Une « monnaie libre » n’est pas libre !

Wikipedia comporte depuis cet été un article sur monnaie libre et sur la théorie relative de la monnaie. Ce type de monnaie prétend se baser sur des concepts similaires aux libertés exigées dans le logiciel libre. Est ce vraiment légitime ?

By Antonu (Own work) [Public domain], via Wikimedia Commons

Un logiciel libre est un programme informatique dont le code source (dans le cas où l’exécutable est issu d’un processus de compilation et non d’interprétation !) est disponible pour les utilisateurs. La licence associée à cette création immatérielle protège légalement tout utilisateur pour exécuter ce logiciel, l’étudier, le redistribuer ou l’améliorer. Le grand bénéfice de ce type de logiciel est sa diffusion possible de façon virale sur tout Internet, et donc une qualité et une résistance aux bug ou faille jamais atteinte avec un logiciel fermé. L’inconvénient est que le modèle économique de développement de ce type de logiciel n’est pas autonome. Une partie des investissements sur ces logiciels libres provient de la vente de logiciels fermés. Par exemple, de grands programmeurs/contributeurs de logiciels libres sont salariés de société commerciales. L’informatique s’oriente donc vers un écosystème composés de logiciels libres et fermés qui se complètent parfaitement.

Si l’on dépasse un éventuel désir de Stéphane Laborde, l’inventeur de la TRM de transposer le travail de Richard Stallman au monde monétaire, on peut se demander ce qui motive ce parallèle.

Tous deux sont des mouvements non gouvernementaux, non officiels, issus de simple individus ayant de grande compétences techniques, mais sans aucun pouvoir politique ni financier, et qui diffusent largement par le Net, qui attaquent, qui contestent la légitimité de certaines institutions dotées elles de gigantesques pouvoirs historiques, politiques et financiers. Ces combats sont auto-justifiés au nom de principes démocratiques, en particulier la défense de la liberté que les institutions restreindraient ou bafoueraient des droits fondamentaux des citoyens du XXI siècle.

Le parallèle devrait s’arrêter là car une monnaie n’est pas un logiciel, même si elle en utilise de plus en plus pour son utilisation moderne.

De quelle liberté parle t-on ?

Si l’on évoque la liberté d’échanger, d’acheter ce que l’on veut, où l’on veut, sans discriminer l’acheteur (prix à la tête du client), sans obliger le vendeur à vendre, alors on ne fait que se référer à la loi de l’offre et de la demande sur un marché ouvert. Certes, en cachant des informations, on peut spéculer ou monopoliser un marché, mais cette liberté n’est en rien contrôlée par la ou par les monnaies utilisées. Cette liberté peut être aussi bien bafouée que respectée quelque soit la devise, Euro, Bitcoin ou Sol-violette. L’échange n’est effectif que si les deux partis en sortent gagnants et si le refus de l’un implique qu’il ni ait alors plus d’échange possible.

De même, dans une société démocratique, chacun est libre de créer la valeur économique qu’il désire, en fonction de ses compétences, ses désirs, ses possibilités, ses relations, son investissement, mais là encore, la monnaie reste un outil neutre dans les effets de cette liberté.

Sur la liberté d’estimer la valeur d’un bien ou d’un service, chacun est bien entendu libre d’avoir son opinion, mais pour concrétiser un échange, il faut que les estimations des acheteurs rejoignent celles des vendeurs avec tous les effets de groupe qui émergent d’un marché. La monnaie ne joue ici que le rôle de référentiel commun, d’unité de mesure de l’argent. Il ne s’agit pas de savoir si une monnaie subie une inflation (relative), une déflation, ou si même ces concepts sont applicables. Ce qui est important est la stabilité de la représentation mentale de cette unité, afin que les échanges soient le plus justes possibles. Si une baguette de pain est affichée à 1€, cela donne une idée relative aux autres biens et relative aux salaires, de la valeur d’une baguette, en tout lieux et en tout temps. C’est parce que les prix sont relativement stables que l’on peut faire confiance, la plupart du temps dans le prix proposé en société sans faire une analyse détaillée du pouvoir d’achat de l’acheteur, et du gain estimé du vendeur. Tous les jours, nous ne nous posons pas la question s’il est normal qu’une baguette de pain vaille 5, 6 ou 10 minutes d’enseignement d’un prof par exemple. Une monnaie stable dans le temps permet éventuellement de révéler quelques positions abusives que le peuple pourra ensuite corriger en régulant le marché ou en exigeant un répartition différentes des taxes.

Les valeurs des choses sont toutes relatives les unes aux autres et la monnaie qui sert à quantifier ces valeurs est elle aussi relative au référentiel constitué de tous ces biens. Dans un univers ou tout bouge, la monnaie est justement responsable de maintenir une illusion de stabilité. Donc le caractère « relatif » de la monnaie n’est pas lié aux monnaies dites « libres » de la « TRM ». Au contraire, plus il y a stabilité, plus les effets intrinsèques à la monnaie s’effacent pour n’être qu’un instrument facilitant le troc (différé). Sans fixation d’un taux de change d’une nouvelle monnaie par rapport à une ancienne, on subit les aléas non rationnels d’un marché de jeunesse, marché qui fait le bonheur des spéculateurs.

Enfin, d’après les tenants des monnaies dites « libres », il faudrait que chaque citoyen puisse choisir librement sont système monétaire car croit-on,

la monnaie ne s’impose pas !

Que dirait-on d’une société qui autoriserait chaque membre à faire ses propres routes et à y implanter des péages pour les autres automobilistes, avec un système d’abonnement. Chacun devrait réfléchir des heures pour déterminer si tel abonnement est nécessaire ce mois ci et s’il ne vaut pas mieux changer d’itinéraire. Une minorité des heureux possesseurs de routes feraient fortune tandis que d’autres feraient faillite sur des routes parallèle toujours vides. Il y a certaines fonctions régalienne que l’État ne doit pas laisser au secteur privé pour la simple et bonne raison qu’elles génèreraient plus de problèmes qu’elles n’en résoudraient. De même, imaginons que nous ayons chacun 500 prestataires d’électricité, avec seulement les différences marketing. Ce serait un monde de liberté proche de l’enfer !

Pour certaines fonctions et la monnaie est peut être la meilleure candidate, nous ne voulons pas de concurrence, nous n voulons pas nous prendre la tête à choisir, à comparer, à mesurer. Pourquoi voudrions nous choisir un panier de systèmes monétaires différents, fusent-ils libres ou pas ? Donc cette liberté n’est absolument pas à revendiquer. Chacun a besoin d’une monnaie et une seule, mais pas plus d’une, car plus il y en a et plus c’est compliqué…. pour rien !

Par contre, comme le système monétaire d’usage officiel est naturellement et historiquement en position dominante, il faudra veiller à ce que leurs dirigeants n’abusent pas de leur position privilégiée et respectent certaines règles démocratiques. Pour faire respecter ces exigences, certains petit citoyens malins utilisent des véritables armes de combat financier, dont font partis les crypto-monnaies de type bitcoin ou les « monnaies libres » (non encore déployées en 2014). Toutes ces monnaies non officielles ont l’avantage de faire pression sur les institutions pour leur dire:

…si vous magouilliez trop avec l’€ ou avec le $, le peuple va utiliser Bitcoin ou équivalent, et vous ne pourrez plus rien contrôler du tout.

Seulement voila, ces monnaies alternatives ont de très gros défauts, elles sont inéquitables et elles génèrent d’autres injustices, parfois plus grosses que celles des imposées par les banquiers. Elles sont le terrain de jeux idéal des spéculateurs qui ne font qu’une bouchée des curieux venus voir ces nouvelles monnaies modernes plein de promesses. Que les choses soient claires, les crypto-monnaies « libres » ou à la Bitcoin sont des armes anti-finance, qui se servent des citoyens comme soldats pour les emmener à la boucherie. Pour tous les gens normaux qui ne spéculent pas et qui préfèrent passer leur temps à créer de la vrai valeur économique, ces nouvelles monnaies sont un piège à éviter absolument.

Le pire est que si des dizaines ou des centaines de telles crypto-monnaies apparaissaient, avec un blanchiment obligatoire si leur masse monétaire dépasse une taille critique, alors le comportement rationnel de tout citoyen seraient de s’y abonner au plus tôt pour faire parti des gagnants, ce qui imposerait un véritable travail de veille, et ensuite de gestion complexe et inutile et qui créerait un véritable jeu d’argent forcé. S’y désintéresser vous condamnerait à être toujours perdant et donc à payer les vrais joueurs. Donc cette liberté de multiplication des systèmes monétaires conduirait à une obligation de jeu. Il n’y aurait pas la liberté de « ne pas jouer ». On aboutit donc à une contradiction qu’une monnaie dite « libre », prive chacun d’une liberté fondamentale; celle de ne pas devoir jouer pour échanger des biens et services. D’un point de vue économique, les répercussions sont aussi graves car une partie de plus en plus grande de l’activité humaine serait consacrée à spéculer entre monnaies et non à créer de la vrai valeur.

Pour illustrer mon propos, imaginons une société/groupe composé d’une seule personne; un singleton, qui invente une monnaie, le Single (Sg). Comme c’est une crypto-monnaie, il crée (programme) 10.000 comptes initialisés avec une valeur totale d’un milliard de Sg.

Il fait générer par un ordinateur un bon milliard de transferts aléatoire entre ces comptes en veillant à ce que vu de l’extérieur, on perçoit une activité économique intense d’environ 10.000 individus qui travaillent durement tous les jours. De même, il fait générer des transferts aléatoire, disons 100.000 vers et depuis un compte réel en €, sachant que ce dernier compte n’a pas besoin d’être provisionné et aucune activité réelle n’y est observée en privé. Ces échanges avec l’extérieur sont un prétexte pour fixer un taux de change avec l’€ sur un simulacre de marché. Notre homme ferait grimper régulièrement ce taux, avec quelques petits sauts pour simuler l’activité d’un marché ouvert en pleine croissance. Comme un très beau site web au rendu professionnel en HTML5, retrace l’activité quotidienne de ce marché, très dynamique, il est fort probable qu’il y ait des curieux ou des investisseurs qui voudront y participer, en amenant de l’argent frais; des vrais € ou des vrais $ ! Quand les poissons ont mordu à l’hameçon, le créateur de monnaie vend ces Sg qui ne lui ont rien couté contre des vrais €. Anticipant sur la chute du court, il se retire avec quelques millions d’€ gagnés. Bien entendu, durant toute l’opération, il n’aura créé aucun bien manufacturé ni aucun service. Il n’a juste volé autrui.

Il y a une règle commune aux crypto-monnaies type bitcoin et aux monnaies libres; c’est qu’elles favorisent les premiers entrants, les premières parce que le minage est plus facile, les secondes parce que l’entrée tardive dans la communauté ne donne pas accès aux revenus antérieurs (arriérés). L’injustice est cependant moins importante pour les monnaies libres que pour les Ponzi-crypto-monnaie, mais elle n’est pas nulle. Plus il y a de monnaies libres, avec des communautés réduites, et plus il y a d’injustice par l’impossibilité dans le temps de s’abonner à toutes et de toutes les suivre.

Nous venons de voir qu’une monnaie « libre » prive en fait de liberté et de temps pour jouir des biens/services acheté/vendu. Or avec la montée de l’économie de l’attention au XXI siècle, le temps est une donnée précieuse. L’idéal est toujours qu’il n’y ait qu’une seule monnaie, respectant des contraintes démocratiques. C’est avec cette optique que nous proposons l’Eurofranc en France à partir de 2015. C’est une crypto-monnaie adossée à l’€ car il est fixé par construction qu’1€=1€f en valeur. Dans une première phase, et tant que la majorité des citoyens n’a pas créé un compte sur leur téléphone portable, il n’y aura pas de création monétaire. Cela veut dire qu’€f n’est qu’un moyen de paiement, gratuit, pratique, open-source, sécurisé,….en €.

Ensuite, seulement si la communauté est importante, alors il y aura création monétaire dans des proportions bien inférieures à celles demandées par les partisans du Revenu de Base (<150€f). Le montant versé chaque mois est toujours limité par le ratio: nombre de comptes principaux/ nombre d’individus pouvant prétendre à un compte. Un mécanisme d’arriéré partiel est mis en place pour combler partiellement les injustices sur les retardataires. Enfin, la BCE devra accompagner ce début de création monétaire citoyenne par une baisse correspondante de la création monétaire classique par les prêts des banques.

Le montant du dividende universel n’est pas directement fonction de l’espérance de vie moyenne comme dans la TRM car cette dernière correspond à une situation sans aucune autre monnaie d’usage et sans historique,…à appliquer sur Mars !

L’€f est au contraire un projet pragmatique ne revendiquant pas la défense de nouvelles libertés autres que celles connues, mais proposant un optimum relatif pour minimiser les injustices monétaires.

Pour en revenir à Wikipedia, je ne suis pas l’auteur anonyme qui demande la suppression de l’article TRM et Création Monétaire, mais je conteste vivement la prétendue défense de liberté de ces monnaies. Au contraire, je les accuses d’être des armes finalement tournées contre le peuple car les banquiers restent qu’on le veuille ou pas, mieux protégés que le citoyen moyen.

LF

NB. Je ne vois pas d’objection à ce qu’un lecteur référence cet article dans les articles de Wikipédia sur la TRM, pour donner un peu plus d’objectivité au sujet.

Pourquoi Bitcoin va s’effondrer !

Complété le 25 Juillet 2014

Pour comprendre pourquoi la crypto-monnaie Bitcoin s’effondra et ne vaudra plus rien, moins de $0.01, il est nécessaire de se pencher sur la fonction principale d’une monnaie, à savoir : permettre et faciliter les échanges commerciaux de produits et services entre personnes.

Par Inconnu [Public domain], via Wikimedia Commons

Il y a deux types de monnaies, la monnaie valeur et la monnaie dette. Nous verrons qu’il en est de même avec les crypto-monnaies. Depuis l’antiquité, c’est la monnaie valeur qui s’est d’abord imposée. En effet, pour accepter de remplacer le troc par des objets ou des matériaux sécables, transportables, il était nécessaire que la monnaie ait une valeur équivalente au produit échangé. Ainsi, on a utilisé des métaux précieux, qui avait un rapport valeur/volume très grand. Plusieurs monnaies valeurs pouvaient exister au même endroit, de l’Or, de l’argent, des alliages sans poser de soucis particulier. L’échange était possible même s’il n’y avait pas de confiance entre l’acheteur et le vendeur. La normalité est même que la méfiance est de mise face à l’étranger. Mais chacun trouvait son avantage dans l’échange (gagnant-gagnant) car on connaissait la valeur des pièces de monnaie et il serait toujours possible de racheter un bien équivalent contre cette quantité de métal précieux le cas échéant.

Une monnaie valeur est basée sur un produit rare et cette rareté lui donne une valeur qui peut être différente de celle communément admise et affichée pour les échanges. En particulier, selon les quantités de métaux précieux extraits des mines, la valeur de cette monnaie peut changer, sans obligatoirement correspondre à sa valeur faciale. La création monétaire est par conséquent contrôlée par les organisations et les personnes qui réalisent ce minage, pas forcement les instances gouvernementales d’un pays démocratique. La quantité limitée de monnaie freine sensiblement les échanges commerciaux et donc l’activité économique génératrice de croissance. Le seul avantage de ces monnaies est de ne nécessiter aucune autorité régulatrice centrale…tiens tiens !… on voit que Bitcoin n’est pas précurseur en la matière !

Un autre problème important de la monnaie valeur est que les créateurs et les possesseurs d’argent ne sont pas forcement les mêmes qui veulent ou qui peuvent investir dans des ressources industrielles pour créer de la richesse. C’est cette mauvaise répartition qui justifie que l’argent ait un loyer, « l’intérêt ». Une entreprise qui dispose d’une trésorerie suffisante pour investir ne se prête pas de l’argent à elle même avec intérêt !

La valeur intrinsèque de cette monnaie valeur lui attribue une rareté qui donne caution aux rentiers de se faire payer pour des apports de capitaux d’une part, et qui incite certains à thésauriser, donc à sortir du circuit des quantités de monnaie… alors que la fonction principale d’une monnaie est clairement l’inverse, de fluidifier les échanges. A la limite, on pourrait dire qu’il n’y a pas de monnaie au sens moderne du terme, juste des objets intermédiaires facilitant le troc.

La solution a tous ces inconvénients majeurs des monnaies valeur passe par l’introduction d’une monnaie dette. Une telle monnaie n’a aucune valeur contrairement à la précédente. Elle est basée sur une simple écriture, une reconnaissance de dette qui est enregistrée dans un grand livre de compte. Une ligne est du type:

« Mr X doit à Mme Y, Z unités de monnaie pour l’échange du bien B, à la date D »

Il est très facile de calculer le solde de tout les participants en consultant ce livre, et de vérifier que la somme reste nulle (tâche passionnante de la comptabilité !). Une monnaie dette impose cependant de fixer des limites à l’endettement car sinon, tout le monde jouerait à la cigale ! Il faut donc une autorité, de préférence légitimement acceptée de tous, organisation qui tienne les comptes à jour, enregistre les transactions, mais aussi qui donne les règles de limite d’endettement. Au sein d’un village, on peut envisager qu’un scribe puisse avoir tenu ce rôle et convoquait régulièrement les dirigeants du village pour traiter le cas des plus endettés. En France, le taux d’endettement maximum de 1/3 du patrimoine pour les particuliers est un exemple d’une telle règle.  Ce simple exemple à petite échelle montre que tout humain à droit de la part de la société qui l’héberge, à un certain montant d’endettement, inconditionnel, seulement par le fait qu’il existe, qu’il a besoin de ressources pour vivre, pour consommer et enclencher la machine économique, pour remplacer l’effet du minage des monnaies valeur. Cela n’a rien avoir avec un salaire qui récompenserait un effort de travail. Cela devrait être un dû démocratique et un nécessité économique.

L’abandon du minage d’une monnaie valeur doit être remplacé par un dividende inconditionnel d’une monnaie dette.

Mais si le système verse un montant égal et régulier à chaque citoyen comme dette, premièrement, il n’est pas légitime de demander une quelconque taxe sur cette dette; un intérêt, à moins d’en faire une source de revenu pour l’État. Deuxièmement, il est illégitime de devoir hypothéquer des biens pour avoir accès à cette dette puisque tout le monde la perçoit. Au passage, on remarque que le système bancaire actuel, utilisant les réserves fractionnaires est bien de l’argent dette, mais avec création monétaire consenties par des organismes privés, appelés banques, principalement aux entreprises, selon des critères discutables, plutôt que d’être réparti dans la population.

Notez que je n’exige pas que ce montant soit suffisant pour vivre, contrairement au Revenu de Base, dont le discours n’est pas clair en mélangeant fiscalité et création monétaire.

Dans l’Histoire, Les artisans se sont regroupés pour bénéficier des progrès de l’automatisation/robotisation d’une part et des effets d’échelle d’autre part, afin de baisser les coûts marginaux et ainsi augmenter leur marge. Les fusions d’entreprises n’ont de limite que la situation de monopole contrôlé par l’État. Le besoin énorme en capitaux pour ces « personnes morales » devenues multinationales à permis l’essor du capitalisme. Dans cette logique, il était plus simple techniquement et plus optimal économiquement que le financement aille aux entreprises (économie de l’offre), et donc que les salaires/revenus des personnes ne soient qu’une conséquence de ce flux monétaire.

Pourtant, avec ce type de monnaie, les dettes sont légitimement destinées aux personnes car liée  à leur existence, mais il était jusqu’à très récemment impossible de respecter ce principe. Normalement, le système bancaire à deux étages; banques-centrales/banques-privées doit affecter les dettes aux organisations pour favoriser l’économie réelle qui améliore la vie des populations, mais premièrement, il se laisse berné par des spéculateurs déguisés en investisseurs et deuxièmement, il ne se gène pas pour prendre une part du gâteaux, alors même que son rôle n’est que support administratif de la monnaie. L’Informatisation aidant, ce support ne coûte presque plus rien ! On a même parlé d’Industrie financière, de produits financiers et la City est basée sur l’idée fausse que la complexification de la gestion de la monnaie, au point d’inventer des produits dérivés qui font perdre toute trace du risque, était créatrice de richesse. C’est l’inverse, elle consomme sur le dos de l’économie réelle et comme elle au plus pré de la source de création monétaire, elle se sert allègrement. (comparez par exemple le salaire d’un informaticien prévisionniste à la Météo et celui d’un autre informaticien à la City, alors qu’il font le même travail !)

Or une monnaie dette est entièrement basée sur la confiance dans l’autorité bancaire et comme cette confiance n’est jamais acquise totalement, il est normal que subsiste des résidus de monnaies valeurs, basée elle sur la méfiance.

Historiquement, le passage d’une monnaie valeur à une monnaie dette utilise une étape intermédiaire, où on remplace les métaux précieux par des billets de banques dont la valeur faciale reflète exactement le montant exigible en métal précieux, mais se trouve être plus pratique à transporter et à s’échanger. Quand la population est habituée à l’usage des billets et si l’autorité sait punir durement les faussaires pour gagner la confiance dans cette substitution, alors on passe à une monnaie dette simplement en déclarant du jour au lendemain l’abandon de l’équivalence or, et la banque centrale peut librement faire tourner sa planche à billet pour octroyer des prêts aux banques privées qui créent à leur tour des prêts à qui le demande. S’il n’y a pas soulèvement de la population, cela veut dire que la pilule a été avalée et que la société fonctionne maintenant sur une monnaie dette, imposant une grande confiance dans son système bancaire.

Avec l’arrivée d’Internet, des résultats de recherche en cryptographie et l’utilisation d’ architectures distribuées en pair à pair, il est techniquement possible de simuler la fonction monnaie dette à moindre coût, avec une plus grande transparence, une plus grande sécurité, une plus grande impunité face à la fraude et surtout une plus grande équité. Ce qui n’était pas techniquement possible; distribuer de la dette à chaque citoyen, sans contrepartie, le devient avec Internet…et l’application qui va bien !

Pourquoi le système bancaire ne fait pas le pas ?

Je n’ai pas la prétention d’avoir la réponse exacte, mais je pense que c’est par conservatisme et incompétence en cryptographie. Reconnaitre ce passage justifierait de licencier 90% des emplois liés aux banques et de revoir très largement à la baisse les salaires des banquiers. On comprend que ceux ci préfèrent en rester à de méthodes anciennes (réseau privé, transactions non signées électroniquement, processus manuels, réserves fractionnaires) pour justifier leurs commissions. Ils sont soutenus par les dirigeants d’entreprise qui préfèrent recevoir des crédits des banques plutôt que des personnes.

Curieusement, on pourrait croire que face à cette situation, des citoyens volontaires, experts en Informatique, cryptographie, réseaux, s’associent pour créer une crypto-monnaie dette sans l’aide des banques classiques. Or une telle monnaie dette a toujours besoin d’une autorité pour fixer les limites de l’endettement, mais aussi pour assurer l’unicité des comptes qui pourraient recevoir un dividende universel par création monétaire (Il faut éviter qu’un même individu puisse recevoir deux fois un dividende !). Ce problème difficile est actuellement à l’étude pour une mise en œuvre limitée à la France, en utilisant le numéro de sécurité sociale anonymisé. Cela eut été trop complexe de viser une portée à l’Europe entière ou au monde entier. Voir le projet Eurofranc 2015 présenté par ailleurs. Notez qu’une fois les règles d’endettement acceptée, cette autorité n’a qu’un pouvoir exécutif, aidé de preuves mathématiques difficilement contestables. Elle n’a pas à arbitrer comme actuellement; je donne X à l’entreprise A et Y>X à l’entreprise B selon mes critères totalement subjectifs et mon intérêt commercial dans l’affaire.

Comme une monnaie valeur n’a pas besoin d’autorité, il a semblé plus facile aux informaticiens que les premières crypto-monnaies, et Bitcoin depuis 2009, visent le modèle de la monnaie valeur plutôt que celui de la monnaie dette. On a pu penser que l’Histoire de répétant, il y aurait une acceptation d’abord de crypto-monnaies valeur pour ensuite passer à une crypto-monnaie dette quand la confiance serait acquise.

Ainsi, Bitcoin et consœurs parlent de « minage » pour rappeler le processus de création monétaire par les métaux précieux et rendent ce minage de plus en plus difficile au point de limiter par l’algorithme du protocole lui même, le montant maximum de masse monétaire qu’il est possible de créer. En imposant par construction une telle rareté, similaire à celle imposée par dame Nature sur l’Or, Bitcoin espère donner une valeur intrinsèque à ses unités cryptographiques.

Cette répétition de l’Histoire est biaisée pour deux raisons :

  • dans le monde physique, avant l’arrivée d’internet, il était techniquement impossible de passer directement à une monnaie dette. Dans l’exemple du village, les problèmes seraient apparus pour commercer avec un village voisin, des étrangers, alors même que le commerce est basé sur l’échange justement avec l’étranger. Il fallait passer par un système de méfiance pour ensuite imposer une monnaie dette dans un contexte de préférence démocratique. Donc la transition était imposée par la Nature et le niveau technologique de l’époque, par l’absence de grand livre globalement disponible. Or Internet peut jouer exactement ce rôle de grand livre de compte, et donc il serait possible de passer directement à une crypto-monnaie dette. Rien ne nous impose en effet, à part certains intérêts privés d’une minorité de passer par une crypto-monnaie valeur.
  • Une crypto-monnaie valeur est une imposture par construction. Si le vrai minage demande des efforts humains, même relayé par des machines, il est éthiquement toléré que les mineurs gagnent cette nouvelle monnaie pour au moins récompenser leur travail…ils gagnent des métaux précieux et non de la monnaie. Mais dans le cas d’un « crypto-minage », c’est à dire un calcul en force brut sur un problème mathématique sans aucun intérêt, c’est la machine qui travaille et elle seule. Comment peut-on éthiquement justifier que son propriétaire puisse recevoir un revenu alors qu’il n’est pas le concepteur du programme, juste celui qui lance l’exécution du calcul qui n’a aucune utilité scientifique, ni technique, ni économique ? Le fait que ce calcul dépense de l’énergie électrique n’est pas une raison valable. Si je laisse mon robinet ouvert toute l’année dans mon jardin, je ne vais pas aller réclamer à la mairie de me verser de d’argent alors même qu’utiliser l’eau avec parcimonie ne m’exempte pas d’une facture.

Mais le plus cocasse est à suivre !

Pour des simples besoins pédagogiques et pour mieux faire comprendre les mécanismes entourant Bitcoin, j’ai créé une nouvelle crypto-monnaie, le πcoin (Je mettrai prochainement tout le code sur GitHub, mais c’est un peu le rush en ce moment !). L’idée est que chacun puisse se créer une ou plusieurs jeux de clés asymétriques de type ECDSA. [ La courbe elliptique utilisée est légèrement plus sécurisée que celle de Bitcoin, mais pour simplifier, disons que c’est de la même famille. ]. L’idée de πcoin est que chaque nouvel adhérant reçoive 1 πcoin correspondant à une nouvelle décimale du nombre π, selon l’ordre d’enregistrement dans la chaîne. Ainsi, on peut dire qu’avoir un πcoin, c’est être propriétaire d’une certaine approximation de π; 3,14159… La preuve de propriété est fournie par une signature cryptographique avec pour message la date et la valeur approchée de π. En tant que premier contributeur, je possède donc le nombre « 3 », le prochain le nombre « 31 », le suivant « 314 » et ainsi de suite. Vous pouvez y aller, il ne faut pas une grosse capacité CPU pour fournir quelques milliards de décimales de π.

Il est tout a fait possible de faire des transactions en πcoin, exactement comme en Bitcoin. Une transaction n’est autre qu’un chèque électronique. Le message signé est toujours du type :

« X doit à Y, Z unités de monnaie pour l’échange du bien B, à la date D ».

Impossible de toucher au contenu du message sans invalider la signature, vérifiable par quiconque et par définition, seul le possesseur de la clé privée peut signer, donc dépenser ses « coins » (la transaction est refusée si par exemple le solde est nul).

On pourrait arguer que forcer à trouver de nouvelle décimales de π aide les maths et certains s’empresseraient de déclarer que c’est négociable sur un marché ! C’est oublier que les résultats de la recherche scientifique appartiennent à tous et personne ne peut les vendre. Pour les mêmes raisons, les logiciels, des sortes de « maths en boite », ne sont pas brevetables en Europe. Certes, la vision anglo-saxonne fait que tout et n’importe quoi est vendable du moment qu’un marché se crée et que des clients sont disposés à l’acheter. Mais même dans ce cas il y a un problème de titre de propriété et de légitimité du marché. Personne ne possède un nombre entier, et même s’il trouve un acheteur, il n’a pas le droit de le vendre. Or une signature électronique n’est juste qu’un nombre entier, très long, mais seulement un entier, sans aucune singularité mathématique qui pourrait lui donner une valeur comme une constance physique,…comme π !

La rareté n’est pas non plus un argument; une approximation de π à n décimales a beau être unique et de même qu’une signature de cette approximation par une personne P à une date D, cela ne crée en aucun cas une valeur marchandable à un nombre entier. Un Bitcoin n’a aucune valeur !

Voici mon πcoin; preuve qu’il m’appartient; mais pourquoi pourrais-je vendre ce nombre ?


10788102226463536530685326287777441453842254268672379569191137653576791190544092338463734
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Donc une transaction d’un compte sur un autre en bitcoins ou en πcoins est en soit une opération mathématique des plus banales. Elle devient franchement illégale dès l’instant que cette transaction est compensée par un versement en sens contraire d’une vrai monnaie ou d’un produit ayant un réelle valeur. Parce que j’ai signé le premier le nombre « 3.1 », pourquoi pourrais-je l’échanger contre une pizza ou contre $5 ? On voit qu’il y a vol manifeste d’un bien commun, issus des éléments de l’arithmétique et donc que ce marché est illégal.

Ce qui est le plus contradictoire est que les partisans du logiciel Open-Source soient les premiers à s’opposer à la vente directe de logiciel modifiant un logiciel libre (voir licence GPL par exemple), alors que parfois, un travail de conception justifierait un revenu, et qu’ils laissent librement vendre des nombres entiers, produit de l’exécution simple d’un logiciel de minage Bitcoin à la seule raison que le code source du client Bitcoin est ouvert !

C’est comme si une association de défense du littoral obtenait par expropriation le passage par un chemin public en bord de mer et quand même temps, elle autorise chaque propriétaire à installer un péage pour faire payer au passant le droit de voir le beau paysage !

Mais alors, si un bitcoin n’est qu’un nombre entier sans valeur marchande ou si une crypto-monnaie valeur est obligatoirement un vol d’un bien commun mathématique, pourquoi autorise t-on ces échanges contre de la vrai monnaie ou des vrais produits ?

La réponse est que cet échange peut être assimilé à un jeu d’argent, comme le Loto, les machines à sous,…Une société ne peut interdire complètement les jeux d’argent, et cela devient de plus en plus difficile à contrôler avec Internet. Mais d’un autre coté, les jeux d’argent ont toutes les caractéristiques des stupéfiants, avec des risques d’addiction, de détérioration de la santé physique et mentale et c’est donc à ce titre que les instances dirigeantes peuvent et doivent réguler ce type de jeu.

Dans le cas de Bitcoin, le jeu est une pyramide de Ponzi. Les premiers sont toujours gagnants et les nouveaux arrivants essaient de convaincre de nouvelles personnes qu’ils seront encore gagnants jusqu’à ce que la pyramide s’effondre et qu’une très grande majorité payent pour quelques rusés qui ont lancé le jeu. On est proche du principe du Loto car le hasard spatial est remplacé par un hasard temporel. Or pour remplir la fonction d’échange commercial demandé à une monnaie, il n’est nullement besoin de passer par un jeu de hasard et au passage de laisser une commission à l’organisateur du jeu.

Donc Bitcoin n’est pas une crypto-monnaie valeur comme elle voudrait le faire croire, ou si on admet qu’elle l’est, toute crypto-monnaie valeur ne peut pas remplir légitimement une fonction de monnaie. Tout marché en crypto-monnaie valeur est un vol de bien public.

Par contre, une crypto-monnaie dette est tout à fait possible. Ce n’est assurément pas Bitcoin !

Une bonne part de la valeur actuelle de Bitcoin (~$600) est due à l’ignorance des curieux et au fait que les acheteurs (les mineurs individuels n’existent plus à ce jour!) croient participer à une révolution technologique (voir le message commercial de Paymium qui assimile abusivement Bitcoin à « money over IP« ), alors même que qu’ils contribuent à une immense machine à sous. Une minorité sait très bien que c’est un Ponzi et en tant que spéculateurs avisés, attendent le bon moment pour se retirer avant la catastrophe…c’est le jeu !

Obliger à passer par un jeu pour acheter son pain ou « oublier » d’informer le client que c’est un jeu devrait être un délit.

Enfin, l’argument des autorités de régulation de dire que personne n’est contraint d’acheter en Bitcoin est fallacieux car à ce jour, c’est pratiquement la seule crypto-monnaie vraiment utilisable, donc offrant le confort et sécurité du numérique. Il y a donc une absence totale de réponse et d’offre pratique, gratuite, à un besoin légitime citoyen, par une institution qui est censée avoir le monopole de création monétaire !

Finalement, que le Bitcoin s’effondre n’est en soit pas important. D’autres Ponzi se créeront et s’effondreront ensuite, tant que le peuple éprouve le besoin de jouer avec son argent. Il est néanmoins du devoir des autorités de faire reconnaître et d’informer les citoyens que c’est un jeu d’argent de type Ponzi d’une part, donc que les joueurs peuvent tous perdre sans assurance de remboursement, et de taxer les revenus au même titre que les revenus des Casinos.

Il est en revanche plus important que les autorités financières se bougent pour créer ou pour participer à la création d’une crypto-monnaie dette avec création monétaire démocratique (équitablement répartie entre les citoyens). L’attentisme par exemple du gouvernement Français, voir la note récente de Michel Sapin sur Bitcoin; « on n’est pas contre, mais on aimerait réguler » montre que le système bancaire cherche à gagner du temps pour continuer à se nourrir sur la bête (l’économie réelle) et il ne faudrait pas trop critiquer Bitcoin, qui doit rester un « os à ronger » pour les détracteurs des institutions centralisées fut-elles démocratiques. Bitcoin reste un alibi pour ne pas évoluer comme Internet pourrait l’autoriser dans le domaine monétaire.

La bataille continue pour une véritable crypto-monnaie dette citoyenne. J’expliquerai prochainement dans un livre prévu à l’automne, les tenants et aboutissants de cette aventure qui ne fait que commencer.

L.F.

Auroracoin & Eurofranc

Parmi toutes les crypto-monnaies qui fleurissent de par le monde en suivant la trace de Bitcoin, celle qui se rapproche le plus d’Eurofranc est probablement Auroracoin, mais avec quelques différences importantes.

By United States Air Force photo by Senior Airman Joshua Strang [Public domain],

Auroracoin, lancée fin Mars 2014 est en effet une première tentative de création monétaire à l’échelle d’un pays, très petit dans le cas précis de l’Iceland, car cette monnaie ne concerne que 330.000 personnes. Le contexte est donc différent des 50 Millions de citoyens visé par Eurofranc.

On remarquera que si l’introduction de l’Auroracoin a posé quelques problèmes (fork, incertitude de partage, pas de parité), cela signifie que l’Eurofranc est un véritable défi pour 2015 et qu’il eu été vraiment déraisonnable de viser directement une monnaie à l’échelle européenne.

Voici les pièges qu’il faut éviter suite à l’expérience d’Auroracoin.

La parité d’Auroracoin n’a pas été fixée ni imposée, si bien qu’elle a été définie par les marchés financiers, composés uniquement de spéculateurs, sans aucune positionnement par rapport à des biens réels. Du coup, le cour de l’Auroracoin a chuté de 99% par rapport au Dollar. Au contraire, l’Eurofranc a par construction une parité fixe et égale avec l’Euro; 1€f=1€. Un commerçant n’est pas obligé d’accepter les €f, mais s’il les accepte, il doit proposer le bien au même prix qu’en € (pas de double étiquetage). En 2015, l’absence de TVA sur les produits payés en €f est une incitation des commerçants à accepter cette nouvelle monnaie.

L’Auroracoin a voulu se déconnecter de la monnaie officielle, le Krona, mais se faisant, s’est positionné en concurrent et non en monnaie complémentaire comme peu l’être l’eurofranc face à l’euro.

L’Auroracoin améliore la création monétaire démocratique en distribuant 10% de la masse totale d’un seul coup, un parachutage de 31,8 Auroracoin à chaque Inslandais. En revanche, il reste beaucoup de spéculation sur la distribution des 40% déjà minés, ainsi que l’objectif pour la moitié restante. Va t’elle être distribuée équitablement ? Quand ? Il semblerait que les organisateurs d’Auroracoin se prennent une réserve de cette masse monétaire, contrairement à l’association Eurofranc qui ne touchera pas un centime d’€f de la masse monétaire créée, par principe et pour affirmer qu’un moyen de paiement numérique doit être gratuit, sans aucune commission.

Auroracoin est une variante (un fork) de Litecoin, donc avec un minage plus facile et plus rapide…ce qui a permis de miner 50% de la masse totale avant le 25 Mars 2014. Ce choix n’est pas sans conséquence. On considère pratiquement toujours depuis Bitcoin qu’une cryptomonnaie a obligatoirement une fonction de minage pour créer sa masse monétaire et que cette dernière est finie.  Or dans les cas de Ripple, d’Open-UDC ou d’Eurofranc, il n’y a pas de minage du tout. Eurofranc ne contraint pas sa masse monétaire à suivre strictement la progression temporelle définie par la TRM, parce que ce n’est qu’une monnaie complémentaire à l’Euro qui prédomine l’économie encore pour longtemps. La masse monétaire en €f est à priori non limitée, parce que cela ne veut surtout pas être une monnaie valeur, qu’on s’échange parce qu’elle représente une valeur marchande. L’Eurofranc est avant tout un moyen de paiement numérique qui ne fait qu’autoriser une transaction si et seulement si le solde de l’acheteur et positif, et il assure au sein d’un grand registre distribué sur Internet que la somme totale des soldes reste toujours égale à zéro. Cela implique que certains compte (les i-bank) sont autorisées à avoir un compte débiteur d’un certain montant pendant une certaine durée. Or c’est une autorité (distribuée) qui décide qui peut être une i-bank et qui ne le peut pas. Comme le grand livre est public, la légitimité de l’i-bank est constamment contrôlée, en particulier qu’elle distribue bien équitablement les sommes autorisées. De plus, le montant maximum de débit est directement fonction du nombre d’individus qui forment l’autorité, sachant que toute décision de cette autorité exige une signature de plus de 50% des membres. L’anonymat des signataires est préservé. On utilise ce qui s’appelle en cryptographie une signature de cercle à seuil. Concrètement, début 2015, il ne faudra qu’une seule personne pour signer pour l’autorité, composée de deux individus seulement (impossible de savoir lequel des deux signe, mais il y a la preuve mathématique qu’un des deux à signé) et la masse monétaire ne pourra pas excéder 1€f par personne inscrite et par mois. En suivant cette simple loi, pour pourvoir donner 150€f à chaque habitant en France en 2016, il faudra constituer une autorité de 300 individus et chaque signature, renouvellement de certificat, nouvelle i-bank, nouveau montant, nouvelle taille de l’autorité, sera validé par au moins 150 signatures individuelles anonymes. Les représentants de cette autorité seront régulièrement changés et tiré au sort pour former une espèce de parlement numérique d’Eurofranc.

L’association Eurofranc est en charge de la mise en place de l’infrastructure pour une création monétaire progressive, répartie équitablement, mais c’est de la responsabilité des politiques et de ce parlement numérique de fixer un montant compatible avec l’Euro. L’€f met une inévitablement une pression sur le BCE, incitant les autres pays à suivre notre monnaie complémentaire, mais il faudra tempérer les ardeurs de ceux qui demandent un revenu de base et une perte complète de la prérogative de création monétaire par la BCE. Le fait d’imposer qu’1€ = 1€f oblige la BCE et le parlement-Eurofranc à avancer main dans la main (menottés ensembles !)

L’Auroracoin à peut être trouvé très facile d’utiliser le code d’une précédente monnaie, mais s’est ainsi exposé de facto au risque de « fork ». Un individu ou un groupe disposant d’une grande puissance de calcul peut et même a tenté si l’on en croit certains posts sur Internet, de se faire passé pour la véritable originale blockchain d’Auroracoin.

C’est un concours de blanchiment en cascade.  Auroracoin veut blanchir par rapport à la monnaie officielle une certaine masse monétaire, à priori avec des intentions démocratiques (à 50%), et tout un tas de créateur de nouvelles monnaies vont tenter de se blanchir leur masse monétaire (partagée en petit groupe, donc anti-démocratique) sur le dos d’Auroracoin.

Eurofranc compte se protéger de ce danger en n’assurant aucune convertibilité officielle avec aucune autre crypto-monnaie. Nous n’utilisons pas la même famille de courbe elliptique que Bitcoin et les identifiants des membres de l’autorité seront diffusés nationalement par de nombreux canaux de communication. Les sites de téléchargement des applications seront bien définis et communiqués avec le code source. Nous sommes encore en phase de test en 2014 et donc l’autorité réelle pour 2015 sera connue et diffusée au 1er Janvier 2015.

 

De l’argent super liquide pour un début de revenu de base

Le projet eurofranc 2015 est la mise à disposition à 50 Millions de citoyens d’une monnaie entièrement numérique et dont la masse monétaire est exclusivement répartie équitablement. Il n’y a pas de banque centrale possédant une « planche à billets » qui alimenterait des banques privées. Coté usagé, un simple téléphone portable (connectable au Net) remplace les billets, pièces, chèques et cartes bleues, avec multiples avantages :

By Nicholas Gemini (Own work) [CC-BY-SA-3.0]

  • Les pièces et les billets sont couteux à produire, il faut les changer régulièrement, leur fiabilité est toute relative car les faussaires sont de mieux en mieux équipés.
  • Un chèque papier coute environ 0.8€ à son traitement, et les français en font chacun plus de 50 par an !
  • L’usager doit avoir un stock de monnaie, lourd, pas toujours au bon endroit, d’un montant trop élevé ou au contraire, pas assez élevé.
  • Les commerçant doivent rendre la monnaie, toucher des pièces (peu hygiénique !)
  • Les distributeurs de billets coutent très cher d’entretien pour les banques, qui le re-facturent d’une façon ou d’une autre aux usagers. Les convoyages de fond ont des assurances coutant de plus en plus cher.
  • Les distributeurs ne sont pas toujours au bon endroit, à la campagne, en montagne, et fournis en billets, gratuits si ce n’est pas la bonne banque, alors que la couverture sur le territoire GSM du téléphone est presque totale.
  • Il est bien connu que les pièces et les billets se perdent et se font volés.
  • Pièces et billets thésaurisés ne répondent pas au besoin d’argent pour les échanges économiques. C’est de l’argent mort.
  • La carte bleue est rarement gratuite pour l’usager et toujours très couteuse pour le commerçant. Toutes les transactions VISA/Mastercard/Paypal sont tributaires de sociétés privées américaines, même pour acheter votre pain dans votre village.
  • La sécurité des cartes bleue est d’une technologie très ancienne et très peu pratique pour acheter sur Internet. Les SMS de code envoyés rajoutent des contraintes utilisateurs inutiles.
  • Les cartes bleues étant adossées à des comptes pouvant être débiteurs, les banques tirent des bénéfices en agios et divers frais. Il n’y a aucune barrière pour se retrouver interdit bancaire et fiché à la Banque de France. Les plus faibles sont les premières victimes.

A quoi nous sert l’argent dit liquide ?

Le liquide à par définition une très forte disponibilité. Il est utilisé pour acheter les biens quotidiens courants, jamais pour spéculer ni pour acheter une maison, ni même (cas normal !) une voiture. Aucun intérêt ne peut être gagné, et donc en période d’inflation, le liquide perd de la valeur dans le temps, il faut s’en débarrasser et avoir un solde de compte le plus bas possible. Autre conséquence, il lubrifie l’économie réelle, de personnes à personnes (LeBonCoin) et souvent locale (Artisanat).

Nous remarquons que l’argent liquide est véritablement celui que l’on désire pour un revenu de base. La version numérique corrige les défauts des pièces et billets, chèque et carte bleu.

Mais revenons sur l’idée du Revenu de Base que nous aimerions voir généralisé à l’Europe. Si ce revenu est réglé en Euro, alors il n’y a aucune barrière à ce qu’il soit utilisé pour spéculer, pour épargner…il n’y a alors strictement aucune différence avec les euros touchés par un salaire. L’écologie, les circuits courts, l’artisanat, ne sont en rien avantagés. Il y a de plus opposition directe à la prérogative de la BCE de créer elle seule de la masse monétaire. Une telle révolution demandera l’adhésion du Parlement européen et de la Commission Européenne. Sous la pression des lobbys financiers, il est fort à parier que le projet est perdu d’avance ou repoussé après 2030.

Si au contraire, on distingue l’euro possiblement spéculatif (de la BCE) et une autre monnaie (monnaie libre) dont la construction empêche toute spéculation, alors ni la BCE ni les instances européennes ne peuvent s’y opposer.

Il faut choisir la bonne granularité pour une telle monnaie complémentaire et il faut que la communauté choisie est en commun une politique, une fiscalité et un statut démocratique cohérent. La nation semble être le bon niveau, mais absolument pas pour des arguments nationalistes, patriotiques, culturels, historiques.

Trop petit, un sel, une monnaie locale est exclusive de ses voisins qui pourtant ont les mêmes règles économiques, fiscales, éducatives,…

L’Eurofranc ne favorise t-il pas un protectionnisme ?

L’enjeu est d’abord de se protéger des joueurs de Casino que sont les traideurs des banques. leur montrer qu’une monnaie moderne et (encore plus) démocratique peut générer de la croissance sans leur intervention. Comme le dit la proposition du parti Nouvelle Donne, les fournisseurs étrangers pourront toujours être payé en Euro, moyennant une légère taxe de conversion Eurofranc vers Euro. Donc, en conséquence, il y a un léger favoritisme à des échanges nationaux, mais ce n’est pas le premier objectif. Si les pays voisins de la France adoptent eux aussi leur monnaie complémentaire avec un montant de Revenu de Base correspondant à leur économie, il n’est pas exclu qu’une convertibilité numérique soit possible à terme. Quand les niveaux de vie européens seront comparables, alors la généralisation à l’Europe sera évidente, mais en attendant, par pragmatisme, ne faut-il pas mieux réussir une monnaie complémentaire proposant un début de revenu de Base pour seulement 50 Millions de citoyens ?

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Rappelons que l’Eurofranc de l’association du même nom n’est financé ni par l’impôt, ni par la TVA, ni par les marchés financiers. Elle diffère donc de la proposition du parti Force Vie. Le Parti Pirate et EELV ne semblent pas se prononcer sur le mode de financement du Revenu de base, on est donc encore en phase exploratoire !

Puisque le montant versé en Eurofranc est relativement modeste (150€f fin 2015) et progressif, il ne devrait pas engendrer d’inflation et il devrait servir surtout d’argent liquide, par exemple pour acheter des fruits et des légumes bio et de pas détériorer notre encore bonne alimentation. Il n’y aurait pas non plus de risque d’exploitation à ne pas payer ou à moins payer les travailleurs. Si l’on suit la logique de certains partis comme le PartiPirate, un revenu de base justifierait que la société ne paye pas les artistes qui produisent en numérique, sous prétexte que la copie (le piratage) ne peut être empêchée. Nous avons montré avec le Partage Marchand qu’une nouvelle économie numérique pouvait être génératrice de croissance écologique, de progrès social, de temps libre, mais qu’il ne fallait surtout pas légaliser le partage non marchand. Certains prônent même une baisse des salaires pour justifier un revenu de base. Ce serait un retour brutal et très fortement inégalitaire à une économie uniquement basée sur le patrimoine, la rente et donc l’héritage. S’il y a bien une avancée démocratique à protéger, c’est bien le droit à un travail rémunérateur, fonction de son mérite, son effort, ses compétences et pas de la situation accumulée par PapaMaman. Le Revenu de Base voulu par certains ‘penseurs’ du « changement de paradigme » cache en fait une régression démocratique des plus sévères. Aussi, dans l’association EuroFranc, nous entendons instaurer un début de revenu de base pour dynamiser l’économie, mais sans donner des arguments aux employeurs pour baisser les salaires, voire pour demander des travailleurs gratuits comme l’envisagent certains extrémistes du revenu de base à plus de 700€. Le comble est qu’en supprimant un RSA et diverses prestations familiales, un tel RdB favoriserait les plus riches, car il est par définition inconditionnel.

A l’heure du numérique, il faut réaffirmer qu’un bien immatériel, qu’autrui peut copier facilement, doit être protégé (Partage Marchand) de la dictature de la gratuité car il est le fruit d’un travail réel et légitime d’un individu. Le reconnaitre et bien payer les artistes au XXIe siècle serait une bonne marque de progrès démocratique, alors NON à la « manche numérique », un artiste doit pourvoir toucher plus qu’un revenu de base.

Revenons à notre monnaie numérique.

Si je perds ou me fait volé mon téléphone portable !

J’ai longuement réfléchi au problème pour aboutir à la conclusion simple suivante: L’usager se crée localement une transaction (un chèque numérique en fait), qui n’est pas envoyée sur le Net (pas encaissée), vers une i-bank de son choix et d’un montant correspondant au maximum pouvant être mis sur son compte. Ce petit fichier est à garder chez soi.

Si je constate qu’on m’a volé mon téléphone, alors il suffit d’envoyer le fichier sur le Net (un site web assurera cela). Le compte ainsi vidé ne servira à rien pour le voleur. On peut alors créer un nouveau compte avec son nouveau téléphone et demander à l’i-bank de rétablir la somme virée. Si ce compte était un compte principal (unique), validé par l’administration pour recevoir le RdD, alors il sera nécessaire de retourner voir les services de la Mairie pour associer son identité au nouveau compte pour que le revenu ne soit pas versé sur le compte du téléphone volé, en supposant que voleur arrive à casser le mot de passe du chiffrage AES256. Le système informatique assure l’unicité; aucun individu déclaré ne peut avoir deux comptes principaux recevant un RdB. Enfin, si aucun chèque numérique n’a été généré, le solde sur le compte est effectivement bloqué et perdu à jamais ! C’est la contrepartie d’avoir un système basé sur la responsabilité du citoyen et non sur une administration centrale corruptible. Même la NSA ne pourra pas récupérer cet argent. Ne n’est en fait qu’une micro somme de la masse monétaire qui ne serait en fait pas utilisée, donc comme si elle n’avait jamais été créée; aucune incidence économique.

J’évoquerai dans un autre billet un attribut très pratique; l’âge du citoyen, pour verser un revenu potentiellement différentiateur en fonction de l’âge, et pourquoi pas, commencer à verser un petit revenu de base aux enfants ou favoriser une tranche d’âge pour rétro-agir sur les données de l’INSEE …faire de la vrai politique économique !

LF