Partage Marchand : un BitTorrent payant !

Il n’est pas toujours simple de comprendre tous les détails du Partage Marchand, de s’imaginer les implications que ce nouveau modèle peut avoir sur la société. J’ai constaté une confusion entre le Partage Marchand, qui implique obligatoirement un processus de remboursement, avec l’engouement actuel de la location par Internet de biens matériels privés, dans ce qui est nommé; économie du partage.

Il me semble que le concept le plus proche est le protocole BitTorrent. Pour rappel, BitTorrent permet une architecture distribuée en P2P (Pair à Pair), pour partager n’importe quel fichier, souvent de grosse taille, des films en HD par exemple. Ce protocole est non seulement très efficace, mais il respecte les plus purs principes de l’Internet, de la pile TCP-UDP/IP et autres outils OpenSource qui forment les fondements du réseau des réseaux. Ce protocole est l’ennemi numéro un des ayants droits car les internautes bénéficient gratuitement d’œuvres numérique et le plus anachronique est que ces mêmes internautes ne sont pas inondés de publicités car le film démarre instantanément, qu’il ni a pas de message culpabilisant sur « le piratage c’est du vol » , et que leur gestion en bibliothèque virtuelle est beaucoup plus aisée et moderne qu’entasser des supports DVD d’un autre age. Plus insidieusement, les GAFAM font aussi la guerre à ce protocole, par exemple en filtrant le mot « Torrent » dans le moteur de recherche de Google, parce qu’il y a totale dé-intermédiation, que ces mastodontes du Net sont totalement inutiles. La prise de conscience par les internautes moyens que le partage de fichier sur le Net peut se faire directement, sans passer par aucun intermédiaire, est la plus grande menace pour les GAFAM. Pourtant, n’ayons aucun doute, l’avenir se trouve bien dans ce type de réseau P2P, l’inconnue est temps pour que la transition s’opère.

Mais BitTorrent à un très gros inconvénient; Les créateurs de l’oeuvre numérique ne sont pas rémunérés par ce processus. Certains pensent que c’est un juste contre-pouvoir face au géants de l’industrie culturelle qui tirent des milliards sous couvert de « droit d’auteur ». Il demeure vrai que ce piratage ne résout pas le problème de la rémunération juste et légitime des artistes, qui passent du temps, des efforts et un certain génie à produire ces biens immatériels. Aucune compensation (concerts, spectacle vivant) ne peut justifier qu’à l’ère du numérique, on ne rétribue pas ces personnes qui sont à l’avant garde de l’activité humaine.

Pour simplifier, le Partage Marchand vient résoudre le problème de BitTorrent. Tout auteur/artiste/créateur peut publier facilement et sans aucun frais, sur le Net, une oeuvre numérique, fixer un prix initial et réclamer un revenu escompté qu’il ne pourra pas dépasser. Ce contrat avec les internautes est des plus loyales car plus le bien sera acheté et plus son prix va décroître jusqu’à devenu nul. Aucun intermédiaire ou Ayant Droit de touche quelque chose dans ce processus, c’est un échange automatique direct entre le consommateur et le ou les créateurs.

Au lieu de rester dans l’ombre comme actuellement BitTorrent, car associé intimement au Piratage, le protocole du Partage Marchand et son format de fichier associé IGF donnent enfin aux artistes les outils pour sauter à pied joint dans le Numérique. Pas besoin de réclamer des subventions aux administrations et autres ministère de la culture, c’est un pur acte artisanal libéral, mais sans traîner tous les effets indésirables du capitalisme (spéculation, concentration, concurrence faussée,…), ni réclamer une hypothétique et improbable contribution créative.

Dans les mois qui vont suivre, nous mettrons à dispositions tous les outils pour mettre en place le Partage Marchand. Vous pouvez d’ores et déjà nous contacter pour tester sur iPhone l’application gratuitement avec TestFlight. (envoyer votre adresse mail correspondant à votre AppleID). Nous comptons publier cette appli sur AppStore en Janvier 2015, à 1€99 afin de rembourser partiellement les investissements/développements réalisés. Il est bien évident qu’une fois l’appli achetée, tous les services sont gratuits et nous ne voulons absolument pas nous positionner comme intermédiaire, car ce serait incohérent avec les principes P2P du protocole.

Il reste une incertitude face à la situation suivante. Imaginons une oeuvre numérique populaire, mais non proposée en Partage Marchand par leurs auteurs. Que penser de l’attitude d’un internaute qui se saisirait de l’oeuvre, comme il le fait actuellement en créant un fichier BitTorrent, et pourrait même toucher un revenu ? D’un coté, il parait légitime de mettre à disposition l’oeuvre sur le Net et ce « vol » manifeste est un moyen de pression pour inciter les vrais auteurs à publier en Numérique. D’un autre coté, il faut reconnaître un droit à chaque créateur de ne pas se faire piller ses œuvres, pour en tirer un revenu indu. Je pense qu’une solution raisonnable serait de légitimer le droit à publication de l’oeuvre d’autrui seulement si l’auteur n’a pas publié (un Time Stamping peut attester ce droit) et que si l’auteur réagit tardivement par rapport à l’internaute voleur, ce dernier devra lui reverser 90% du revenu touché mais ne sera pas sujet à un acte délictueux. Ainsi, il y aurait une très forte motivation pour les auteurs à publier en numérique et pour les internautes à numériser et à publier les œuvres anciennes ou en retard. Cette valeur de 90% est peut être arbitraire et mériterait plus ample réflexion, mais le Droit d’Auteur comporte des valeurs toutes aussi arbitraires; par exemple de durée de 70 ans après la mort de l’auteur. L’utilisateur n’aurait qu’à demander une oeuvre sur un moteur de recherche, qui répondrait en donnant la priorité à la publication de l’auteur réel si cette publication existe. Pour que l’effet « Partage » opère au maximum, il ne faut pas qu’il y ait multiplication des publications d’une même oeuvre. Une concurrence forcerait les internautes à proposer des prix et revenus les plus faibles possibles, surement au détriment des auteurs, c’est pourquoi une publication officielle de son auteur doit rendre les publications pirates illégales; un simple attribut du fichier IGF permet de bloquer les nouveaux achats tout en laissant les anciens achats disponibles sur le Net. Plus exactement, il y a redirection vers le site officiel de l’auteur. Comme toutes les transactions vont visibles sur les DHT du Net, il est très facile de réaliser un robot qui scrute le Net pour vérifier le bon respect des règles (celle du 90% en particulier), mais aussi des taxes sur le revenu, au moment des conversions en $ ou €.

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