurs privés.

Donc le Partage Marchand peut à la fois permettre l’implantation d’un revenu de base inconditionnel, mais peut aussi servir à une re-distribution des richesses, et ce de façon autonome car la taxe sur les conversions est une nouvelle source fiscale. Pas besoin de puiser dans les recettes issues de l’économie physique.

Avec un peu d’optimisme, on peut même penser qu’à l’avenir, c’est l’économie numérique par le Partage Marchand qui pourra financer une partie de la redistribution de l’économie traditionnelle en crise. Débarrassé d’un certain poids, cette économie classique (biens matériels et services) pourrait même mieux reconnaitre/valoriser la pénibilité du travail humain manuel, pour les tâches non automatisées. Cette position pousse aussi à l’innovation qui permet une baisse des coûts par la robotique/automatisation, libérant du temps pour la pratique d’un Art, pouvant mener à de nouveaux emplois dans l’économie numérique…la spirale vertueuse est en action !

L.F.

NB: il faut rappeler que le Partage Marchand ne peux s’instaurer s’il y a légalisation du partage non marchand (du piratage). Donc pensez vous que les collectifs et personnalités (LQDN, SavoirsCom1, PartiPirate, Calimaq, Philippe Aigrain, Benjamin Bayart, Thierry Crouzet, …) qui demandent cette légalisation soient vraiment les défenseurs des défavorisés ?